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TÉMOIGNAGE. Un gendarme miraculé après un grave accident au pic du Midi d’Ossau : « Les secours pensaient venir chercher un cadavre »
David Damour, gendarme au PSIG de Tarbes, s’est reconstruit après un grave accident en montagne. En octobre 2022, le militaire a chuté lors d’une randonnée au pic du Midi d’Ossau. Pris en charge avec un pronostic vital engagé, il a finalement réussi à remarcher après plusieurs mois, à force de persévérance. L’homme, qui s’est pleinement adonné au vélo pendant sa rééducation, souhaite aujourd’hui, grâce à son association, transmettre son expérience et ses encouragements aux autres. Voici son histoire.
Le 14 octobre 2022, David Damour n’en est pas à son coup d’essai. Randonnées, dénivelé, danger, ascension, alpinisme… Cet agent du peloton de surveillance et d’intervention de la gendarmerie (PSIG) de Tarbes est un sportif expérimenté, un aguerri des risques. Ce jour d’automne, il s’attaque au pic du Midi d’Ossau, dans le Béarn, lors d’une sortie encadrée par un guide. « À la montée, rien à signaler. Au retour, l’accompagnateur enroule la corde autour d’un caillou pour la fixer. Devant moi, les deux participants descendent sans encombre », se souvient le gendarme.
Mais lorsque vient son tour, la pierre s’arrache du sol sous le poids de la corde et David Damour se retrouve suspendu dans le vide puis projeté 15 mètres plus bas. Le reste de la scène, il ne peut le raconter qu’à partir du moment où il reprend connaissance, 15 minutes après avoir violemment atterri dans les cailloux. « Je me réveille avec une grosse douleur au cou, je ne peux plus bouger », se souvient le militaire.
L’homme a les réflexes : il remue rapidement ses pieds à son réveil pour savoir s’il est atteint d’une tétraplégie. « Tout de suite je reconnais des sensations dans mes pieds, ouf, ça me soulage déjà un peu ». La victime est prise en charge par ses collègues du PGHM d’Oloron-Sainte-Marie avec un pronostic vital engagé. « Quand ils sont arrivés, j’ai eu l’impression qu’ils s’attendaient à venir chercher un cadavre tant l’accident était grave », confie-t-il.
Trois vertèbres cervicales cassées
Il est transporté en hélicoptère à l’hôpital de Pau. Ici, le diagnostic tombe : trois vertèbres cervicales fracturées, la C2, la C5 et la C6. Et une artère cérébrale est déchirée. Son nez est cassé, ses pommettes enfoncées. L’opération est trop délicate : les médecins choisissent de lui donner une minerve et de l’immobiliser pendant dix jours. Il rentre ensuite à la maison, à Tarbes, avec des cannes pour marcher. Commence alors une nouvelle épreuve. « Ce qui devait être une délivrance est devenu un vrai moment de solitude. Moralement, c’était très compliqué. Je ne pouvais pas me doucher, ni aller aux toilettes ». Les mois passent, aussi immobiles que David Damour.
Après cinq mois et demi, il peut enfin retirer sa minerve. « Et là, c’est la désillusion. Mes douleurs recommencent, les séances de kiné sont très difficiles », confie l’homme. Soixante-dix-huit séances pendant dix mois pour apprendre à remarcher, bouger la tête, les bras… Revivre. « Je m’émerveillais de pouvoir remarcher, je gagnais en bien-être physique et moral », souffle-t-il.
15 heures de vélo par semaine
Comme il peut recommencer à pratiquer une activité physique, le militaire se jette à corps perdu dans le vélo : « Moi qui faisais dix à quinze heures de sport par semaine, du jour au lendemain je me suis retrouvé dans l’incapacité de me déplacer. Pendant ma rééducation, le vélo a été une révélation ».
Son emploi du temps est désormais rempli de quinze heures de vélo par semaine. Mieux, David Damour, qui a depuis repris au PSIG, est devenu directeur de la section cyclisme de la gendarmerie. Il se fixe de nouveaux défis chaque année : le championnat de France de vélo de la gendarmerie, un triathlon à La Réunion ou encore, dernier en date, un ultra cycling dans l’Ain avec 340 km pour 6 200 mètres de dénivelé, sous la neige et la pluie. Une course qu’il a bravée en 17 heures, autant dire un exploit. « Je voulais tester mes limites et montrer que, même si le pronostic vital est engagé, on peut y arriver, on peut continuer d’y croire », souligne le sportif de 43 ans. Prochain défi : la traversée des Alpes en autonomie.
Mais avant ça, David Damour veut mettre son expérience et sa résilience au service des autres. « Je monte une association d’aide pour accompagner les victimes d’accident, comme moi, les blessés et les malades. Je pars du principe que j’ai survécu et que je dois trouver une utilité ». Grâce à Roule avec Panda, il souhaite encadrer les adhérents lors de sorties vélo, dans le département. Aujourd’hui, le gendarme a encore des maux de tête et des douleurs cervicales. « Si une personne blessée se reconnaît pendant un moment de doute ou de détresse dans mon témoignage, ce sera déjà une victoire pour moi ». Peut-être son plus beau succès.