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« Parler, c’est bien, maintenant il faut agir ! », Sélim Dagdag veut allier le numérique et la sécurité au service des Tarbais


l’essentiel
Engagé en politique auprès de Pierre Lagonelle lors de la campagne présidentielle de 2007, Sélim Dagdag a pris ses fonctions en mars dernier en tant qu’adjoint à la sécurité, au numérique, à la prévention de la délinquance et à la ville intelligente. Un poste à haute responsabilité que celui-ci veut approcher avec « humilité et bienveillance ».

Quand Sélim Dagdag nous accueille dans son bureau à la mairie, il se remémore d’abord sa vie étudiante, à l’École nationale d’ingénieurs de Tarbes. L’Aveyronnais d’origine a fait du chemin depuis. Adjoint de la nouvelle municipalité, il est en charge d’un portefeuille « assez costaud » : la sécurité, la prévention de la délinquance, la ville intelligente et le numérique.

Au cours du dernier mandat, Sélim Dagdag était déjà élu, mais dans l’opposition. Avec « Tarbes pour tous », le mouvement centriste de Pierre Lagonelle, qu’il n’a pas quitté depuis 2007, lors de son engagement en politique. « C’est dur d’être dans l’opposition. On voit tout de l’intérieur mais on pèse très peu finalement », évalue le père de famille de 46 ans. De l’intérieur donc, il peut néanmoins amèrement se réjouir : « Tout ce sur quoi on alertait s’est avéré : la paupérisation, le déclin industriel, la possible perte de l’hôpital sur le bassin tarbais… »

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Issu d’un milieu qu’il qualifie comme « modeste », Sélim Dagdag est élevé par sa mère, qui s’occupe seule de ses quatre enfants. « Je lui tire mon chapeau, elle nous a inculqué des valeurs d’intégration », raconte-t-il. Son éducation, il s’en sert d’exemple pour son action politique : « Les discours de fracture de la société m’embêtent. J’encourage les jeunes des quartiers à s’approprier leur pays. Ils sont chez eux. Ils sont Français. »

Désormais « aux manettes », Sélim Dagdag ne s’en glorifie pas : « Parler dans l’opposition c’est bien, mais maintenant il faut agir ! » Et son domaine d’action est large. Une décision qui résulte d’une conversation avec Pascal Claverie et Pierre Lagonelle, au sortir du second tour. « C’est une fusion qui a du sens, surtout sur le plan technico-juridique », explique celui qui est aussi responsable innovation chez Alstom. « Nous sommes dans un État de droit. Tout est juridique en France, dont la sécurité. »

Une politique sécuritaire qui passe aussi par la prévention

Allier le portefeuille de la sécurité avec celui du numérique sert souvent dans un domaine : la vidéosurveillance. Sélim Dagdag ne le nie pas et assume avoir évolué sur la question : « J’entends la perte de liberté, j’ai aussi été contre la vidéosurveillance pendant longtemps. Mais cela fonctionne, c’est ce qu’on ressent quand on discute d’affaires résolues avec les policiers et enquêteurs. » À sa prise de fonction, l’élu fait face à une mauvaise surprise : « On a découvert une situation cataclysmique du parc de vidéosurveillance, où d’ici 2029, 80 % sera complètement obsolète. Cela va nous coûter cher, on ne s’y attendait pas », explique-t-il.

Mais l’élu de « Tarbes pour tous » ne souhaite pas agir qu’avec ses pouvoirs de police. « Je veux aussi mener une politique de prévention. Par le secteur associatif mais aussi des applications où des personnes en situation de détresse n’ont qu’à appuyer sur un bouton pour alerter les services compétents. Il y a beaucoup de choses à faire sur ce plan. »

C’est l’idée que Sélim Dagdag se fait de la police municipale : « Je souhaite aussi développer une réelle osmose entre toute – et je dis bien toute – la population et la police. On a déjà mis en place beaucoup plus d’agents de proximité et les premiers retours du terrain sont très positifs. »

« La disparition de l’empathie me fait peur »

Mais le nouvel adjoint au maire se dit inquiet, surtout pour la jeunesse. « Aussi bien celle des quartiers que des gosses de bonnes familles. Par les réseaux sociaux, on peut faire miroiter une fausse vie qui pousse – dans les cas les plus graves – au crime », alerte-t-il. Il se refuse à ne voir la solution que dans la répression. « On a tous été jeunes, on a tous fait des conneries. La question c’est : est-on en mesure de ne plus la reproduire ? Ce qui me fait peur c’est la disparition de l’empathie », insiste Sélim Dagdag.

Pour lui, allier numérique et sécurité est nécessaire, mais malheureux : « Je préférerais voir le numérique au bénéfice de la santé, de la culture ou du commerce. Mais la situation est comme elle est : difficile »



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