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« Je ne pouvais garder ça pour moi… » Cette exposition insolite qui tire de l’oubli dessins et poèmes d’élèves tarbais d’il y a 45 ans
Pendant un mois, l’Atelier 20 propose une exposition singulière mais plurielle, où sont mises en lumière des productions artistiques des élèves des classes de Pierre Colin, des années 1977 à 1981. Réjouissant !
« Nous cherchons la Gremuse… C’est un trésor caché, presque oublié, mais qui n’a perdu ni la beauté de ses traits, ni la chaleur de ses couleurs, ni le merveilleux de ses mots, après 45 ans de vie passés dans l’obscurité. Venez découvrir ces dessins, peintures et feutres, contes et poèmes, nés dans les classes de Pierre Colin et ses élèves, apprenant dans un bain d’arts et de créations multiples. »
L’invitation est lancée par Maïté Colin, la femme de Pierre, l’enseignant tarbais disparu, suite à une rencontre avec Emmanuelle Hirsch, la responsable de L’Atelier 20, qui fut aussi parmi les élèves de cet instituteur qui a enseigné dans les écoles Anatole France et Ormeau-Figarol. Rapidement, l’idée de tirer de l’oubli ces contributions rangées dans un placard a fait sens. « Ce sont des documents réalisés par des enfants de CP, CE1 et CM1 entre 1977 et 1981, résume Maïté Colin. Je me suis dit que ce n’était pas possible d’avoir de si belles choses enfermées depuis 45 ans. La vivacité des couleurs, les traits, les textes, les mots, tout est beau. Je ne pouvais pas garder ça. Je voulais que tous les élèves se réapproprient leurs productions. D’où l’idée d’une exposition. »
De l’art enfantin mais pas que…
Une production riche dans laquelle Emmanuelle Hirsch s’est plongée pour en tirer la matière la plus représentative de la pédagogie mise en place par cet enseignant tarbais unique. Dans le même temps, Maïté Colin s’est rapprochée des anciens élèves dont elle a trouvé le contact pour les informer de cette démarche artistique et patrimoniale. Beaucoup ont répondu favorablement, et plusieurs seront présents au vernissage. « Pierre s’inscrivait dans un mouvement pédagogique d’école nouvelle qui s’appuyait sur la capacité de création. Pour lui, tous les enfants étaient capables de créer, car l’homme est fait pour ça et ça permet à la vie d’être beaucoup plus riche qu’elle ne l’est. Alors bien sûr, on est dans l’art enfantin, mais baigné de poésie, de jeux, de musique, de danse. C’est une construction, individuelle et collective, dans le bonheur de la découverte et de la recherche. »
À l’image de cette « gremuse », qui guide cette exposition, ce mot inventé après lequel les élèves ont couru durant toute une année pour lui donner sens, corps et vie. « Avec Pierre, les enfants étaient toujours entre imaginaire et réalité qui alimentait un désir et un appétit d’apprendre réjouissant, mais aussi une inventivité et une créativité qui n’échappent pas, aujourd’hui encore, au regard et au sentiment. Ouvrir les portes du merveilleux en somme pour que les jeunes se projettent par le rêve dans l’avenir. »