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ENTRETIEN. « J’en ai vécu des saisons compliquées au Stado, mais des comme celle-là… », après la défaite à Albi, Johan Paulet se livre sur la situation compliquée du club tarbais
À Albi, les Tarbais ont concédé une nouvelle défaite, après avoir pourtant rivalisé une mi-temps mais ont souffert physiquement, notamment après plusieurs blessures précoces. Johan paulet, l’entraîneur des arrières revient sur cette soirée et plus globalement cette saison difficile, l’une des plus dures de sa carrière.
Johan, quel est le sentiment après cette nouvelle défaite ? De la colère, de la déception ? …
Non, même pas. Parce que je crois qu’on a surtout été pris en conquête, comme souvent quand on vient ici. On n’a pas de ballon ni en mêlée ni en touche. Malgré ça, les joueurs s’accrochent, ils ne lâchent rien. On fait des erreurs en première mi-temps, surtout sur nos séquences défensives, notamment sur contre-attaque. C’est ce qui les remet dans le match, alors qu’on y était bien. Ensuite, petit à petit, ils appuient sur leur point fort : leur pack d’avant, très costaud. On le savait. Ils font la différence là-dessus. On sait qu’à Albi c’est toujours difficile. Bien sûr qu’on venait pour gagner, mais on va plutôt regarder ce qu’on a fait de bien sûr le terrain, notamment en attaque. On a proposé des choses, on a réussi à les mettre en difficulté sur certaines séquences. On va s’appuyer là-dessus. Mais il faut vite s’améliorer, parce qu’aujourd’hui, on n’est pas encore capable de gagner ce genre de match.
Vous prenez le score en première mi-temps mais comme à Narbonne, tout bascule ensuite. Comment l’expliquer ?
C’est surtout physique. On le sait, on a peu de profondeur de banc. Les joueurs sont épuisés, on tire sur la corde avec certains. On a beaucoup de blessés et un effectif jeune. Autour de la cinquantième ou soixantième minute, ça devient vraiment difficile physiquement. C’est là qu’ils prennent le dessus, qu’on fait des fautes et qu’on se retrouve acculés dans notre camp. Sans ballon, contre des équipes comme ça, c’est très dur de résister. On a aussi eu de belles séquences offensives et des phases défensives solides. Il y en a une notamment, très longue, où on les repousse trois fois avant de craquer. Si on gagne ce bras de fer là, peut-être qu’on peut revenir un peu dans le match.
Vous parlez d’un effectif jeune et en plus vous perdez deux joueurs importants en première mi-temps. Comment fait-on pour se relever des sorties précoces ?
C’est compliqué, oui. On a beaucoup de choses contre nous. Mais on le savait. Léo (Sain-Guilhem, NDLR) on l’a énormément sollicité depuis le début de saison parce qu’on n’avait pas le choix, avec tous les blessés en troisième et en seconde ligne. On savait qu’on prenait un risque et qu’il pouvait se blesser. Malheureusement, il se blesse tôt, on doit se réorganiser en touche, on perd un porteur de balle. Les remplaçants font le maximum, on ne peut rien leur reprocher. Mais ce n’est pas la même densité physique, c’est sûr. Léo, c’est un capitaine de touche, un joueur clé dans ce secteur où on peut être performant et avoir des ballons. Ce soir, c’était plus compliqué à cause de cette réorganisation forcée.
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Vous avez connu beaucoup de saisons avec ce club. Celle-ci semble particulièrement difficile. Comment garder la tête haute ?
Des saisons compliquées, j’en ai connu plusieurs, mais des comme celle-là, peut-être pas. On s’est fait une promesse : ne rien lâcher et se battre jusqu’au bout avec nos armes. C’est très dur, mais les joueurs le savent. Cet été, on avait volontairement choisi de jouer des matchs de préparation contre des équipes plus fortes, justement pour se préparer à une saison difficile. Et je veux vraiment féliciter les joueurs. Je les respecte énormément. C’est dur de remettre le bleu de chauffe chaque week-end quand on enchaîne les défaites. On peut leur reprocher des erreurs tactiques ou techniques, mais pas l’engagement. Sur ce point, ils sont irréprochables.
En fin de match, on a vu des scènes fortes sur le terrain. Qu’est-ce qu’il s’est dit ?
On a voulu rester positifs. Dimanche, on parlera de ce qui n’a pas été, bien sûr, mais on préfère s’appuyer sur ce qui marche. Parce que si on ne regarde que le négatif, on explose. Pour s’en sortir, il faut construire sur nos points forts : le caractère, la solidarité, les progrès qu’on fait dans certains secteurs. Ensuite, il faut gommer les erreurs qui font qu’on tient une mi-temps avant de craquer en seconde.
Le club est dernier au classement aujourd’hui. Comment vivre cette situation au quotidien ?
C’est très compliqué, oui. On est derniers, c’est un fait. Mais tant qu’il reste des matchs, il reste de l’espoir. Le groupe ne lâche pas. On se bat contre beaucoup d’éléments, c’est vrai, mais on garde la tête haute. Ce n’est pas dans notre culture de baisser les bras.