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La maison de l’Histoire inaugurée : 23 km d’archives pour un patrimoine préservé à Tarbes


l’essentiel
Les archives départementales ont un nouveau toit, inauguré ce mardi et fruit de plus de 20 ans de bataille politique. Cette Maison de l’Histoire, d’un coût total de 22 M€, se veut un lieu où passé et présent se rencontrent, au cœur de Tarbes.

C’est une page qui se tourne et un nouveau chapitre qui s’ouvre pour les archives départementales. Ce mardi 4 novembre, la maison de l’Histoire a été officiellement inaugurée, sans Rachida Dati, la ministre de la culture, attendue, mais qui réservera sa venue pour le 26 novembre, mais non sans émotion, tant cette date marque l’aboutissement d’un projet au long cours, « un vieux serpent de mer » même comme le qualifiera Michel Pélieu, le président du conseil départemental dont la préservation des archives est une des missions, « pas la plus en vue ».

Les archives sont stockées sur 23 kilomètres de rayonnages.
Les archives sont stockées sur 23 kilomètres de rayonnages.
DDM – BASTIEN ARBERET

Pourtant, la collectivité s’est dotée là d’un outil à la pointe de la technologie mais qui se fond dans le décor, celui du bâtiment historique de l’école normale, riche de plus de 140 ans d’histoire. Directeur de ces archives départementales, François Giustiniani n’a pas masqué « son plaisir et sa très grande émotion » au moment d’accueillir les nombreux invités. « Nous attendions ce projet depuis si longtemps. Maintenant, on, apprend à travailler dans des conditions exceptionnelles et remarquables. » Une adaptation légitime avec pas moins de 23 km d’archives, soit 300 000 items classés sur 25 000 étagères. « C’est un lieu extraordinaire, s’est réjoui Gérard Trémège le maire de Tarbes, se rappelant des réunions à l’hôtel de ville avec pas mal d’opposants alors. Quand je vois cette réalisation aujourd’hui, je suis heureux et fier. Cela fait 20 ans que vous portez ce projet. Votre patience et votre détermination offrent une valeur ajoutée incroyable à la ville. Quand on respecte les archives d’un territoire, on respecte son histoire au fil des siècles. »

Émotion partagée, par Michel Pélieu, dont la maman a usé les bancs de l’école normale. « C’est un peu son histoire qui se poursuit aujourd’hui, aura-t-il souri, en remerciant tous les acteurs de ce chantier et notamment Marc Borgella qui l’a supervisé pendant près de trois ans. C’est un bonheur de créer de la beauté, mais c’est une double satisfaction quand elle peut être utile. Ce site va nous permettre d’assurer la collecte et la conservation de notre patrimoine et de notre histoire. En prenant la présidence, j’ai voulu sortir ce dossier de l’ornière. La tâche a été rude à de nombreux égards, tant au sein du conseil départemental où les positions n’ont pas toujours été unanimes qu’au-dehors, où il n’y avait pas un fol enthousiasme. Mais la seule chose qui compte, c’est le résultat et les critiques cèdent la place aux louanges. »

« Un véritables espace culturel »

La salle de lecture met en valeur l’architecture et la charpente des lieux.
La salle de lecture met en valeur l’architecture et la charpente des lieux.
DDM – BASTIEN ARBERET

Cette Maison de l’histoire, qui représente un investissement de 22 M€ dont 4 M€ attribués par le ministère de la culture, se veut un lieu de rencontre et de partage, « un vrai espace culturel », avec des salles de conférences, d’exposition, de lecture, dans le respect du bâtiment et « dans le souci de conserver des finances départementales saines ». Jean Salomon, le préfet a pointé le « métier exigeant et rigoureux » d’archiviste départemental dans ce « tabernacle de notre mémoire collective et de nos histoires individuelles. C’est aussi un lieu de conservation de nos droits, qui doit être ouvert au public. En ça, ce site est judicieux et réaffirme la valeur patrimoniale des archives. » Avec au cœur de cette Maison, une envolée artistique où se mêlent oiseaux emblématiques du département et feuilles d’archives, façonnés et suspendus jusqu’à 13 m de haut, par la céramiste Nathalie Charrié, dans le cadre du programme 1 % artistique. « Chaque élément a été conçu à la main, une année durant, a révélé l’artiste. Je voulais que cette œuvre traverse l’espace vers la verrière, comme quand la mémoire individuelle s’efface mais qu’elle perdure dans les archives. »

Une première respiration avant d’autres qui restent à imaginer. « Nous avons acheté les bâtiments de la direction académique et de Canopée au Sud pour y aménager des espaces de verdure et des plantations et peut-être une fresque », détaille et anticipe Michel Pélieu. Dans cette Maison, l’Histoire s’écrit et se vit à tous les temps…



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