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« Vous hypothéquez la gestion de la ville » : un débat houleux sur le budget au dernier conseil municipal de Tarbes
C’est un budget municipal sous haute tension qui a été débattu lors du dernier conseil de Tarbes. Un budget proche de celui proposé l’an dernier avec 74 millions d’euros de fonctionnement et 22 millions d’euros d’investissement. Mais qui a fait souffler un vent de campagne municipale dans la salle du conseil.
C’est « le dernier budget de cette mandature » qu’a voté le conseil municipal de Tarbes, comme l’a rappelé la maire Andrée Doubrère. Le dernier de la mandature de « Gérard Trémège » a soufflé l’édile, faisant également référence à Romain Giral, ancien adjoint aux finances, démissionnaire après la condamnation de l’ancien maire et son départ.
Un budget sans énormes différences avec celui de l’année passée. En légère hausse pour le fonctionnement avec un peu plus de 74 millions d’euros, dont « plus de la moitié » allouée à la masse salariale a rappelé Gilles Craspay, adjoint aux finances.

Ce dernier a cependant démontré des « dépenses d’investissement en net reflux par rapport à 2025 », à un peu plus de 22 millions d’euros pour l’année à venir. Une « volonté délibérée de ne pas vouloir s’engager dans des projets nouveaux, ni d’aller trop loin dans les projets en cours. » Des arguments qui n’ont pas convaincu les oppositions, à quelques semaines des municipales…
Des oppositions particulièrement critiques
Les débats ont donc pris une tournure de campagne. Principal enjeu, le poids des impôts comme l’a déroulé Gilles Craspay : « Un grand nombre de candidats misent sur la baisse de la fiscalité, la moindre baisse de fiscalité mettra en danger l’équilibre budgétaire, même si elle est relativement faible. Même moi je trouve que sur ma feuille d’impôt, il y en a trop. Mais si on supprime, on arrête tout ? On a des salariés, des services, il faut les payer. C’est bien gentil de baisser la fiscalité, mais vous me direz ce que vous supprimez » lancent-ils aux oppositions.
Premier à répondre pour le groupe TCES, Hervé Charles a souligné ne pas proposer « une baisse de la fiscalité », tout en soulignant que « le budget présenté ne protégera pas nos concitoyens devant ces défis majeurs, il se préoccupe avant tout de la ville, des voiries et façades mais pas ou peu de ses habitants. Il est avant tout le résultat de choix politiques. » Le groupe a voté contre le texte, comme les élus soutenus par Hervé Charles qui ont « d’autres priorités. »
Pierre Lagonelle, qui s’est abstenu sur le vote, s’est aussi montré particulièrement critique : « Je salue les efforts de monsieur Craspay pour dire que la fiscalité n’est pas lourde à Tarbes, alors qu’il s’agit d’un des taux les plus élevés de France. Il nous dit que c’est à relativiser car il y a compétences partagées avec l’agglomération. Nous sommes dans la même communauté d’agglomération que Lourdes. » Avec un taux de taxe foncière « de 54 % à Tarbes, contre 42 % à Lourdes. »
Le budget a finalement été voté à onze voix contre, et trois abstentions.
« Vous hypothéquez la gestion de la ville »
Déjà avant le vote du budget, les autorisations de programme et crédits de paiement ont fait largement débat. « Dans un mois vous ne serez plus maire et vous hypothéquez la gestion de la ville » a ainsi souligné Marc Andrès. « Comment pouvez-vous enlever la voirie, l’éclairage, l’entretien du patrimoine, comment ? Même si c’est vous qui êtes dans un mois assis ici. Ce n’est pas raisonnable » a répondu Andrée Doubrère.
« Dans un mois il y aura une autre majorité municipale, qui pourra prendre des décisions municipales, et s’affranchir du vote fait ce soir » a poursuivi Pierre Lagonelle.
Avant de conclure ce dernier conseil, Andrée Doubrère a souhaité remercier les agents de la ville pour cette mandature. Souhaitant aux « candidats de vivre cette campagne dans le plus grand respect des uns et des autres, ce que méritent nos Tarbaises et Tarbais. »