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Plus de 60 ans après, elles reviennent dans leur ancienne école à Tarbes


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Les anciennes élèves de la promotion 1963-1967 de l’école normale de Tarbes ont redécouvert « leur prison dorée », transformée en archives départementales, entre émotion, fierté et mémoire. Découvrez cette belle histoire.

« C’est beaucoup d’émotion » : plus de soixante ans après leur passage à l’école normale des filles, là où désormais s’élèvent les archives départementales, rue Eugène Ténot, les anciennes élèves de la promotion 1963-1967 sont revenues sur les lieux du crime, pendant que leurs congénères masculins étaient scolarisés à Auch.

Elles s’appellent Chantal, Claude, Juliette, Danièle, Evelyne, Catherine ou Yvette et leurs prénoms générationnels disent beaucoup d’une époque révolue dont toutes n’ont pas la nostalgie.

Ancienne professeur d’éducation physique et sportive, Marie-Laurence a même fait 600 km depuis La Baule pour rejoindre ses anciennes camarades réunies par celle qu’elle baptise « la vestale de l’amitié » : Andrée Elicegui.

Autrefois, l’école normale était ouverte aux meilleures élèves issues des milieux modestes, après la classe de troisième, et pour quatre ans, dont la dernière année était destinée à la formation professionnelle, « dans une classe d’application ».

La méritocratie républicaine dans sa pleine expression. « Quand on rentrait à l’école normale, on était logé, nourri et payé mais en contrepartie on signait pour dix ans ».

« Une transformation magnifique »

Ce n’est pas la première fois que les anciennes normaliennes ont le plaisir de se retrouver à Tarbes puisqu’elles avaient déjà visité le chantier des futures archives départementales, « le casque sur la tête », en 2023, après leurs premières retrouvailles en 1993. Mais leur immersion dans le bâtiment achevé, a une saveur particulière.

Elles sont unanimes pour saluer « la transformation magnifique » de leur ancienne école, le respect de « son charme architectural » et « l’excellente idée » d’avoir conservé l’arche d’entrée. Étant lui-même le fils d’une ancienne normalienne tarbaise, le président du Conseil départemental a été particulièrement sensible à l’architecture du bâtiment et à la conservation de ce patrimoine.

« La rue des trois prisons »

Avant de déménager dans la nouvelle école normale, aujourd’hui remplacée par le collège Victor-Hugo, boulevard Claude-Debussy, elles ont passé plusieurs années dans l’institution de ce qu’elles nommaient « la rue des trois prisons ».

Ce qui signifiait leur prison « dorée » à elle, l’actuelle maison d’arrêt et le Carmel où « depuis leur chambre, elles observaient les cornettes des bonnes sœurs », entre goupillon et arme du savoir, entre Église et école du mérite républicain.

Six douches pour 180 élèves

Mais des deux bâtiments de leur scolarité, elles ont préféré « celui qui avait le plus de cachet », même si « on avait parfois l’impression de rentrer en prison » quand certaines se souviennent « des tessons de bouteille plantés au sommet des murs ». « La jupe bleu marine » était aussi de rigueur, même si l’uniforme n’existait pas.

À certaines élèves, l’école normale de Tarbes faisait penser à un régiment militaire pour ses conditions matérielles assez spartiates, sans cour de récréation : « Dans un dortoir, nous étions 80 à dormir sur des lits superposés, sans aucune cloison, sans aucune intimité, et nous avions seulement six douches pour 180 élèves ».

Des anniversaires clandestins

Les filles étaient regroupées par classe, en fonction du choix de leur langue étrangère, pour plus de facilité.

Les souvenirs affluent quand « les Anglaises », à défaut « des Espagnoles », se rappellent « des anniversaires organisés le soir en cachette », un peu à l’image du cercle des poètes (poétesses) disparus. Ou les pauses méridiennes « durant lesquelles nous avions le droit de nous échapper au jardin Massey en donnant rendez-vous à qui on voulait ».

Toute une jeunesse qui remonte à la surface, alors que les sédiments de plusieurs décennies se sont déposés, sans altérer leur mémoire émotionnelle.



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