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TÉMOIGNAGES. France-Espagne : « Peu importe le résultat, je serai fière des deux », le dilemme de ces Espagnols qui vivent à Tarbes
À l’approche de la demi-finale de Coupe du monde entre la France et l’Espagne, l’affiche fait naître des émotions bien différentes chez les Tarbais ayant des racines de part et d’autre des Pyrénées. Chacun vivra la rencontre à sa manière.
Ce mardi soir se tient la demi-finale de la Coupe du monde de football entre la France et l’Espagne. Une affiche particulière pour les nombreux Tarbais liés aux deux pays. Si certains auront le cœur partagé, d’autres n’hésitent pas une seconde sur l’équipe qu’ils soutiendront.
Le cœur partagé entre deux pays
Arrivée en France à ses 18 ans, Anabel est née et a grandi en Espagne. Si elle reconnaît que la France l’a construite sur le plan personnel et professionnel, ses racines restent de l’autre côté des Pyrénées. « Je suis très mitigée. L’Espagne, c’est mon pays de naissance, c’est le pays qui m’a vue grandir, mais la France, c’est le pays qui m’a tout donné et qui a fait qui je suis aujourd’hui. Mais mes racines sont plutôt en Espagne. C’est du 55/45 % ». Pour elle, cette demi-finale est avant tout une source de fierté : « Ce sont mes deux pays. Peu importe le résultat, je serai fière des deux ». Ainsi, qu’importe l’issue de la rencontre, Anabel est assurée de voir un pays qu’elle apprécie décrocher sa place en finale.
À l’inverse, Sarah, Tarbaise d’origine espagnole via sa grand-mère maternelle, est incapable de choisir son camp : « Je pense que, quelle que soit la nation qui gagne, je serai très contente. Je n’ai pas de préférence pour l’une ou pour l’autre. Je suis très fière de mes origines espagnoles, mais je suis aussi pour la France. Qui je préfère, je ne pourrais pas le dire », explique-t-elle. Pour elle, cette demi-finale est avant tout une belle affiche, même si elle aurait préféré voir les deux sélections se retrouver en finale : « J’aurais préféré que ce soit une finale. Là, c’est dommage qu’il y en ait une qui s’arrête en demi-finale », regrette-t-elle.
Des rivalités dans la bonne humeur
À l’inverse, Marie-Christine ne laisse aucune place au doute. Bien qu’elle vive en Espagne depuis vingt et un ans et que ses grands-parents soient espagnols, le soutien de cette Tarbaise d’origine ira sans hésitation aux Bleus : « Je suis française jusqu’au bout des ongles. Je suis née en France et je revendique mon pays », affirme-t-elle. Dans sa famille, les préférences divergent : sa fille soutient elle aussi la France, tandis que son gendre sera derrière la sélection espagnole. Malgré cela, l’ambiance reste bon enfant : « Il n’y a pas de dispute, chacun supporte son pays », explique-t-elle.
Marie-Christine espère malgré tout voir la France s’imposer, notamment pour répondre à ce qu’elle perçoit comme un excès de confiance chez certains supporters espagnols : « Ils sont tellement chauvins, ils sont tellement sûrs d’être les meilleurs que j’espère qu’on va leur prouver le contraire ». En cas de victoire de l’équipe de France, elle reconnaît qu’elle ne se privera pas d’envoyer un message à ses collègues de bureau espagnols : « J’ai une conversation WhatsApp professionnelle, je vais leur envoyer un message en me disant tenez, voilà pour vous », confie-t-elle en riant.