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Campan – Carnet noir – Disparition de l’artiste Bruno Schmeltz


Le peintre Bruno Schmeltz, reconnu bien au-delà des frontières, est décédé. Installé depuis des décennies dans la Vallée de Campan, cet artiste discret laisse derrière lui une œuvre marquée par un hyperréalisme singulier et une forte empreinte dans les Hautes-Pyrénées.

Né à Toulouse et installé depuis de nombreuses années dans la vallée de Campan, où il s’était installé après avoir transformé une grange de La Séoube en atelier, Bruno Schmeltz a construit une carrière artistique reconnue à l’échelle internationale. Ses œuvres ont été exposées à plusieurs reprises dans de grandes galeries parisiennes ainsi qu’à l’étranger. 

Un artiste de renommée internationale ancré en Bigorre

Paradoxalement, l’artiste se faisait plus rare dans sa région d’adoption, la Bigorre, où il vivait pourtant depuis de nombreuses années. Un choix qui reflétait sans doute une certaine discrétion, à l’image de l’homme.

Une formation académique et un style immédiatement reconnaissable

Passé par la prestigieuse École Nationale des Beaux-Arts de Paris, Bruno Schmeltz s’est formé à la décoration à fresque et à la peinture monumentale en trompe-l’œil. Il s’est ensuite imposé comme une référence de l’hyperréalisme. Ses tableaux, le plus souvent réalisés à l’huile, frappaient par leur précision : « on dirait des photos ». Mais au-delà de la technique, son style se distinguait par une touche de fantaisie et de poésie. Une approche volontairement accessible, sans surcharge d’interprétation, où les représentations demeurent concrètes et lisibles.

Peintre, mais aussi artisan et passionné

Bruno Schmeltz se définissait lui-même comme un « peintre qui aime la beauté ». Une formule simple pour un artiste aux multiples talents. Jusqu’à ses 85 ans, il n’avait pas abandonné les pinceaux. En dehors de la peinture, il s’est illustré dans d’autres domaines. Passionné de ski durant de nombreuses années, il pratiquait également l’apiculture avec son fils. Maître verrier, il a aussi travaillé à l’international dans la décoration, notamment en réalisant des vitraux pour la Cathédrale de Dakar.

Une empreinte durable dans les Hautes-Pyrénées

Dans le département, Bruno Schmeltz a laissé de nombreuses réalisations. On lui doit notamment les vitraux de l’église de Capvern, ainsi que des peintures à l’église Saint-Jean de Tarbes. Il est également intervenu à la chapelle de La Mongie, et a signé plusieurs fresques dans l’espace public, dont celle visible sur la façade du gymnase du collège Desaix à Tarbes.

Une figure discrète de la scène artistique

Malgré une carrière internationale, Bruno Schmeltz est resté fidèle à une certaine humilité. Loin des projecteurs, il a poursuivi son travail avec constance, privilégiant l’exigence artistique à la notoriété. Sa disparition marque la perte d’un artiste singulier, dont l’œuvre continue de témoigner d’un regard précis et sensible sur le réel.

Bruno Schmeltz : ce qu’il faut retenir

  • Il est née en 1938, à Toulouse.
  • Il quitte Tououse après la mort de son père à 14 ans pour rejoindre Paris. 
  • Il s’inscrit aux cours du soir de dessin et peinture de la Ville de Paris pour préparer le concours d’entrée à l’ENBA de Paris (École Nationale des Beaux-Arts).
  • À 17 ans, il est inscrit comme copiste au musée du Louvre, apprentissage qu’il poursuit une fois admis quai Malaquais, qu’il quitte rapidement, jugeant l’enseignement qu’on y donne incompatible avec ses ambitions de peintre. Il décide alors d’entamer un apprentissage en solitaire afin de se perfectionner dans les techniques plus rigoureuse de la peinture classique.
  • Après ses obligations militaires, 28 mois à l’époque, il part quelques mois à Madrid pour copier le Titien et Rubens au musée du Prado. A son retour il s’installe définitivement dans une grange qu’il aménage en atelier. 
  • Au cours des années 60, il vit selon un modèle d’artiste itinérant et voyage fréquemment. Il coopère avec le monastère bénédictin d’En-Calcat (Tarn) pour pratiquer le vitrail en dalles de verre et la « Fresque », peinture monumentale en trompe-l’œil.
  • Il exécute de grandes décorations murales et réalise de nombreux vitraux et notamment dans la cathédrale de Dakar (Sénégal). A ses heures perdues, il gribouille torse-nu sur les trottoirs d’Avignon ou sur un mur perdu dans un désert américain en pleine période hippie.
  • En 1972, il abandonne ses activités décoratives pour se consacrer à la peinture de chevalet (peinture à l’huile). Pierre Cardin et Pascal Bonafoux organisent sa première grande exposition en 1974 qui le propulse sur la scène parisienne.
  • Il élabore sur les trente premières années de peinture son univers : Poses métriques d’humains bleus, paysages fabuleux à l’horizon jeté de brise-lames gigantesques, visions crépusculaire d’une ville dégradé par la nuit. Les périodes se suivent distinctement et sont toutes domptées par les lois d’une technique irréprochable, qui frôle parfois la rigueur de l’hyperréalisme.
  • Depuis les années 2010, parallèlement à la continuité de son œuvre principale, il réalise une grande série sur le mythe cinématographique du Western pour laquelle il exécute une technique plus essentialisé de la peinture à l’huile.
  • Proche d’un milieu extraordinairement rural et encore préservé, il entame par ailleurs depuis 2014 des portraits d’artisans en plein travail, avec leurs outils et leurs vêtement de tous les jours, à la manière de la peinture réaliste française du 19ème siècle siècle. En dehors de son activité de peintre, Bruno Schmeltz pratique avec son fils l’apiculture en montagne.



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