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Tarbes. Les castors : un quartier construit sur la solidarité
A la frontière entre Tarbes et Aureilhan se trouve un quartier connu de tous. Mais connaissez-vous son histoire ?
Imaginez. Vus êtes au début des années 1950. La France se reconstruit mais le manque de logements fait rage. A Tarbes, À Tarbes, l’Arsenal et l’industrie aéronautique tournent à plein régime, attirant une main-d’œuvre massive. Mais où se vivre ? Là est la question pour des milliers d’ouvriers.
C’est dans ce contexte d’urgence qu’émerge en 1954 l’association « Castor Aïdot ». Composée d’ouvriers, elle a pour but de substituer l’épargne financière, qui leur fait défaut, par un investissement humain collectif. C’est le principe de l’ »apport-travail ». La tâche est rude. Prendre un terrain de 21 hectares dans les secteurs alors ruraux de la Pourtète et de Bagatelle et construire et construire près de 390 logements. Le chantier débute un an plus tard. Après leurs journées à l’usine, maçons, charpentiers et terrassiers s’unissent pour construire l’avenir. Afin de garantir une implication totale, personne ne savait quelle maison il habiterait. Les pavillons étaient construits en série, de manière standardisée, et ce n’est qu’une fois le chantier achevé que l’attribution se faisait par tirage au sort.
Au delà de la solidarité des castors, ce nouveau quartier apporte aussi son lot de modernité comme des pavillons avec l’eau courante et jardin pour les ouvriers. La cité-jardin est aussi très présente dans la construction de son urbanisme. Aujourd’hui, le lotissement des Castors n’est plus une enclave à la lisière de la ville, mais un quartier central et prisé. La ville d’Aureilhan a su accompagner cette mutation par la réhabilitation de la place Florence et des voiries, tout en veillant à préserver l’âme du quartier.
Aujourd’hui, le quartier des castors nous apprend qu’un logement n’est pas uniquement un toit, , mais le fruit d’un engagement citoyen. La présence de la deuxième, voire de la troisième génération dans certaines maisons, témoigne d’une stabilité sociale et d’un sentiment d’appartenance hors norme.