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Tarbes : canicule, finances et écoles au programme du conseil municipal avec un plan pour combler « vingt ans de retard » dans les établissements
Malgré la canicule, le conseil municipal de Tarbes a été particulièrement apaisé. Compte financier, stationnement, vidéoprotection, tous les sujets ont fait consensus. Même l’urgence de rénover les écoles face au réchauffement climatique, un problème à plusieurs inconnues qui n’a toutefois pas encore été tranché.
Les braises de la canicule encore fumantes, avec des écoles et des crèches fermées en raison des températures notamment, on s’attendait à un conseil municipal brûlant ce lundi soir. Il n’en fut rien. La faute peut-être au toujours très éprouvant compte financier unique, le premier de la nouvelle municipalité, mais qui traitait de la précédente mandature, présenté par Pierre Lagonelle. Non sans qu’auparavant, le nouveau maire eût quelques mots pour son prédécesseur : « Quand Gérard Trémège a été élu en 2001, le budget de la ville était de 62 M€ et la dette de 91 M€. La ville était proche de la mise sous tutelle, rappellera Pascal Claverie. Aujourd’hui, le budget est de 97 M€ et la dette de 57 M€. Il a renversé la situation de la ville. Peu importent les considérations, je veux dire ma reconnaissance et mon respect pour ce travail. Il a transformé et désendetté cette ville. »
Héritage et hommage
Un hommage appuyé qui fera tiquer Eric Peyrègne. « Vous n’avez pas non plus semblé très heurté à l’idée de défendre tout ça, vous qui montiez au créneau régulièrement par le passé, adressera-t-il à Pierre Lagonelle. Or l’épargne nette, la trésorerie est inquiétante et la dette augmente, ce qui fait craindre qu’on ne soit pas autonome structurellement, sans économie drastique. » « J’ai été très neutre dans mon rapport, répondra l’adjoint aux finances. Et l’endettement est en baisse depuis deux ans. » Bruno Despres s’est inquiété que « le programme le plus dépensier présenté aux Tarbais ne conduise à des choix prioritaires ». Parmi ceux-là, la nouvelle municipalité a tenu à faire le point sur les APCP, ces programmes qui s’étalent sur plusieurs exercices. « Nous allons en clore certains et en ouvrir d’autres afin de pouvoir agir, à l’image de la Villa des arts pour laquelle nous irons chercher des financements », a précisé le maire.
Plus d’opérateurs avant plus de caméras
Pour le reste, la question de la sécurité avec le recrutement de quatre agents pour le centre de supervision urbaine (CSU) a été au cœur des débats, tout en faisant l’unanimité. « Tarbes compte 79 caméras dont cinq seulement sur l’Arsenal quand Bordères en a une cinquantaine. Nous voulons monter à plus de 150 caméras ? C’est un défi encouragé par l’État et Mme la procureure. Nous avons besoin de ces opérateurs derrière les écrans pour réagir vite en cas d’événement et faire intervenir les policiers. » Unanimité donc comme sur chacun des 47 points à l’ordre du jour, comme la gratuité du stationnement pour les professionnels du maintien à domicile dans l’exercice de leurs fonctions ou la création à titre expérimental du ticket deux heures gratuites pour les stationnements sur les parkings Brauhauban et Verdun, à destination des commerçants et des associations de commerçants pour récompenser leurs clients (la mairie y contribuant aux deux tiers).
Les mots du maire lors du dernier conseil ont également été remis sur le tapis par Véronique Dutrey qui les a jugés « insultants et méprisants. Les maintenez-vous ou est-ce que vous vous excusez ? » Réponse de Pascal Claverie : « Je vous comprends mais je ne vais pas m’excuser. Essayons d’avoir une manière plus civilisée de nous parler les uns les autres, j’y veillerai. »
Prioriser les écoles à rénover
La question de la canicule aura donc soufflé sur les dernières braises du débat. C’est Marianne Sentana, enseignante, qui allumera la mèche. « A-t-on un diagnostic des écoles et des crèches les plus exposées à la chaleur ? Il y a urgence à mettre en place un plan d’adaptation de nos établissements. Parents, enfants et personnels attendent des engagements concrets et peut-être une feuille de route pour préparer nos écoles à ce réchauffement climatique. » Sur le grill, le maire a concédé que « nos écoles ne sont pas préparées, avec vingt ans de retard, sans double vitrage, sans isolation des murs, sans cour végétalisée, à l’exception de Jean-Macé. Pour les réhabiliter, il y en aura pour beaucoup d’argent. Il faut prioriser ces travaux avec neuf écoles à traiter. On ne les fera pas toutes en même temps, mais déjà une ou deux assez rapidement… » Important pour Pascal Claverie qui a rappelé que plus de 17 000 Tarbais avaient moins de 30 ans.