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« Une épreuve que j’attends depuis longtemps » : le maire de Tarbes Gérard Trémège « confiant » avant son procès qui débute lundi
Le procès de Gérard Trémège, maire de Tarbes, s’ouvre enfin cette semaine à Pau après des années de rebondissements judiciaires. Accusé de favoritisme et prise illégale d’intérêts, il rejette fermement les accusations. Quelle sera l’issue de ce feuilleton politique ?
« J’y vais confiant. C’est une épreuve que j’attends depuis longtemps. Je vais l’affronter avec sérénité et confiance » : le maire de Tarbes Gérard Trémège exprime une certaine impatience voire une forme de délivrance à l’idée de pouvoir s’expliquer devant la justice.
À moins de quatre mois des élections municipales, c’est un procès très attendu sur le plan politique, et l’épilogue d’un feuilleton judiciaire long de plus d’une décennie, qui aura lieu au tribunal de Pau la semaine prochaine.
Reporté à plusieurs reprises faute de magistrats, le procès de Gérard Trémège et des marchés publics de la ville de Tarbes, prévu initialement du 3 au 7 mars aura finalement lieu cette semaine, du lundi 17 au vendredi 21 novembre au tribunal de Pau.
La plus grande salle du Palais de justice, celle dédiée à la cour d’assises avec une soixantaine de places assises, a été réservée pour accueillir un public attendu nombreux, avec la possibilité de mettre en place une salle supplémentaire, si besoin.
Le président du tribunal est mobilisé durant deux mois pour préparer et ensuite rédiger un dossier qui comprend pas moins de 50 tomes.
Neuf personnes comparaîtront devant le tribunal
Mis en examen en 2015, le maire de Tarbes comparaîtra devant le tribunal de Pau pour prise illégale d’intérêts et favoritisme dans le cadre d’une affaire de marchés publics, ainsi que huit autres personnes (trois chefs d’entreprise, l’architecte Joris Ducastaing, l’ancien directeur général des services de la ville de Tarbes Michel Caillaud et trois anciens chefs de service). La CGT des services territoriaux de la ville de Tarbes qui réclamait « ce moment de vérité » depuis longtemps, par la voix de son secrétaire Gilles Haurie, s’est constituée partie civile.
Les faits se seraient déroulés entre 2009 et 2015 et portent sur les conditions d’attribution de certains marchés publics et l’achat et la revente de terrains municipaux.
Une information judiciaire contre X visant des irrégularités dans des transactions au sein de la mairie de Tarbes, avait été ouverte.
Quatre personnes mises hors de cause
Et l’enquête a donné lieu à de nombreuses perquisitions y compris au domicile du maire et à des placements en garde à vue qui ont débouché sur la mise en examen de 13 personnes dont 4 ont bénéficié d’un non-lieu.
Ainsi, depuis le début de l’affaire en 2013, les poursuites pour trafic d’influence, corruption et détournement de fonds initialement retenues, ont été abandonnées par la justice, tout comme au moins deux autres personnes proches de l’entourage du maire de Tarbes ont été mises hors de cause.
En juillet 2023, dans nos colonnes, le maire avait joué la transparence en estimant qu’il serait sans doute condamné pour des délits de favoritisme commis « dans la forme mais pas délibérément. Parce qu’il manquait des pièces, des entreprises auraient dû être écartées et ne l’ont pas été. C’est le cas sur le chantier de réhabilitation du marché Brauhauban ».
Mais Gérard Trémège rejette en bloc les accusations de « prises illégales d’intérêt ». Il serait intervenu pour modifier le zonage d’un terrain, près de la concession Audi, qu’il aurait vendu à un acquéreur ? « Il n’y a jamais eu d’intervention de ma part, puisque c’était inondable ! » répondait-il dans nos colonnes.
On l’accuse d’avoir fait monter les honoraires du commissaire aux comptes d’entreprises qui ont bénéficié de commandes publiques, sociétés pour lesquelles il était l’auditeur légal des comptes, bien avant d’être maire ? « C’est faux, j’ai les factures ! » rétorquait-il.
Le maire de Tarbes et ses avocats auront tout le loisir de se défendre devant le tribunal de Pau, lors d’un procès qui pourrait avoir des répercussions politiques sur la campagne des élections municipales.