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Service National Volontaire : 30 jeunes « appelés » au 1er RHP


l’essentiel
Voulu par le président de la République, le Service National Volontaire est en cours de mise en place. Comment, pourquoi ? Toutes les réponses avec le lieutenant-colonel Petitfils, Délégué Militaire Départemental Adjoint.

Le Service National Volontaire est sur ses rails. Même si ça y ressemble, ce n’est pas tout à fait le retour du fameux « service militaire » et ses contingents d’appelés. « Non, c’est différent », précise le lieutenant-colonel Petitfils, Délégué Militaire Départemental adjoint, « d’abord parce qu’il est volontaire, ce qui veut dire seuls, et seules, ceux ou celles qui en feront la demande seront admis, il n’y a pas d’obligation. » Mais il s’inscrit dans une logique tournée vers les jeunes. « Depuis la fin du service militaire, les armées se sont toujours attachées à garder un lien avec la jeunesse, au travers des mondes associatifs et sportifs, et de manière plus concrète via l’opération Les cadets de la défense, les journées nationales de la réserve, les classes défense. L’idée, c’est de maintenir un lien entre la nation et ses armées. »

« Servir la nation »

Mais là, on passe un cap, y compris avec son prédécesseur, le Service National Universel. « Oui, il s’agit d’un engagement de 10 mois, qui se déroule intégralement au sein d’un régiment. Le premier mois est appelé « de formation », avec initiation au maniement des armes, au sauvetage, au combat. Ensuite, pendant 9 mois, les jeunes assurent des missions au sein du régiment, du soutien logistique dans tous les domaines, maintenance, restauration, informatique, notamment la cyberdéfense. Ils peuvent aussi participer à des missions du type Sentinelle. » Mais pour autant, pas question d’aller au combat. « Non, même s’ils sont intégrés à un régiment opérationnel, comme le 1er RHP en ce qui nous concerne, ils ne participent pas aux opérations extérieures, ils restent sur le territoire français. Servir la nation, ça recouvre plusieurs domaines, il n’y a pas que les armes. » Payés 800 € bruts par mois, les jeunes sont hébergés et nourris gratuitement. Ce qui implique de « vivre » dans les casernes. « C’est ça qui est intéressant, d’apprendre à vivre en équipe, en groupe, de s’enrichir d’une expérience humaine, de se nourrir de la mixité sociale. Et de donner un sens, ou plutôt de redonner aux jeunes un rôle actif dans la défense du pays, recréer un esprit de défense nationale. »

Pour qui ?

Pour tous les jeunes hommes et femmes âgés de 18 à 25 ans. Les candidats doivent s’inscrire sur les sites des différents corps d’armée, ou appeler le numéro dédié (09 70 84 51 51). Dans quelques semaines, le SNV sera aussi intégré à la plateforme Parcoursup et peut même être coché comme une année de césure pour les étudiants. Une première sélection est faite, les affectations se font en fonction des compétences et des aspirations, puis ce sont des entretiens individuels et une visite médicale, probablement dans les régiments. Dans le département, c’est pour l’heure le 1er RHP qui va au front. « Oui, à l’automne, 30 jeunes seront intégrés. Et ça montera en puissance, on devrait monter rapidement à 100 jeunes par an. » C’est que le dispositif est appelé à s’étoffer. Au niveau national, ce sont 3 000 jeunes qui seront intégrés en 2026, un chiffre qui devrait atteindre 10 000 en 2030 et 50 000 en 2035. Et dans ces contingents, est-ce que les armées n’ont pas comme but de « faire leur marché », et de recruter ? « L’objectif premier, c’est de créer une unité nationale basée sur la défense, et d’offrir aux jeunes une expérience que nous souhaitons enrichissante dans leur parcours, qui pourra figurer sur leur CV comme un élément positif. Mais évidemment, si des jeunes sont attirés par une carrière militaire, ce sera encore plus facile pour eux de s’engager par la suite, ils auront, en quelque sorte, les prérequis nécessaires. »



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