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 » Il y a toujours une boîte de mouchoirs et une bougie, c’est notre rituel  » : diplômée en suicidologie, elle accompagne les personnes endeuillées


l’essentiel
Depuis plus d’un an, Bénédicte Durand accompagne les personnes endeuillées lors de cafés deuils, à Tarbes. Aujourd’hui, elle veut aller encore plus loin. Grâce à son autoentreprise, elle peut recevoir à domicile. Tout juste diplômée en suicidologie, elle espère également pouvoir ouvrir un centre ressources autour du suicide dans les Hautes-Pyrénées.

Elle a allumé la première bougie du café deuil il y a un an, pour la Toussaint 2024. Aujourd’hui, la flamme est intacte. Bénédicte Durand est accompagnante du deuil depuis plus d’un an, à Tarbes. Cette ancienne infirmière puéricultrice a changé de chemin il y a quatre ans, après le suicide de son frère.  » Je souffrais d’un stress post-traumatique et j’ai consulté des professionnels de la santé. Mais je me sentais pressée, précipitée, parce que les mois passaient et que je ne parvenais toujours pas à faire mon deuil. On me conseillait d’arrêter de parler de mon frère alors que moi, j’en avais besoin pour comprendre « , se souvient la Pyrénéenne de 48 ans. Impossible de reprendre le travail. Il y a deux ans, un déclic s’opère à travers les cauchemars et les reviviscences.  » Un 31 décembre, je comprends que ma place n’est plus au côté de la vie, comme dans les maternités et les crèches où j’ai pu travailler, mais auprès des personnes endeuillées, du côté de la mort « , raconte-t-elle.

Bénédicte Durand se forme à l’accompagnement au deuil et obtient en parallèle un diplôme en suicidologie.  » C’est une formation unique en France que j’ai suivie à l’université, entre Bordeaux, Paris et Lyon. On apprend à prévenir et à prendre en charge les victimes ainsi que l’entourage « , explique-t-elle. Le suicide est devenu une raison de se battre.  » Il n’y a pas de fatalité, on peut aider les personnes suicidantes car le suicide ce n’est pas vouloir mourir, c’est arrêter de souffrir « , glisse-t-elle. Bénédicte Durand travaille à la création d’un centre ressources dans les Hautes-Pyrénées qui serait adossé à un centre hospitalier ou l’ARS.  » J’imagine une structure multiforme avec des psychiatres. Mais pour me lancer dans ce projet, j’ai besoin d’être entourée de spécialistes « . Prochaine étape : devenir formatrice en prévention du suicide.

Elle s’adresse également aux enfants et adolescents

En attendant, elle poursuit les cafés deuils, tous les mois, à l’étage de Couleur café, à Tarbes.  » C’est un espace intimiste où un petit cercle de participants trouve un moment d’échanges, de partage et d’émotions. Il y a toujours une boîte de mouchoirs et une bougie, c’est notre rituel « , confie-t-elle. En un an, une petite dizaine de personnes endeuillées ont poussé la porte de ce café deuil. Aujourd’hui, Bénédicte Durand veut aller plus loin. Elle vient de lancer son autoentreprise, L’Étincelle, en tant qu’accompagnante du deuil pour exercer à domicile. Chez elle, à Bours, elle a créé un espace pour recevoir ceux qui sont moins à l’aise avec le format du groupe.

 » Certains préfèrent une relation en duo pour aborder ces sujets. Ils veulent parfois juste pouvoir parler de leur défunt, sans avoir à écouter d’autres histoires « , a observé l’animatrice des cafés deuils. Alors, quand elle reçoit ou qu’elle se déplace chez une famille endeuillée, Bénédicte Durand demande toujours le prénom du défunt, regarde ses photos, les albums souvenirs.  » Je propose également un panel de photos langage. Des images qui représentent des mains enlacées, des églises, des cimetières, une flamme de bougie, un paysage d’automne… Et j’invite la personne à choisir l’illustration qui symbolise le mieux ce qu’elle ressent « .

L’accompagnante s’adresse aussi aux enfants et aux adolescents.  » Il n’y a pas de guérison en matière de deuil. Mais il y a un jour où l’on sent, où l’on sait que ça va mieux car le deuil ne prend plus toute la place « , confesse-t-elle.

Le prochain café deuil aura lieu le vendredi 7 novembre à 17h30 à Couleur café. Inscriptions et informations au 06 66 73 12 72.



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