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L’œil d’Alexandra Pouzet et les mots de Bruno Almosnino redonnent vie et éclat aux objets du Lavedan d’un autre temps à Omnibus
L’exposition « Refaire famille » à la galerie Omnibus pose un regard original sur le patrimoine de la vallée du Lavedan qui invite autant à remonter le temps qu’à s’interroger sur ce qui nous lie et nous relie.
Si les objets racontent une histoire, ceux qui peuplent la galerie Omnibus jusqu’au 18 avril invitent au dépaysement, à deux pas de chez soi. Pour la première exposition de cette année 2026 qui sera consacrée à la photographie à l’occasion de son bicentenaire, c’est Alexandra Pouzet qui a posé son regard sur les objets d’art mais aussi du quotidien puisés dans les collections du Musée montagnard du Lavedan à Aucun, accompagnée des mots de son compagnon d’aventure, Bruno Almosnino. « Ils ont une approche commune des sujets, des lieux, de la façon de voir les choses, a introduit Erika Breton, la responsable d’Omnibus. L’objet, ce sont des fils qui se croisent à travers toutes ces séries de photos, différentes, ce sont aussi ce qu’ils révèlent de nous. D’où l’idée de Refaire famille avec tout ce corpus. »

Reliés, les habitants de la vallée l’étaient justement, nombreux à l’occasion du vernissage vendredi de cette mise en valeur particulière de leur patrimoine, qui présenté en chair et en os, qui capturé par le regard d’Alexandra Pouzet. « Je me suis préservée dans les réserves du musée pour mettre en relation ces objets jusqu’à ce qu’apparaisse une image. Nous avions déjà résidé et travaillé avec Bruno et une trentaine d’habitants pour la réalisation d’un livre. C’est l’occasion de célébrer des liens qu’on honore peu voire qu’on évite. Mais aujourd’hui, faire famille, c’est aussi un schéma bousculé, comment rebrasser toutes ces cartes pour éviter les replis sur soi mais conserver et entretenir ces liens aux autres, sans lesquels on meurt. »

Petit-fils du fondateur du Musée montagnard dont il a nourri les collections d’abord de ses propres objets familiaux, Eric Delgado a salué cette mise en lumière et en perspective : « Ce sont des objets de traditions populaires qu’on ne voit jamais dans des expositions d’art contemporain. Ces objets sont très heureux d’être vivants, d’avoir été réveillés de leur double deuil, la perte de leur usage et de leur propriétaire. C’est beau de les faire cohabiter ici, pour qu’ils disent beaucoup plus que dans leur intimité… » Sublimés par la mise en scène et le regard de la photographe, mais aussi reliés à la terre et à la vie par les mots éclairants du conteur qui les accompagne, ces objets présentent ainsi leur plus beau profil…
