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« Je vais te mettre cher, guignol ! » Ivre et sous cocaïne en tracteur, l’agriculteur pète les plombs et insulte les gendarmes
Un agriculteur de 39 ans, positif à l’alcool et à la cocaïne, a perdu le contrôle de son tracteur samedi après-midi à La Barthe-De-Neste, sans faire de victime. Il s’en est pris verbalement aux forces de l’ordre avant de regretter son comportement à la barre ce lundi.
« Je vais te mettre cher… », « Guignol de mer…, playmobil ». De ces menaces et ces insultes qu’il a proférées à l’égard des gendarmes, l’éleveur n’a pas de souvenirs, seulement des excuses qu’il a répétées à la barre ce lundi, au surlendemain de son interpellation. Samedi après-midi, les gendarmes sont alertés pour un client, alcoolisé, qui s’en prend à d’autres au café de La Barthe-de-Neste. Lorsqu’ils arrivent, l’individu est parti au volant de son tracteur. Mais les gendarmes n’auront pas à le chercher bien longtemps puisqu’ils le retrouvent, accidenté à la sortie du village. L’agriculteur a perdu le contrôle de son véhicule qui a heurté une buse puis la barrière d’une habitation, sans faire de victime.
Appréhendé, le chauffard déverse sa colère sur les forces de l’ordre. Avec sept mentions à son casier judiciaire et une autre affaire de violence en réunion en attente de jugement, l’homme de 39 ans qui a repris l’exploitation familiale avait vu son permis annulé en août 2024 et était en état de récidive légale. S’il ne se souvient plus des circonstances qui l’ont précipité dans cet état, l’éleveur dit « souffrir de ne pas voir ses enfants. C’est pour ça que je vais mal. Je travaille sept jours sur sept pour un revenu de 500 €/mois. J’ai repris la ferme de mon père qui continue de m’aider, par force. Je ne consomme plus de drogue. C’est l’alcool qui me fait faire n’importe quoi. Je ne m’alcoolise que quand je suis triste, mais alors je ne me contrôle plus et je fais des conneries. Alors que des gens comme mes parents ou ma compagne me tendent la main… »
« C’est fait, c’est fait… »
Lors de son arrestation, il présente une alcoolémie de 1,52 g/L de sang ainsi que « de la cocaïne en très grande quantité » selon le relevé. « Je n’arrive pas à me rappeler ce qui s’est passé. On ne reviendra pas en arrière, lâche-t-il fataliste. C’est fait c’est fait. Je regardais mon téléphone une seconde car on m’avait dit que des brebis s’étaient enfuies. Et voilà… » Celui qui s’est astreint au suivi mis en place suite à ces précédentes condamnations avait même prévu d’aller plus loin. « J’allais réellement me soigner. Je devais prendre attache aujourd’hui avec la clinique de Piétat pour une cure. » « Depuis mars vous auriez pu mettre quelque chose en place déjà, a pointé le procureur qui requiert un an d’emprisonnement dont cinq mois avec sursis et mandat de dépôt. On choisit de boire et de consommer de la drogue. On est loin d’une prise de conscience complète sur cette situation et ces conséquences. »
Pour sa défense, Me Bernès-Cabanne pointera cette « grande souffrance avec des propos déplacés envers ceux qui ont été les premiers à recevoir sa colère. Il doit tout absorber, cette charge agricole, ce travail du matin au soir. C’est quelqu’un de vaillant qui s’inscrit dans une vie active pas facile. Il a eu le courage de prendre la suite de l’exploitation familiale et essaie de faire face à ses démons intérieurs. Si vous le condamnez à la prison ferme, vous privez la ferme de toute main-d’œuvre et sa famille de toute ressource, alors qu’il a fait beaucoup de travaux dans cette maison. Pourquoi pas un bracelet électronique pour qu’il puisse continuer à exercer, sur ces heures qu’il ne compte pas… » Une proposition entendue par le tribunal qui va le condamner à neuf mois d’emprisonnement sous forme de détention à domicile sous surveillance électronique, avec des obligations de soin et de travail. « C’est là votre dernière chance d’échapper à la prison » préviendra la présidente.