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« Traiter les difficultés des entreprises au plus tôt » : l’appel du tribunal de commerce pour réduire les liquidations judiciaires


l’essentiel
L’audience solennelle du tribunal de commerce de Tarbes s’est tenue ce vendredi. L’occasion de valider l’élection des neuf juges consulaires et de dépeindre la santé économique du département.

C’est un exercice habituel auquel le président du tribunal de commerce, Jean-Michel Julian, s’est plié ce vendredi à l’occasion de l’audience solennelle. Ce rendez-vous a été l’occasion d’entériner les élections du 10 octobre des neuf juges consulaires. Parmi eux une nouvelle, Laetitia Brochec, qui codirige deux entreprises de maçonnerie à St-Laurent de Neste et une de menuiserie à Andrest, et deux revenants, Olivier Boyer, associé dans un cabinet d’assurances, et Abdelmalik Ben Mohamed, associé dans un cabinet d’expertise comptable, ont prêté serment. Un trio qui rejoint les sortants : Jean-Michel Nabias, Pierrette Broueilh, Jean-Michel Julian, Christophe Marquet, Mathieu Lagorce et Jean-Claude Barcos.

C’est le procureur qui s’est exprimé le premier évoquant les « projets de réforme en discussion pour lesquels tous les juges ont à cœur de se former pour rester à jour ». Et de pointer la hausse des sanctions « envers les dirigeants peu scrupuleux qui jouent avec l’argent des autres ». Autre enjeu d’importance, « anticiper les difficultés des entreprises avec un protocole pour s’assurer que les sociétés fassent connaître leur situation en toute transparence, en présentant leurs comptes. Ça permet aussi de mettre hors jeu d’éventuelles sociétés fictives, pour une vie des affaires plus saine et sécurisée. Globalement, le bilan est très positif. »

Le président du tribunal de commerce a ensuite fait le lien entre 2025 et 2026. « Les entreprises en difficulté occupent une place centrale dans nos activités, a rappelé Jean-Michel Jullian. Nous faisons face à un nombre d’injonctions de payer élevé qui témoigne de la vigilance des créanciers. La dette demeure un engagement dont l’inexécution appelle une réaction. Mais cela traduit aussi des ouvertures de procédure tardive et donc des marges de redressement étroites pour sauvegarder l’activité et l’emploi. Quand la cessation de paiements est différée, l’équilibre est très fragile. D’où l’idée de traiter les difficultés au plus tôt. Or des arrangements reculent parfois tout ça… » Le président a aussi évoqué l’intelligence artificielle « un outil d’aide à la décision mais qui n’a ni vocation à juger, ni à se substituer au magistrat » et cet objectif de réduire les délais et les coûts.

Peu de procédures collectives, mais beaucoup de liquidations

Au niveau du contentieux, 157 affaires nouvelles ont été enregistrées en 2025 contre 110 en 2024. Concernant les procédures collectives, 165 jugements ont été ouverts, un chiffre stable alors que la tendance est à la hausse en France, mais qui débouche dans plus de 80 % des cas par des liquidations judiciaires et non des redressements. « L’objectif est de réduire le nombre de contentieux en augmentant les procédures amiables. Les entreprises doivent être félicitées car elles subissent beaucoup sur le plan géopolitique entre les conflits, la dette française, le budget qui n’arrive jamais. Tout ça est difficilement entendable pour les entrepreneurs. La crise budgétaire impacte l’activité et le moral des patrons. Or ce sont les entreprises qui créent la richesse de notre pays. L’avenir ne peut se construire que dans la sérénité. » Et de citer les secteurs les plus touchés comme la construction, le commerce, la restauration, l’immobilier… « Il en faut peu pour revenir à une croissance forte. »



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