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Le risque suicidaire c’est aussi une affaire de seniors : Sur le marché Marcadieu, l’équipe de la CPTS Tarbes-Adour brise les tabous


l’essentiel
Ce 5 février marquait la journée nationale de prévention du suicide. Un fléau qui brise des familles mais dont on ne parle pas ou peu. Sur le marché, la CPTS a cherché à ouvrir le dialogue.

Sous la halle Marcadieu, ce n’est pas le sujet de discussion le plus engageant, ni le plus échangé. Au gré des allées du marché, on évoque davantage la météo morose au moins autant que l’air du temps, ou encore les municipales dont les équipes en lice quadrillent la zone. Pas facile alors entre trois courses, d’évoquer le risque suicidaire. C’est pourtant ce qu’ont essayé de faire les équipes de la CPTS Tarbes-Adour, en ciblant les personnes plutôt âgées, public plus vulnérable au risque suicidaire qu’on ne le croit, en cette journée nationale de prévention du suicide. « Il y a beaucoup de dépendance et d’isolement chez ces personnes, surtout après la perte du conjoint ou même d’un animal de compagnie, très présent pour elles, explique Pauline. Après, ce ne sont pas forcément celles qui viennent au marché, qui, elles sont ouvertes et socialement intégrées. »

« Il faut en parler, moi je n’ai rien vu venir pour papa »

Quand bien même, l’objectif est d’anticiper pour mieux se prémunir et sensibiliser aussi à la ligne d’écoute et d’urgence, pour soi ou pour d’autres : le 3114. « Ce n’est pas simple d’en parler dans l’intimité déjà pour ceux qui ne se sentent pas bien comme pour ceux qui accompagnent, ajoute Marion Marin, la directrice de la CPTS. Là, ce sont des psychologues qui répondent et écoutent, conseillent aussi. C’est une ligne encore trop méconnue mais à connaître comme les autres numéros d’urgence. »

Si le dialogue ne s’instaure pas spontanément, les flyers se distribuent facilement. Quelques personnes prennent le temps. « Il faut en parler, moi je n’ai rien vu venir pour mon papa avant qu’il ne passe à l’acte, explique cette dame. Il souffrait beaucoup, surtout en l’absence de solution et de diagnostic par rapport à ces douleurs. Et puis un jour… C’est pour ça qu’il faut s’ouvrir. »

Aller au-devant des gens pour briser des tabous ou déjà présenter les outils comme le 3114, mais aussi le parcours Monpsy de la CPAM, un dispositif qui permet de financer des séances auprès d’une dizaine de psychologues adhérents sur l’agglomération tarbaise. « Déjà l’an dernier, lors d’une rencontre que nous avions organisée autour de la santé mentale, le Dr Debacq, psychologue à Lannemezan, avait expliqué qu’il y avait une hausse des passages à l’acte chez les adolescents. Un phénomène qui s’expliquait par l’écoanxiété, le contexte mondial, les guerres, les maladies, le cyberharcèlement… » Preuve que ce sujet-là ne doit plus rester tabou, à tout âge.



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