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Rachida Dati inaugure les nouvelles archives départementales de Tarbes : » J’avais une conception très poussiéreuse «
La ministre de la Culture a inauguré ce mercredi 26 novembre les nouvelles archives départementales de Tarbes. Une visite de courtoisie et de curiosité.
Elle n’avait pas pu se déplacer pour l’inauguration, le 4 novembre dernier. Qu’à cela ne tienne : Rachida Dati était présente ce mercredi 26 novembre pour visiter le nouveau bâtiment des archives départementales de Tarbes renommées maison de l’Histoire. Une parenthèse bienvenue en province, loin de la polémique du cambriolage du Louvre. Après avoir passé la matinée à Bayonne et à Cambo-les-Bains, la ministre découvre au premier étage la salle de recherches et son silence religieux. » C’est très bien les archives, cela s’adresse à tout le monde « , glisse-t-elle à Serge, un riverain qui planche sur de vieux documents. À quelques rangées de là, Rachida Dati très sobre toute en noir, s’attarde un long moment sur la Une de la Nouvelle République des Pyrénées du jeudi 6 avril 1961. Elle est épatée : » Toute cette actualité qu’on y trouve « . Michel Pélieu, le président du Département en profite pour lui faire lever les yeux : en haut, la charpente restaurée ouvre sur une partie vitrée » qui prolonge la perspective « .
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Voilà que le directeur des archives l’emmène dans la section des documents classés, devant les archives de la préfecture et des communes. Mais le clou du spectacle c’est sûrement la pièce vitrée de l’atelier de reliure et de restauration où Olivier Ixart prend en charge la visite. Il sait de quoi il parle, il est relieur, restaurateur et doreur. » Ici on est parti d’une reliure abîmée. En fonction de l’époque de l’ouvrage, on peut réaliser une reliure classique à la française ou créative « , lui explique-t-il en lui déposant Mémoires de la chanoinesse de Franclieu dans les mains.
Concert de casseroles à sa sortie
» Vous faites de la reliure tous les jours ? « , lui demande-t-elle, attentive. » Plutôt oui, c’est un métier agréable « . La ministre s’étonne ensuite des produits chimiques utilisés pour parvenir à une reliure : amidon, tylose, colle de pâte… Olivier Ixart la rassure : » On ouvre toujours la fenêtre lorsque l’on travaille « .
Sur un présentoir, elle tourne les pages d’un livre volumineux. La petite histoire qui va avec : un oncle a été retrouvé dans la couverture lors de la restauration. Peut-être celui du notaire qui l’a rédigé… Au micro, à la fin de la visite, elle le reconnaît : » J’avais une conception très poussiéreuse des archives avec plein de placards. En fait, c’est le milieu le plus vivant du ministère de la Culture. Un endroit plein de découvertes et d’histoires qui nourrit l’imaginaire « . L’Etat a injecté 4 millions d’euros dans ce projet de rénovation. La représentante de la Culture adresse aussi quelques mots à Gérard Trémège qui sonnent comme un message de soutien : » Tarbes vous doit tant « . À la sortie du site, dans le cortège du retour, Rachida Dati a probablement entendu de loin les casseroles qui claquent à l’angle de la rue. Car ici, près de 20 étudiants de l’école supérieure d’art et de design sont loin d’être séduits par cette visite. » On ne peut plus étudier dans de bonnes conditions surtout depuis que le poste de notre professeur de volume a été gelé. On manque de moyens financier et humain « , déplore une étudiante en quatrième année. » Tous les étudiants de l’école ont un job à côté car il est impossible de s’en sortir. On en a marre de cette précarité « , regrette une autre élève. Mais ce discours-là ne reprendra pas la route pour Paris.