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Le commerce de centre-ville a dû plus que jamais se réinventer en 2025


l’essentiel
Le commerce de centre-ville a une nouvelle fois été secoué en 2025. Plusieurs enseignes nationales de prêt-à-porter ont fait les frais d’une crise internationale nourrie de bas prix en provenance de Chine. Mais le commerce de centre-ville est-il mort pour autant ? Des enseignes centenaires résistent toujours et d’autres comme M. Bricolage décident de s’implanter au centre.

Le magasin Stradivarius, rentable, qui ferme…. M. Bricolage qui déménage pour s’implanter place Marcadieu. L’année 2025 du commerce du centre-ville de Tarbes se termine sur cette image très contrastée.

À l’image de la situation d’une économie un peu déboussolée où les consommateurs réagissent à des injonctions contradictoires. Tarbes n’a pas échappé en 2025 à la cohorte de fermetures d’enseignes nationales de prêt-à-porter.

Un mouvement qui semble inexorable. En 2024, c’était l’enseigne Burton qui avait tiré le rideau alors même que le magasin était rentable selon son directeur de l’époque. Même constat pour la fermeture de Stradivarius, une enseigne très appréciée des jeunes femmes. « La politique de l’entreprise (qui appartient au groupe Inditex lequel détient notamment les marques Zara, Bershka, Pull & Bear) était de fermer des magasins au profit d’espaces plus grands dans les zones commerciales. Le magasin de Tarbes est rentable. Mais ce n’est pas une ville où le groupe se projette » notait une désormais ancienne employée.

Tempête pour le prêt-à-porter

Cette fermeture est très symbolique renforçant un sentiment d’abandon chez des consommatrices qui n’hésitent pas à dire se sentir « orphelines ». Le prêt-à-porter est en pleine tempête avec l’explosion des ventes en ligne de vêtements pas chers venus de Chine. Les enseignes sont contraintes de revoir leur positionnement. L’arrivée de Shein au BHV à Paris devrait tout de même faire réfléchir.

Les emplacements de centre-ville n’ont semble-t-il pas dit leur dernier mot. « Les commerces locaux ne sont pas des décors, ce sont des entreprises qui ont besoin de clients…. » note François-Xavier Brunet, président de la CCI de Tarbes et des Hautes-Pyrénées qui reconnaît que « le commerce de proximité souffre terriblement. Je pense que le destin des commerces des centres-villes est entre les mains des consommateurs. Dans un commerce de proximité, on peut essayer l’article. Il y a le service, le conseil et le sourire en plus. On ne peut pas continuer à regretter la fermeture des commerces de proximité et poursuivre les achats sur internet… »

Une lame de fond symbolisée par la multiplication des lockers partout dans les Hautes-Pyrénées. Pris dans ses contradictions, le consommateur regrette la disparition des magasins de proximité tout en achetant à tour de bras sur internet. Et contribue ainsi à la déshérence des centres-villes. Ce n’est pas le cas à Tarbes où le taux de vacances des commerces a diminué ces deux dernières années malgré les fermetures très « visibles ».

Des magasins qui résistent d’autres qui ouvrent

Car s’il y a des magasins qui ferment, d’autres ouvrent. L’office de commerce Tellement Tarbes, qui a décroché un deuxième prix national des Unions de commerçants (dans la catégorie villes de 15 000 à 50 000 habitants), ne ménage pas ses efforts pour favoriser les nouvelles implantations. Comme La Malle d’Eyden qui a ouvert, en 2024, une seconde boutique de prêt-à-porter pour femmes rue de Gonnès, après celle de la rue du Maréchal Foch. Des demandes, il y en a, des locaux adaptés pas toujours. Le montant des loyers est parfois dissuasif pour un commerce en phase de démarrage ou les locaux proposés ne tiennent pas leurs promesses.

Le centre-ville a encore des atouts Des « maisons » familiales, historiques comme Ducru, Doubrère, sont toujours là. Et puis, il y a ceux qui choisissent d’avoir de la visibilité en centre-ville comme le magasin M. Bricolage qui a déménagé de la rue Larrey pour s’implanter place Marcadieu. Pour Nicolas et Gaëlle Vignes, les propriétaires, « l’idée est de faire un magasin « essentiel » de centre-ville, qui réponde aux besoins immédiats de la clientèle de proximité, avec une équipe formée au contact client, à l’humain et à l’accompagnement. On se devait d’être un acteur du centre-ville et d’offrir aux Tarbais un magasin de bricolage digne de ce nom. »



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