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PORTRAIT. Equestria : cet ancien maréchal-ferrant sculpte désormais les chevaux dans le fer et ses œuvres se vendent à travers le monde
Passionné de cheval, Emmanuel Kieffer a fait de cet animal plus qu’une passion, un métier. D’abord comme maréchal-ferrant puis désormais comme sculpteur, à la renommée mondiale. Ce Commingeois expose cinq de ses œuvres au haras de Tarbes, à l’occasion du festival Equestria.
Majestueux, ces chevaux de fer se dressent à l’entrée du haras de Tarbes. Le premier y a ses habitudes depuis quinze ans, acheté par la mairie en 2011. À l’occasion du festival Equestria, il a été rejoint par Querida, Queshua et Quartz, trois créations de l’année (d’où la lettre « Q »). Trois œuvres d’Emmanuel Kieffer, complétées par deux autres qui veillent jusqu’à ce dimanche sur l’entrée du manège, Kiss et Precioso, de plus de 350 kg chacune et pourtant d’une étonnante légèreté. « Ces trois chevaux ont été réalisés dans l’optique du concours complet international cinq étoiles de Pau. Les postures évoquent chacune des trois disciplines à travers le dressage, le galop et le saut d’obstacle », précise Emmanuel Kieffer.

Deux sculptures déjà sur Tarbes
Avant de rallier le Béarn, c’est donc dans la ville du cheval que le travail de l’artiste est mis en lumière. Pas une découverte pour Emmanuel Kieffer, dont une première sculpture, majestueuse, trônait déjà au haras suite à son acquisition par la ville de Tarbes en 2011. Une autre orne le parvis du Carmel. « J’ai déjà exposé ici, la dernière fois c’était après le Covid, explique cet ancien maréchal-ferrant (un héritage familial) qui a fait du cheval sa signature artistique. J’ai toujours eu ce côté artistique fort et ce penchant pour la ferronnerie. C’est une continuité de mon métier, de ce corps à corps avec le cheval. À travers ces créations, tout se rejoint. Là par exemple, pour celui qui saute, le défi était de faire tenir la sculpture de 220 kg sur ses deux membres postérieurs. Et ça tient, sans que le public ne voie le travail de conception derrière. L’acier permet ce genre de chose. C’est un matériau d’apparence dure mais qui permet des choses très légères, des mouvements infinis. »

Des imitations vendues en ligne
Des créations en acier corten, un alliage avec du cuivre à l’épreuve du temps, qui ne concède qu’un millimètre d’usure par siècle, et un thème quasi exclusif, le cheval. Mais sans usure non plus chez l’artiste. « C’est sans fin, souffle-t-il, aussi bien dans l’imagination que dans la réalisation. On peut faire des alliages différents, de la fusion, même des sculptures sablées, thermolaquées et peintes par des artistes, explique celui dont l’atelier est basé à Figarol dans le Comminges. On peut créer plus d’émotion comme sur le Kiss, avec cet enfant qui fait un bisou au cheval. Et puis le cheval, c’est le mouvement, la force, la liberté. Il y a une tendresse et une force, une esthétique. Ça parle à tout le monde. » À tel point que ses sculptures se vendent en Chine ou en Australie. On trouve même des imitations de ses créations, à l’origine douteuse, sur les grandes plateformes de e-commerce…