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Une conductrice de poids lourd s’en prend à une monitrice d’auto-école : comment la leçon de conduite a viré à l’agression ?


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Une altercation sur la route, née d’un simple calage en leçon de conduite, a dégénéré jusqu’au tribunal de Tarbes. Une conductrice de poids lourd a été reconnue coupable de violences envers une monitrice d’auto-école.

« Ces faits sont habituellement perpétrés par des hommes. » D’emblée, le procureur a donné le ton d’une audience peu ordinaire, jugée devant le tribunal de Tarbes. Face aux magistrats, c’est une femme à la solide carrure, dans la soixantaine, qui s’est avancée à la barre. Profession : chauffeur poids lourds, 35 ans de métier.

Poursuivie pour des violences sur une monitrice d’auto-école, la prévenue est apparue sûre d’elle. « Des insultes, oui… Mais des violences, non », a-t-elle d’abord affirmé. Une version qui a vacillé au fur et à mesure que la présidente a fait le récit de ce qui aurait pu être une banale altercation entre deux conductrices, mais qui s’est soldée par un véritable traumatisme pour la monitrice.

Ce jour-là, cette dernière dispense une leçon de conduite à un jeune élève, accompagnée d’une stagiaire, lorsque leur véhicule est suivi de près par un poids lourd. À l’approche d’un premier rond-point, l’apprenti conducteur cale. Derrière, la conductrice du camion s’impatiente et klaxonne. Quelques mètres plus loin, au second rond-point, la voiture cale à nouveau. Nouveau coup de klaxon, et la tension monte d’un cran.

« Ici, ce n’est pas le Far West »

« La monitrice a déclaré qu’elle a simplement levé la main pour désigner le panneau « auto-école » sur le toit du véhicule, afin de vous rappeler la situation », a poursuivi la juge. Un geste que la prévenue dit avoir interprété comme un doigt d’honneur.

La scène bascule quelques instants plus tard, à hauteur d’un feu de chantier. Les trois occupants de la voiture-école affirment que la routière s’est arrêtée très près de leur véhicule avant de descendre de son camion, proférant des insultes particulièrement virulentes. Elle aurait alors sommé la monitrice de sortir pour « s’expliquer ».

La monitrice verrouille les portes et reste à l’intérieur. Mais la vitre étant légèrement ouverte, la prévenue passe le bras, saisit la monitrice par le bras et les cheveux et tente de la tirer. « Un geste qui constitue bien une violence », a rappelé la présidente.

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Impassible, la conductrice a maintenu sa version. « J’ai eu des mots, oui. Mais je ne l’ai pas frappée », a-t-elle répété. « On ne vous reproche pas d’avoir tapé, mais d’avoir agrippé. Ici, ce n’est pas le Far West », a grondé la magistrate. « Si c’est considéré comme de la violence, alors oui, j’ai été violente », a lâché dans un murmure la camionneuse acculée.

Un parcours sans faute

Pour le ministère public, ce comportement est « inacceptable pour une professionnelle de la route. Les jeunes n’ont-ils pas le droit d’apprendre à conduire ? », a interrogé le procureur, qui a requis 3 000 euros d’amende, dont 2 500 euros avec sursis.

La défense, assurée par Me Claverie, a plaidé un geste isolé dans un parcours sans faute. « En 35 ans, elle n’a jamais eu affaire à la justice. Elle transportait ce jour-là une cargaison dangereuse et a estimé que la monitrice n’aurait pas dû faire ce geste », a-t-il soutenu.

Le tribunal a finalement reconnu la routière coupable. Elle a été condamnée à 1 500 euros d’amende, dont 1 000 avec sursis, et devra indemniser la victime pour le préjudice moral subi.



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