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REPORTAGE. Polémique du Master Poulet à Saint-Ouen : « Ils attirent parce que c’est moins cher »… À Tarbes, les fast-foods redessinent le paysage culinaire du centre-ville


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À Tarbes, la restauration rapide prend une place de plus en plus importante dans le centre-ville. Ces nouvelles enseignes se multiplient, modifiant progressivement le paysage culinaire local et relançant le débat sur l’avenir des restaurants traditionnels face à cette concurrence à bas prix.

O’Tacos, Krousty Rice, Tacos Avenue… Dans le centre-ville de Tarbes, la restauration rapide gagne du terrain, au point de transformer le paysage culinaire local. En quelques années, ces enseignes de fast-food se sont multipliées dans la préfecture des Hautes-Pyrénées.

À l’intérieur de ces établissements, la décoration suit des codes standardisés : couleurs vives comme l’orange ou le violet, néons accrochés aux murs, mobilier en plastique ou en métal, visuels de plats affichés en grand… L’ambiance se veut moderne et accessible, pensée pour une clientèle jeune et loin du cadre plus chaleureux des restaurants traditionnels.

Un centre-ville en pleine recomposition

Symbole de la mutation que traverse Tarbes, comme tant d’autres villes moyennes, Le Moderne, véritable institution dans la ville, a laissé place à un O’Tacos en 2021. Un peu plus loin, La Colonne, autre restaurant emblématique, a fermé ses portes il y a un mois et reste pour l’instant sans repreneur, tandis que les ouvertures de fast-foods s’enchaînent dans le centre-ville. Dans cette ville qui compte plus de 5 000 étudiants, ainsi que trois lycées à proximité de la place de Verdun, en plein cœur de la ville, c’est un secteur particulièrement stratégique pour la restauration rapide.

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Florent Monteilhet, gérant d’un Bistrot Régent installé depuis 2014, ne se fait pour le moment pas trop de soucis face à cette nouvelle concurrence. « Ce n’est pas la même clientèle, mais il y a trop de restaurants. Depuis quelques années, c’est devenu compliqué, il n’y a pas assez de monde pour tout faire tourner », remarque-t-il.

À Tarbes, une densité de fast-foods parmi les plus élevées en France

« Ça ne nous gêne pas spécialement, chacun a le droit de travailler, mais il y en a énormément. C’est triste de voir certains établissements historiques remplacés par ça », analyse également la directrice du bistrot L’Europe, Estelle Gougé. Ashraf, serveur dans cet établissement, observe quant à lui une évolution rapide de l’offre de restaurants dans la capitale de Bigorre : « Ils attirent parce que c’est moins cher. Quand un sandwich est à sept euros, les clients vont là-bas. Depuis que je suis arrivé ici en 2020, j’ai vu la différence, beaucoup d’endroits sont remplacés. »

Selon une étude du Figaro publiée en 2023, Tarbes figure parmi les villes où la densité de fast-foods par habitant fait partie des plus élevées en France. Du côté des Tarbais, beaucoup d’habitants croisés dans les rues regrettent le nombre important de fast-foods dans leur ville. « Si ça ouvre, c’est que ça marche, mais j’ai du mal à comprendre l’engouement. Je préfère un plat du jour accessible dans un restaurant traditionnel plutôt que de la malbouffe », affirme Roxane. Un avis que partage Christelle, Tarbaise de toujours : « Il y en a trop, ça dessert les restaurants traditionnels. »

« Il y en a de plus en plus, et ce n’est pas forcément une bonne chose »

« Il y a beaucoup de fast-foods, ils sont surtout localisés dans le centre-ville. C’est dommage qu’il n’y en ait pas aux alentours, dans les périphéries, regrette pour sa part Chloé. Ça dessert les petits restaurants un peu cachés, alors que les fast-foods prennent beaucoup de place », note-t-elle.

Vincent, venu déjeuner avec sa fille au Krousty Rice pour la première fois, reconnaît un certain paradoxe : « On mange plus gras, moins raffiné. J’aimerais qu’il y ait plus de restaurants traditionnels. » Même discours chez Petelo, 66 ans : « Il y en a de plus en plus, et ce n’est pas forcément une bonne chose. On dit qu’on n’a pas le temps, mais rien ne vaut un repas fait maison. » D’autres pointent un manque de régulation. Antonio estime qu’ »il y en a trop, et pas forcément les bonnes enseignes. Cela pénalise les petits restaurateurs. »

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Pourtant, tout le monde ne voit pas cette évolution d’un mauvais œil. Hakan Ulucan, chef du kebab Kapadokya installé à Tarbes depuis un an, nuance : « Ici, il y a beaucoup de fast-foods, mais chacun peut trouver sa place. On arrive à s’en sortir. »



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