Actualités Hautes-Pyrénées
Son ami meurt après un accident avec la moto qu’il conduisait, il est condamné pour homicide involontaire
Un tragique accident de moto survenu à Tarbes en août 2023 a coûté la vie au passager, ami du conducteur. Ce dernier a été condamné pour homicide involontaire par le tribunal de Tarbes.
C’est une scène terrible, qui, des années après, est décrite dans la salle d’audience du tribunal de Tarbes. Ce jour d’août 2023, Marc* récupère Julien*, un de ses amis, à la gare, qui monte à l’arrière de sa moto. La moto redémarre, et alors qu’il est en train de doubler par la gauche toute une file de voitures arrêtées au feu, l’une d’entre elles déboîte pour tourner à gauche.
À lire aussi :
Un motard de 38 ans meurt dans une collision à Tarbes, son passager est en urgence absolue
Le motard n’a pas le temps de s’arrêter, il tente de l’éviter, mais sa moto est entraînée. « Elle a traîné mon véhicule sur les dix mètres qui restaient. Quand je me suis retrouvé au sol, la voiture était encore en train d’accélérer. J’ai tapé sur le capot plusieurs fois. J’ai cherché mon ami partout, je ne l’ai pas vu », raconte le prévenu.
Son ami, alors âgé de 38 ans, décédera sur le coup. « J’ai appris bien après, à l’hôpital, que mon ami était décédé. Par chance, je m’en suis sorti avec de grosses brûlures, des hématomes… Je n’ai plus de peau de ce côté-là depuis trois ans », pointe-t-il vers son corps.
Il roulait « entre 50 et 55 km/h »
La conductrice n’a pas été mise en cause, ni au cours de l’enquête, ni par la justice. À la barre, c’est le conducteur de la moto qui vient répondre de faits d’homicide involontaire. Il roulait alors « entre 50 et 55 km/h » selon l’expert. « La limite autorisée, si on est sur une route qui n’est pas encombrée par d’autres véhicules […] on doit adapter sa vitesse », a rappelé le procureur. « Normalement, en agglomération, c’est interdit de doubler, c’est une règle », a abondé la présidente du tribunal.

Un déroulé des faits que n’a pas contesté le prévenu, expliquant tout de même que la conductrice aurait mis son clignotant « au dernier moment », mais « si j’ai fait une erreur, ça arrive à tout le monde, on est humain ».
« On a toujours envie, lorsqu’on perd un ami, d’atténuer le poids de cette responsabilité, mais en l’occurrence, je n’en trouve pas », a conclu le procureur, avant de requérir deux ans de prison avec sursis simple, l’annulation du permis de conduire et l’interdiction de le repasser pendant six mois.
« Pas seulement un nom dans un dossier »
Dans la salle, l’avocate des parents de Julien revient sur la vie de celui qui est absent, victime de cet accident. « Ce n’est pas seulement un nom dans un dossier, mais un frère, un demi-frère, un fils, qui ne pourra jamais revenir auprès de ses parents », revient-elle sur « cet enfant de la campagne, discret ».
Les parents ont notamment demandé que les frais d’obsèques soient pris en charge. Ils souhaitent que leur fils, pour l’instant inhumé à Tarbes, soit rapproché de leur domicile, entre l’Aveyron et le Tarn.
Une version nuancée par l’avocate de la défense, qui a expliqué que la victime « n’avait plus du tout de relation avec sa famille, il n’avait que son petit ami et ses amis. Il a été enterré dans une fosse commune, sans un seul membre de sa famille », interpellant également le tribunal sur la conductrice, qui n’a pas été mise en cause : « Le corps va se retrouver sous le véhicule, il va être traîné par le véhicule de madame. Pour quelles raisons n’a-t-elle pas été inquiétée par cette procédure ? »
Le tribunal a finalement condamné Marc à six mois de prison avec sursis et deux mois de suspension du permis de conduire. Il devra verser 25 000 euros à chacun des parents au titre du préjudice d’affection. L’affaire a été renvoyée sur intérêts civils pour les frais d’obsèques.