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Jean Glavany raconte dans un livre ses « Conversations intimes » avec François Mitterrand


l’essentiel
À l’occasion des 30 ans de la mort de François Mitterrand, Jean Glavany publie « François Mitterrand, conversations intimes » (Perrin). Il revient sur ses souvenirs, leur relation et l’héritage du président.

Comment s’est déroulée la journée du 8 janvier 2026, date du 30e anniversaire de la mort de François Mitterrand ?

C’était une journée particulière. Comme chaque décennie, nous étions à Jarnac, avec une partie de la famille, notamment Gilbert Mitterrand. Il y avait le préfet, des élus, des parlementaires. Après la cérémonie au caveau familial, nous avons déjeuné entre amis. En rentrant à Paris, nous avons déposé une gerbe avec Anne Hidalgo devant son dernier domicile. Puis, l’Institut François-Mitterrand avait organisé une soirée de lecture de ses textes par deux comédiens de la Comédie Française. C’était très beau, une manière plus vivante et sensible de commémorer sa mémoire.

Vous souvenez-vous du 8 janvier 1996, jour de sa mort ?

Parfaitement. J’étais à Bourg-de-Péage, dans la Drôme, pour une réunion politique. Le matin, en marchant avec le maire Didier Guillaume, nous avons appris la nouvelle. J’ai aussitôt décidé de rentrer à Paris pour m’incliner sur sa dépouille. Ce moment reste gravé dans ma mémoire.

Pourquoi publier ce livre maintenant, trente ans après ?

Il me fallait du temps. Je ne voulais pas me précipiter. J’ai pris le temps de relire mes notes, de réfléchir à la forme. Ce n’était pas un projet opportuniste. Mon ami l’historien Jean-Noël Jeanneney m’a souvent répété : « Écris, Jean, écris ! ». Je ne voulais pas faire une biographie, il y en a déjà d’excellentes. Ni un essai politique. J’ai donc choisi de raconter mes souvenirs personnels, les conversations que j’ai eues avec lui.

Ces conversations sont donc au cœur du livre ?

Oui. Ce sont des moments vécus, souvent intimes, jamais publics. J’y parle de notre relation, à la fois politique et amicale. Il a été mon chef de parti, mon patron, puis un ami. J’ai même retrouvé des bulletins de salaire signés de sa main avant 1981 ! Nous avons gardé des liens étroits jusqu’à quelques jours avant sa mort. Le livre retrace cette relation multiforme.

Comment était-il dans l’intimité ?

Distant, mais affectueux. On ne le tutoyait pas, sauf quelques très anciens compagnons. Il gardait une certaine réserve, mais savait témoigner d’une vraie affection. Il aimait marcher, lire, parler littérature. Il disait souvent : « Lire deux ou trois heures par jour, c’est être un homme libre ». C’était un homme simple, cultivé et profondément humain.

Les conversations que vous évoquez se déroulaient où ?

Partout : en voiture, en avion, à Latche, dans les Landes, ou à Saint-Geours-de-Maremne, où j’ai une maison. L’été, nous déjeunions tour à tour chez les uns et les autres. Ces moments ont duré quinze ans. Je raconte beaucoup d’anecdotes dans le livre, certaines très personnelles, d’autres plus politiques.

Vous évoquez aussi sa fidélité en amitié.

C’était un principe cardinal pour lui. Quand il donnait son amitié, c’était pour la vie. Il allait voir ses amis malades chaque jour. Et lorsqu’un ami le trahissait, il disait simplement : « Ce n’était pas un ami ». Je raconte l’épisode du Rainbow Warrior : malgré la démission de Charles Hernu, il lui a écrit une lettre d’amitié publique. C’était sa manière de rester fidèle, même dans la tempête.

La une du livre de Jean Glavany
La une du livre de Jean Glavany
éditions Perrin

Votre livre est-il un portrait politique et humain ?

Oui, sans l’avoir voulu ainsi. En retraçant ses traits de caractère, on dessine forcément un portrait. J’y aborde aussi les affaires, sans détour, mais avec sérénité.

Une série télévisée intitulée « Mitterrand confidentiel » vient aussi de sortir sur France 2. Qu’en pensez-vous ?

C’est une docu-fiction, donc partiellement romancée. Mais elle est bien faite. Denis Podalydès est exceptionnel. Il a su capter les gestes, la voix, la complexité du personnage. C’est un vieux socialiste, il a mis beaucoup de sincérité dans son jeu. La série rend bien l’humanité et la profondeur de Mitterrand.

Quel est, selon vous, l’héritage de François Mitterrand ?

Il rentre doucement dans l’histoire, c’est normal. Son œuvre reste immense : l’alternance politique, les grandes réformes sociales, les libertés publiques, la décentralisation, la culture, l’Europe. Il a marqué la France durablement. Les polémiques passeront, mais son empreinte demeure.

 

Jean Glavany dédicacera son livre jeudi 15 janvier, à 18 heures, au Parvis de Pau, vendredi 16 janvier, à 17 h 30, à la librairie Comte, à Maubourguet et samedi 17 janvier, à 17 heures, à la libraire « Aux feuilles volantes », à Saint-Paul-lès-Dax. D’autres dates suivront à Tarbes, Paris, Toulouse, etc.



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