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Vidéo incitant à la violence contre la police : le préfet des Hautes-Pyrénées porte plainte
Une vidéo d’étudiants de l’école supérieure d’art et de design (ESAD) des Hautes-Pyrénées suscite la polémique. Elle montre la destruction d’une piñata en forme de voiture de police, dénonçant les violences policières. Le préfet condamne et annonce une plainte.
Une vidéo des étudiants de l’école supérieure d’art et de design (ESAD) des Pyrénées à Tarbes a mis le feu aux poudres.
Diffusée le 16 février dernier sur leur compte Instagram, elle montre plusieurs (quatre ou cinq) élèves masqués et cagoulés, en train de détruire une piñata, c’est-à-dire une boîte en carton représentant une voiture de la gendarmerie nationale.
La piñata libère « des articles de presse faisant état de crimes policiers en France et à l’international » selon la formulation des élèves qui se disent « en lutte ». Cette vidéo est censée « dénoncer les violences policières, systémiques et racistes » d’après les dires des étudiants.
« L’école se désolidarise de ces agissements »
Dans un communiqué, le préfet annonce qu’il « condamne fermement ces agissements et va déposer plainte ».
Président du conseil d’administration de l’établissement en tant qu’élu de la ville de Tarbes, le premier adjoint Gilles Craspay « dénonce aussi le contenu de cette vidéo. Bien entendu que l’administration de l’école se désolidarise de ces agissements que je découvre et qui ont eu lieu en dehors du cadre scolaire. C’est consternant. Les étudiants ont voulu faire du zèle en soutenant leurs collègues de Mulhouse, à l’insu de la direction et de l’école. Nous nous réservons la possibilité de prendre des mesures mais il est encore prématuré pour en parler ».
Une première vidéo qui avait fait scandale dans le Rhin
D’autant que cette vidéo « est significativement publiée à la suite et en soutien à celle réalisée par la Haute École des Arts du Rhin de Mulhouse » souligne-t-il.
Lors d’une fête étudiante rassemblant une quarantaine de personnes, le 29 janvier dernier, on peut y voir deux participants aux yeux bandés détruisant à coups de bâton une piñata en forme de voiture de police.
Tandis que le drapeau tricolore portant l’inscription « Police Nationale » apparaît éventré.
Saisie par le préfet, la Justice avait ouvert une enquête pour « outrage » aux forces de l’ordre et au drapeau tricolore.
Un acte également condamné par la maire de Mulhouse Michèle Lutz et le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez. « La signature « All cops are bastards » (« Tous les flics sont des salauds ») qui apparaît dans la vidéo, est sans interprétation artistique possible et identifiée comme une menace claire à l’encontre de la police » estime encore Jean Salomon.
Pour sa part, le syndicat Alliance Police Nationale 65 par la voix de son responsable départemental Rémi Gonzalez « tient à exprimer sa plus vive indignation » et « apporte son soutien au préfet dans la décision de déposer plainte et restera particulièrement vigilant quant aux suites judiciaires qui seront données ».
« Sous couvert « d’expression artistique » et de dénonciation prétendue de violences policières, cette mise en scène constitue une banalisation dangereuse et inacceptable de la haine anti-police et participe à un climat délétère déjà particulièrement tendu pour l’ensemble des fonctionnaires engagés sur le terrain.
Les policiers et gendarmes accomplissent leurs missions avec professionnalisme, loyauté et dans le strict respect du cadre légal. Les accusations globalisantes et les slogans tels que « All corps are bastards » ne relèvent ni du débat démocratique, ni de la liberté d’expression artistique, mais d’une stigmatisation collective. Dans un contexte national marqué par une augmentation des violences contre les forces de l’ordre, ces mises en scène participent à la légitimation symbolique de passages à l’acte bien réels ».