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« Je me suis rasé la tête pour n’attirer personne » : ses trois ex-compagnes l’accusent de violences
Un homme comparaissait ce jeudi pour des violences sur ses anciennes conjointes. Deux ont notamment porté plainte.
Ce jeudi, l’audience n’a pas encore commencé qu’il s’effondre à la barre. » Je perds ma femme et ma fille, je ne suis pas bien « , explique-t-il à la présidente du tribunal qui le sent chanceler. Q.M., 31 ans, est accusé de violences conjugales sur plusieurs de ses ex-compagnes. Deux d’entre elles sont venues entendre ses explications dans la salle du tribunal de Tarbes.
La justice lui reproche plusieurs scènes de violences, entre 2020 et 2023, ainsi qu’entre 2025 et 2026. Notamment un soir de l’année 2025, où, alcoolisé, il bouscule sa conjointe de l’époque, la gifle et lui donne des coups de pied au sol devant le bébé du couple de deux mois. Cet autre jour où il lui adresse de violents coups de pied dans l’arrière de la tête et la confond avec son ex. « Elle vous reproche de ne pas sortir comme elle veut, de ne pas pouvoir se maquiller, de ne pas être libre d’aller à la salle de sport. Je me suis rasé la tête pour n’attirer personne a-t-elle confié aux enquêteurs », explique la présidente de la séance. « Je souffre de nos embrouilles. Je ne comprends pas pourquoi on en est arrivé là », confie le prévenu.
« Elle a pris un coup de table »
Les magistrats veulent savoir : que s’est-il passé le soir où son ex-compagne s’est présentée aux urgences de Tarbes, la lèvre ensanglantée ? Réponse de l’intéressé : « Elle a pris un coup de table ». Et cet autre soir où elle se retrouve, de nouveau, avec la lèvre fendue ? « Ma bague lui a fait du mal ». Et les violences quand elle était enceinte ?
« Sa tête a tapé contre le thermostat ». Puisque les bagues, les tables et les thermostats sont dangereux dans le foyer du couple, la magistrate remarque : « À vous entendre, on a l’impression que tout arrive par accident ». Q.M. finit par reconnaître les coups mais assure ne s’être jamais « acharné ». Trois de ses ex-compagnes se sont plaints de violences et deux d’entre elles ont déposé plainte.
« Trois compagnes successives ont dénoncé des faits de violences dont deux qui assistent à l’audience aujourd’hui, c’est assez rare pour être souligné », a fait observer le vice-procureur avant de demander deux ans de prison dont 18 mois assortis d’un sursis probatoire. « La relation du couple est marquée par le chaos. On parle de cheveux coupés pour rassurer monsieur sur ses intentions. Il était violent, même quand elle était enceinte car rien ne l’arrête », note l’avocate de la dernière victime, Me Maeva Sampario. L’avocate du prévenu, Christel Marbais s’est attachée à décrire « la personnalité empreinte de fragilité » de son client. « Il est en grande détresse psychologique et ce n’est pas une volonté de manipuler « . L’homme a été condamné à deux ans de prison dont un an assorti d’un sursis probatoire pendant deux ans.