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« Tu vas mourir d’un féminicide » : un militaire tarbais condamné pour violences contre son ex-compagne


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Insultes, coups… Un militaire tarbais, au lourd casier judiciaire, a comparu devant le tribunal de Tarbes pour violences contre son ex-compagne, en présence de leur fils de quelques mois. La victime avait pu filmer plusieurs scènes d’agressions grâce à une caméra de vidéosurveillance dans la maison.

C’est un militaire déjà derrière les barreaux depuis près d’une semaine qui comparaît devant le tribunal de Tarbes. Pourtant, l’homme qui s’était d’abord présenté il y a quelques mois en audience de comparution immédiate était resté libre sous contrôle judiciaire, en attente du renvoi du procès. Il est aujourd’hui accusé de violences conjugales contre son ex-épouse. Mais depuis, il a enfreint l’interdiction d’entrer en contact avec la victime par des appels et des messages, ce qui a conduit la justice à le mettre derrière les barreaux.

Cette affaire, finalement jugée le 10 février devant le tribunal de Tarbes, détonne d’abord de par l’emploi du prévenu : Julien*, militaire à Tarbes, qui occupe un poste important dans son régiment. Surtout que ce dernier avait déjà trois mentions à son casier judiciaire pour des faits de menaces de mort et transport d’armes, vol et violences avec armes, et conduite sous état alcoolique. Face à la présidente du tribunal, et à l’avocate de son fils, qui s’étonnent de la poursuite de ses fonctions, et s’interrogent sur ses projections suite au procès, le prévenu soutient : « Je visualise uniquement mon avenir à l’armée. Je ne visualise pas autre chose. »

Pourtant, les faits qui l’amènent aujourd’hui devant le tribunal sont lourds. Des actes de violence contre son ex-épouse, rencontrée en 2022. En 2024, un fils naît de cette relation. Pourtant, c’est un climat difficile que Sophie*, son ex-compagne, décrit lors des dépositions : « Elle explique que régulièrement vous lui opposiez qu’à tout moment vous pouviez la quitter et trouver quelqu’un d’autre. Que dès le début de votre relation vous l’avez régulièrement insultée » déroule la présidente du tribunal. Allant jusqu’aux menaces de mort : « Toi, tu vas mourir d’un féminicide, que ça soit de moi ou d’un autre homme », « attention quand tu es dans la baignoire, un sèche-cheveux pourrait tomber dans l’eau. »

Elle filmait les violences

Des mots qui s’ajoutent aux violences physiques. Dès 2023, la victime décrit des disputes, « avec coups, plusieurs fois elle dit qu’elle n’a pas de souvenir précis, et que parfois le lendemain elle avait des bleus et des blessures, qu’elle prenait en photo » explique la présidente.

Jusqu’au point où Sophie va utiliser la caméra de vidéosurveillance pour filmer les faits. Dans la salle, la vidéo diffusée montre ainsi le prévenu et la victime en pleine dispute. Elle reçoit alors un coup de genou, puis il l’attrape par les cheveux, alors qu’elle porte le bébé dans les bras. Car l’arrivée de l’enfant ne changera rien. Au contraire, il aurait eu des mots particulièrement violents, selon la victime, affirmant qu' »un bébé ça peut se tuer très facilement, que ça peut passer comme un accident. » Et d’autres vidéos et enregistrements audios témoignent des excès de violence du prévenu. Un vrai traumatisme pour son ex-compagne, même plusieurs mois après avoir réussi à fuir cette situation. Elle témoigne à la barre d’avoir « constamment des cauchemars, je cherche à quel moment le coup prochain va venir, comme si je vivais toujours de l’intimidation de sa part à distance. »

Le procureur décrit ainsi : « Un individu violent, qui a un mépris pour la femme absolument incommensurable, on le retrouve dans ses propos, dans les témoignages, le récit de la victime. »

Julien a été condamné à 18 mois de prison, dont 12 mois avec sursis probatoire de deux ans. Avec interdiction de rentrer en contact avec la victime, obligation de suivre un stage sur les violences conjugales, poursuite de soins, privation du droit d’éligibilité pendant cinq ans.

Le tribunal a également prononcé le retrait de l’autorité parentale.

*Les prénoms ont été changés.



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