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Les « Bonnie and Clyde » des vols à la roulotte échappent à la prison ferme
Deux prévenus, issus de la communauté des gens du voyage, ont été condamnés pour une série de vols et escroqueries à la carte bancaire. Le tribunal de Tarbes a prononcé des peines aménageables, malgré des réquisitions plus sévères.
C’est au cri de « Vive le Québec libre ! » que l’un des deux prévenus, qui comparaît en détention, a accueilli sa condamnation par le tribunal correctionnel de Tarbes à huit mois de prison « avec possibilité d’aménagement de peine ».
Loin des deux ans de prison ferme requis par le procureur de la République, l’homme issu de la communauté des gens du voyage et sa comparse, condamnée elle à quatre mois de prison aménagés en bracelet électronique, s’en tirent plutôt bien.
Les Bonnie and Clyde locaux comparaissent pour cinq vols « à la roulotte » et dix faits d’escroquerie à la carte bancaire entre mars et mai 2021, entre Bours, Soues, Tarbes, Barbazan-Debat, Pau et le Béarn.
« Je suis ici à cause de mon dossier tout pourri »
Après avoir commis des vols d’affaires personnelles (sac à main, blouson en cuir, tablette, lunettes de soleil, etc) accompagnés de dégradations, dans des voitures, ils utilisaient la carte bancaire des victimes pour faire des achats frauduleux dans des commerces, essentiellement des tabacs et des boulangeries qu’ils avaient l’habitude de fréquenter.
« Je suis ici à cause de mon dossier tout pourri, mais je n’ai rien fait », se défend celui qui se dit autoentrepreneur de la ferraille, qui compte tout de même 26 mentions à son casier judiciaire.
« Je suis en train de faire deux ans de prison. J’en ai déjà fait 15 », déplore le suspect qui se plaint des conditions d’incarcération et de promiscuité à la maison d’arrêt de Pau et a « une pensée pour Nicolas Sarkozy ».
Des traces de sang qui l’ont confondu
Son numéro digne de la commedia dell’arte agace passablement la présidente du tribunal Lucile Pichenot. Il a été confondu pour le dernier vol qui lui est attribué à Bours le 19 mai 2021, par un prélèvement de sang sur le tableau de bord « rapproché avec son profil génétique ».
Malgré tout, le voyageur continue à nier les faits. Tout juste consent-il à avoir donné un coup de poing dans la vitre, après une dispute avec sa complice.
Tout comme il conteste les vidéos sur lesquelles il aurait été reconnu par les gendarmes dans les commerces : « un homme à la casquette qui se tenait toujours de la même manière avec un masque chirurgical ». Le couple « diabolique » aurait usé du même mode opératoire en se présentant à la caisse pour faire des achats de faible montant, avec sa compagne, à tour de rôle, en faisant semblant de ne pas se connaître.
« Il faut raison garder » déclare l’avocate de la défense qui dénonce les réquisitions « sévères » du procureur, à l’encontre de ses clients, « pour des achats de pain aux raisins entre 6 et 24 € ».
Pour elle, à l’exception des traces de sang retrouvées sur le tableau de bord d’ue voiture, « il n’y a pas de preuve matérielle » pour condamner ses clients. « On assoit des condamnations sur des vraisemblances, et non sur des preuves. Le doute doit profiter aux prévenus » affirme l’avocate qui plaide la relaxe. Le tribunal optera pour une décision médiane.