Actualités Hautes-Pyrénées
« Notre petit projet né à Tarbes va traverser l’Atlantique, c’est fou » : Ce duo va porter la voix de Piaf et de la France en Amérique centrale
Composé d’Emilie Manescau et Corentin Restif, le duo « Un air deux mômes », qui n’avait jamais joué en dehors de la Bigorre, a été choisi par l’Alliance Française pour une série de concerts du Guatemala au Panama, en passant par le Nicaragua et le Honduras.
De quelques concerts en Bigorre aux scènes nationales des capitales d’Amérique centrale. C’est le destin singulier du duo « Un air deux mômes » qui s’apprête à faire rayonner la voix de la France, à travers la plus grande de ses chanteuses, Edith Piaf, de l’autre côté de l’Atlantique.
Pourtant, le duo n’a vu le jour qu’en octobre 2023, à l’occasion des 60 ans de la mort de Piaf suite à une commande de la mairie de Lourdes. C’est là qu’Emilie Manescau, professeure de chant traditionnel au conservatoire Henri Duparc, a fait la connaissance de Corentin Restif, accordéoniste. « Professionnellement, je n’avais jamais vraiment chanté autre chose que le répertoire pyrénéen et polyphonique, explique Emilie. Et puis Piaf, c’était complexe, c’est un monument. Je ne connaissais que ses grands tubes. Mais avec Corentin, ça a fonctionné tout de suite, humainement d’abord, puis musicalement, dans la même direction. Il y avait une complicité naturelle. Les gens se disaient qu’on se connaissait depuis toujours… » Autour aussi d’un répertoire large, embrassant les standards de Piaf et quelques pépites. « On voulait des morceaux qui racontent son histoire. Elle a enregistré plus de 400 chansons. C’était une écorchée vive, une passionnée. Nous avons puisé dans son répertoire de jeunesse, dans ses chansons de rue, avec ce phrasé que j’ai essayé de me réapproprier, avec un travail de diction. On a aussi traduit deux chansons, avec l’aide de François Dubarry, qui fonctionnaient magnifiquement en occitan. »

« Ça met la pression mais c’est gratifiant »
Internationale, la voix de Piaf va résonner à travers le monde, au-delà de son idylle avec Cerdan. Aussi, ce n’est finalement pas si étonnant que l’Alliance Française ait fait appel au duo « Un air deux mômes », bien que le duo n’ait jamais chanté en dehors de sa Bigorre natale. « C’est la directrice de l’Alliance française du Panama qui s’est intéressée à notre projet et s’est rapprochée de nous à l’automne, conte Emilie Manescau. À partir de là, on a commencé à s’organiser dans l’optique de cette tournée, pour se libérer, mais sans avoir de confirmation… » Elle n’interviendra finalement que ce mercredi 11 mars, soit onze jours à peine avant d’embarquer. « Ça a été à la fois un gros soulagement car on se projetait sans savoir vraiment mais aussi une excitation folle », assure Emilie Manescau.

Le duo va ainsi se produire dans les capitales du Guatemala, du Nicaragua, du Honduras et du Panama, du 24 au 31 mars. « Pour notre petit projet, né à Tarbes, c’est fou qu’on l’exporte ainsi au bout du monde, se réjouit Emilie. On va se produire dans des théâtres nationaux. On a peaufiné notre spectacle pour faire le lien avec l’Amérique latine, mais sans dénaturer Piaf. Par exemple, La Foule est à la base une valse péruvienne. La vie en rose aussi a sa version espagnole. On a aussi réarrangé quelques morceaux avec des tonalités plus hispaniques. On va essayer de faire rayonner la culture française et Piaf là-bas. Ça met un peu la pression, mais c’est gratifiant de voir notre projet qui n’était pas sorti des Hautes-Pyrénées traverser l’Atlantique. » Ce sera même une première pour Emilie en Amérique latine, à l’occasion des 80 ans de la sortie de La Vie en rose…