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Rugby Nationale : portes closes à Maurice-Trélut où le Stado n’a pas joué ce vendredi soir pour une triste première


Le stade Maurice-Trélut de Tarbes, autrefois animé, est aujourd’hui déserté. Le club historique du Stado TPR fait face à un dépôt de bilan, conséquence de difficultés financières persistantes. L’avenir du rugby tarbais repose désormais sur une association forte.

Maurice-Trélut, morne plaine ! Théâtre de nombreuses batailles par le passé, le stade de Tarbes est resté, ce vendredi soir, bien désert comme pour veiller un club historique et accompagner en silence le Stado vers son funeste épilogue.

Pas âme qui vive alors que la venue de Narbonne aurait pu enjouer les quelques centaines de supporters tarbais toujours fidèles malgré les tempêtes de ces dernières années. Mais les âmes des supporters sont en peine comme en témoignent les nombreux messages de soutien sur le site officiel du Stado TPR.

Ce vendredi soir, pas de match et on en vient même à regretter devant les grilles closes de Trélut, que les joueurs tarbais n’aient pas eu à s’incliner pour la 14e fois d’affilée cette saison malgré leur débauche d’énergie sur le terrain.

À l’heure du traditionnel coup d’envoi, pas âme qui vive à Trélut.
À l’heure du traditionnel coup d’envoi, pas âme qui vive à Trélut.
DDM – O.F.

Mais à la crise sportive est venue s’ajouter celle financière qui couvait depuis un moment et dont le départ de Lionel Terré, dernier président avant la nomination du directeur général, Philippe Rancoule, a révélé au grand jour.

Car le dépôt de bilan du club double champion de France (1920, 1973) ne date pas de ces deux derniers mois, depuis la mise sous séquestre des comptes du Stado en janvier dernier, mais est la conséquence d’années de difficultés chroniques comme des voies d’eau dans un navire que les présidents successifs ont tour à tour tenté de colmater. Souvent critiqués, jamais remerciés, il convient aujourd’hui de leur adresser un coup de chapeau pour avoir laissé à flot le navire tarbais parfois au prix fort….  

La bulle a éclaté la semaine dernière avec un déficit de 640.000 euros qui aurait fait rigoler les dirigeants des années Pro D2 quand le Stado en démontrait au voisin palois ou perdait (25-21) la finale 2003 face à Montpellier.

Les temps changent est de Charybde en Scylla ; de ProD 2 à Fédérale 1 avant la refonte vers la Nationale, les Tarbais n’ont jamais réussi à remobiliser les forces vives des Hautes-Pyrénées ou d’horizons plus lointains encore pour revoir les sommets.

Le pic du Midi se dresse pourtant toujours fièrement derrière les poteaux de Trélut mais semble demeurer désormais inaccessible.

Pour un temps ? Peut-être puisque les dirigeants ont promis que leur « priorité demeure la préservation de l’outil sportif et la recherche de toute solution permettant d’assurer la pérennité d’un projet rugbystique ambitieux et responsable ».

De nouvelles ambitions qui s’appuieront désormais sur une association forte qui, seule bonne nouvelle dans ce marasme, n’est pas touchée par le dépôt de bilan de la structure professionnelle.

Dans l’ombre, c’est pourtant sur ses épaules que reposent désormais les espoirs d’un redépart en Nationale 2 où évolue Lannemezan, ex-équipier des Tarbais, voire en Fédérale 1 qui sera animée ce dimanche du derby bigourdan entre Bagnérais et Lourdais. Un 2e acte des plus attendus, qui ne manquera pas de remplir les caisses… C’est toujours ça de gagné car les temps sont durs pour le rugby bigourdan.



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