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Myriam Sumann, commissaire-priseur à Tarbes : entre surprises et expertises inattendues
Vous avez un objet d’art, un vieux meuble ou tout autre chose dont vous voulez vous débarrasser ? La salle des ventes Sumann réalise des estimations gratuites tous les mardis. Et propose ensuite de mettre, ou non, les objets aux enchères.
Le métier de commissaire-priseur ne se limite pas à abattre le marteau sur le pupitre en clamant « adjugé, vendu ! » lors des ventes aux enchères. Ce serait trop simple, il y a beaucoup de travail en amont. Comme, par exemple, estimer la valeur d’objets lors des successions, ou de liquidations judiciaires. Mais aussi estimer des objets des objets du quotidien, que l’on peut apporter pour « savoir ce que ça vaut ». Et ça se passe tous les mardis, à la salle des ventes, 22 rue du Docteur Roux à Tarbes, chez Myriam Sumann, la commissaire-priseur qui a repris la charge d’Henri Adam voici 3 ans. « Il le faisait déjà », assure la jeune femme, « nous continuons. Et nous avons de plus en plus de monde. » Peut-être l’influence de l’émission de télévision « Affaire conclue »… Toujours est-il que chez Sumann, on ne chôme pas…
« On voit de tout »
Comme ce couple, venu faire expertiser un vieil instrument de musique, qui ressemblait à un saxophone. Ou encore un artiste venu de Préchac, Guillaume Boisson, qui réalise des sculptures sur buis. Mais Myriam Sumann n’a pas voulu donner son estimation. « Les œuvres contemporaines, surtout pour un artiste non-côté, c’est difficile. Alors nous en avons pris une pour la mettre à la vente, on verra. » Une manière de dire qu’ici, on voit de tout. « Oui, c’est très large, on passe du bibelot à la pièce qui a vraiment de la valeur. » Et parfois, il y a des pépites. « Tout à fait, on peut tomber sur des objets exceptionnels. » Comme ce fameux paravent chinois qui est parti pour 400 000 € lors d’une vente aux enchères menée par Me Henri Adam. « Il avait été apporté comme ça, pour une estimation, les propriétaires n’avaient aucune idée de sa valeur… » Bref, c’est un peu comme au casino… « Oui, il y a toujours des surprises, mais c’est rarement dans le bon sens. En général, les gens pensent qu’ils détiennent un trésor, mais ce n’est pas souvent le cas. Par exemple, un couple est venu faire estimer une ménagère dont ils avaient hérité. On leur avait garanti qu’elle était en argent massif, or elle ne l’était pas… »
Toujours des surprises
De leur côté, Roger et Colette ne veulent pas vendre. « On a cette sculpture en bronze, on n’a pas idée de ce que ça vaut. » Avec l’idée de la vendre ? Colette assure que non. « Je la trouve jolie, je veux la garder, mais on aimerait savoir si elle vaut quelque chose, elle est signée, alors… » Mais après étude par Myriam Sumann, l’objet n’a pas une grande valeur. En revanche, le vase « chinois », également amené par le couple intéresse davantage la commissaire-priseur. Elle l’examine, estime qu’il n’est pas très ancien, mais elle lui trouve un « petit quelque chose ». Elle questionne, et apprend que le vase a été ramené d’Indochine par un parent à l’issue de la guerre du même nom, ce qui lui donne un parfum d’authenticité. Mais ce n’est pas suffisant, elle appelle un expert en art asiatique, qui lui demande d’envoyer une photo. « J’aurai une réponse dans quelques heures. On ne peut pas tout savoir, alors quand j’ai un doute, je préfère solliciter les gens compétents. » Comme quand il s’agit de billets anciens ou de vieilles pièces de monnaie. « C’est très pointu, on a un expert qui vient de temps en temps, on regroupe les demandes à ce moment-là. » Et quand les pièces à estimer sont trop imposantes pour être transportées, comme des meubles, des pianos, Myriam Sumann peut se déplacer à domicile. Mais dans tous les cas, une pièce d’identité est demandée au propriétaire, et mieux encore, des documents attestant la propriété. « C’est une obligation, nous sommes officiers du ministère public, et à ce titre nous sommes assermentés. » Bref, pas question d’essayer d’écouler ici le butin d’un vol, que ce soient des bijoux ou des tableaux. « Nous sommes particulièrement vigilants et signalons aux autorités le moindre doute qui peut nous apparaître. » Et ensuite, ces objets expertisés ? « La plupart du temps, les gens les apportent et les laissent pour que nous les mettions à la vente. » Lesquelles ont lieu le jeudi, avis aux amateurs…