Actualités Hautes-Pyrénées
» Je me rappelle qu’elle était par terre, les cheveux en sang » : un homme condamné pour avoir passé sa compagne à tabac sur un parking
Un homme était jugé ce lundi 27 octobre pour des violences sur sa compagne. Samedi soir, à Sassis, il a passé la victime à tabac sur le parking de ce petit village.
Ils arrivent l’un et l’autre avec les traces de leur samedi soir. Elle, au premier rang de la salle d’audience du tribunal de Tarbes, avec l’œil droit au beurre noir. Lui, dans le box, avec l’œil gauche noirci. Samedi 25 octobre, la soirée de ce couple a pris une tournure violente dans le petit village de Sassis. C’est ici, dans un restaurant, qu’ils fêtent l’anniversaire de la belle-soeur de la victime. À 3 heures, en sortant de l’établissement, alcoolisée, une fois que tous les convives ont pris la route du retour, C.C., 41 ans, dérape. Sur le parking de la place de la mairie privé d’éclairage public à cette heure-ci de la nuit, il assène de violents coups de pied à sa compagne en l’insultant. L’homme ne s’arrête plus alors que la victime est recroquevillée au sol, puis cogne également la voiture. C’est le bruit des portières qui alerte un riverain. » Je suis descendu quand j’ai entendu la victime gémir « , expliquera ensuite le voisin aux enquêteurs.
Le frère de la victime arrive au secours et donne un coup de poing à l’agresseur. Le mis en cause s’en prend alors à tout le monde : au voisin qui a donné l’alerte, aux pompiers, aux gendarmes, puis au centre hospitalier, au manipulateur radiologue qui ne pourra pas réaliser de scanner. Ce lundi à la barre du tribunal, il essaie de reconstituer les morceaux de la soirée. Mais il assure ne pas savoir ce qui a déclenché ses violences. » Je me rappelle qu’elle était par terre, les cheveux en sang. Quand je l’ai vu comme ça, j’ai compris que j’avais dû lui porter des coups « , explique-t-il.
8 jours d’ITT
Les gendarmes découvrent une collection d’armes et de munitions lors d’une perquisition chez celui qui avoue boire tous les jours. La victime, elle, se retrouve avec une plaie de 6 cm, un hématome et 8 jours d’ITT. Ce lundi, en s’avançant à la barre, elle suppose : » On était alcoolisé. Je ne me souviens pas de ce qui a provoqué les violences, peut-être que je n’ai pas voulu qu’il conduise pour rentrer parce qu’il avait bu, peut-être que j’ai gardé les clés « .
» Le fait de ne pas se souvenir des faits n’enlève rien de la gravité. Rien n’a permis de calmer sa virulence. Une virulence qui est telle que même à l’hôpital, l’opérateur radiologue ne pratiquera pas de scanner, estimant être en danger. On ne lui reproche pas d’avoir l’alcool festif mais de basculer dans la violence et de continuer à prendre ce risque « , soulève Sylvie Martins-Guedes, la procureure. Elle demande deux ans de prison dont un an avec un sursis probatoire pendant deux ans. Maître Laurence Chamayou parle de » gâchis » : » C’est un gendre qui a des qualités, qui s’occupe de ses enfants et de sa compagne, oui, c’est ce que l’on peut appeler un bon gars. Mais le nœud du problème, c’est cette consommation d’alcool. Il n’arrive pas à se saisir de cette problématique, à passer la porte d’un psychologue et expliquer : Je ne peux pas me maîtriser « . Le tribunal l’a condamné à 24 mois de prison dont 18 mois assortis d’un sursis probatoire pendant deux ans. Autant dire six mois de prison ferme avec une obligation de travail, de soin et une interdiction de rentrer en contact avec la victime.