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PORTRAIT. « La musique, ça me sauve la vie » : le rappeur tarbais Souljawin revient sur le devant de la scène
Écrire pour survivre, rapper pour exister. Le rap tarbais s’affirme avec Souljawin, 27 ans, qui remonte sur scène à la Gespe dix ans après. Il revient sur sa passion pour la musique et l’écriture, la sortie de son premier album et ses futurs projets.
La première fois qu’il avait répondu à nos questions, il avait dix-sept ans. Déjà avant son tout premier concert, à la Gespe. On le retrouve dix ans plus tard, à 27 ans, un album derrière lui, et un nouveau concert de prévu lors d’une soirée hip-hop, dans la même mythique salle tarbaise vendredi soir.

Lunettes, veste et t-shirt noir, à l’extérieur d’un café de l’Arsenal, il ne semble pas vraiment stressé à quelques jours de l’échéance : « Ça va envoyer fort ! » Car le rap, Souljawin l’a dans la peau depuis un bon moment. L’assurance, c’est venu avec le temps. De sa chambre d’ado où il poste ses premières vidéos sur Facebook « avec un vieil ordi », s’amuse-t-il, aux premiers titres en studio enregistrés « grâce à un ami de la famille ».
Pourtant, il vient plutôt d’une famille de danseurs, mais « la musique prime, à la maison il y avait de tout : variété française, salsa cubaine… » Lui préfère très vite le rap. Ses inspirations ? « Diam’s, Sexion d’assaut, puis dans les années 2010 : Jul, SCH, Damso, Booba… Ils ont marqué une génération. »
Une « trinité », et un premier album
Mais tout s’accélère réellement ces dernières années. Grâce à la collaboration avec Yaovi, un « beatmaker », qui compose la musique, et de Sydrek qui réalise ses vidéos. « La trinité est importante », sourit le rappeur, qui démarre à travailler avec ces deux autres artistes tarbais en 2022.
« Avant ça je travaillais tout seul, je prenais des prods sur Internet, j’écrivais dessus. Maintenant on crée un univers. » Le résultat d’un long travail « pour créer cet album qui me ressemble bien ». L’album sort finalement en 2025, Radioactif, « fait avec les moyens du bord » dans une petite pièce insonorisée avec des matelas, qui « parle de ce qui se passe dans ma tête. »
Il lui faut presque six ans pour réunir les douze morceaux, « certains donnent de l’espoir, d’autres de la tristesse. Ça parle de la chimie du cerveau humain. Ça parle d’une image, d’un moment de ma vie. »
« La musique, ça me sauve la vie »
Car ce qui l’inspire, ce sont ses propres failles, qui l’ont parfois éloigné de l’écriture : « J’ai eu des pages blanches plusieurs fois dans ma vie, je me mettais trop de pression. Je n’ai pas l’écriture facile car je suis très perfectionniste. » Mais il y est revenu : « Maintenant j’accepte la page blanche, car après je reviens tellement plus fort. »

Alors il passe des heures et des heures à écrire, « quand j’étais petit j’avais besoin de dire des choses difficiles, dans l’écriture j’arrivais à me livrer ». Ses textes sont aujourd’hui plus percutants, incisifs, « sur des sujets plus profonds […] La musique ça me sauve la vie ».
Il présentera certaines nouvelles chansons vendredi soir, et se voit désormais monter sur scène plus souvent. Le rappeur s’y prépare grâce à l’accompagnement de l’équipe de la Gespe depuis plusieurs semaines.
Une passion qu’il conjugue avec une vie professionnelle plus « normale ». Mais une chose est sûre, Souljawin continuera bien son chemin dans le rap, à Tarbes ou ailleurs, car « le rap donne la voix aux personnes qui ne l’ont pas, il y a une sensibilité qui prend aux tripes. C’est la liberté de faire ce qu’on a envie de faire. »
