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« Il me tuera dès sa sortie » : il violente sa compagne sous emprise, alors qu’il n’a plus le droit de la voir


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Les violences conjugales persistent malgré les interdictions judiciaires. Un homme, qui a vu son sursis révoqué pour de nouvelles agressions contre sa conjointe a récidivé. La victime, sous emprise, lutte pour se reconstruire. Le tribunal a de nouveau condamné le prévenu.

Tatouages sur le visage, sur le bras, le prévenu qui rentre dans le box détonne de par son style. Déjà derrière les barreaux, il a été condamné pour des faits identiques qui l’amènent aujourd’hui devant le tribunal : des violences contre sa conjointe. « Diagnostiqué bipolaire », une irresponsabilité pénale est décrétée en 2021, avant d’être condamné en 2025 à six mois de prison avec sursis probatoire et interdiction de rentrer en contact avec la victime, sa conjointe.

Un sursis finalement révoqué en décembre, en raison de nouvelles violences malgré l’interdiction de rentrer en contact. « Une relation conflictuelle, toxique » admet le prévenu. Les faits sont particulièrement durs pour la victime, qui a dû les subir plusieurs années. Après avoir vu le sursis révoqué, il s’énerve contre sa compagne qui refuse de témoigner en sa faveur, le lendemain il revient dans le logement et passe par la fenêtre.

Il la pousse, la bouscule régulièrement, mais se montre surtout très virulent verbalement au moins une fois par semaine : « Vous l’auriez menacée de ‘la saigner devant la police’, la traitant de ‘folle' » raconte l’assesseur. « Il me dit souvent de prendre des médicaments pour me suicider, en précisant qu’il me regardera mourir » explique-t-elle. « Il me tuera dès sa sortie » dit-elle craindre lors de ses auditions. Une emprise aussi sur ses relations, en la coupant de ses relations amicales et familiales.

Une forte emprise sur la victime

L’homme nuance les violences qu’il a fait subir à sa compagne. Pourtant à la barre, la jeune femme, elle aussi avec des tatouages, explique que « tout est vrai. » Pour elle, témoigner devant les juges est un effort : « C’est très dur depuis deux mois, j’ai perdu quinze kilos, j’ai ma mère pour me changer les idées […] j’aimerais trouver un logement, récupérer mes enfants. »

Car les trois enfants du couple sont placés en famille d’accueil « en raison des violences de monsieur sur madame, son incapacité à se protéger elle-même de monsieur a conduit au placement des enfants » continue l’avocate de la victime.

Aujourd’hui, la victime tente encore de se détacher du prévenu, rencontré il y a quinze ans dans le cadre d’un traitement psychiatrique. Leur relation dure depuis cinq ans, et malgré les violences c’est encore difficile pour la victime de tourner la page : « Je travaille avec France Victimes, ce n’est pas facile à rentrer dans ma tête, les sentiments sont encore là, mais j’y travaille. […] Il faut que j’arrive à me reconstruire mentalement. »

Le tribunal a retenu l’altération du discernement. Il a condamné le prévenu à douze mois de prison, retrait de l’autorité parentale, suivi socio-judiciaire de cinq ans, avec injonction de soin et interdiction d’entrer en contact avec la victime, et 800 euros de préjudice moral à la victime.



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