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1er-Mai : »Comment voulez-vous que je serve les clients toute seule ? » Après la volte-face du gouvernement, la colère des commerçants


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La réglementation du travail du 1er-Mai ravive l’incompréhension chez les commerçants tarbais. Face à la volte-face du gouvernement, qui maintient l’interdiction d’employer des salariés ce jour-là, les professionnels dénoncent une décision injuste.

À quelques jours du 1er-Mai, la volte-face du gouvernement sur l’autorisation de faire travailler les salariés lors de la fête du Travail suscite incompréhension et colère chez de nombreux commerçants tarbais. Après plusieurs jours de débats et de signaux contradictoires, l’exécutif a finalement décidé de maintenir l’interdiction pour la majorité des employeurs.

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Une décision de dernière minute qui passe mal chez certains professionnels. Avenue Alsace-Lorraine, la gérante de la franchise Carrément Fleurs ne cache pas son exaspération. « Cela fait des décennies que je suis fleuriste, et quand on fait ce métier, on travaille toujours pour le 1er-Mai. Pour nous, cela fait partie des fêtes incontournables et d’un chiffre d’affaires dont on ne peut se passer. Comment voulez-vous que je serve tout le monde toute seule alors que c’est un jour de forte affluence ? », s’agace-t-elle.

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« Des syndicats paranos »

Dans sa boutique, six fleuristes salariées composent l’équipe. « Trois d’entre elles étaient volontaires pour travailler le 1er-Mai car ce sont des heures payées double et un jour de récupération. On nous empêche de travailler alors que dans le même temps, on autorise des vendeurs de muguet à la sauvette qui, contrairement à nous, ne paient aucune taxe ni charge », insiste la commerçante.

Mais au-delà du principe, c’est surtout le rétropédalage du gouvernement qui alimente la colère. « Nous devions revenir comme avant. Le muguet a été commandé il y a plus de trois mois, et à quelques jours du 1er-Mai, ils reviennent en arrière. Tout ça à cause de syndicats « paranos » qui croient que l’on force les gens à travailler. »

Inscrit dans le Code du travail depuis 1947, le 1er-Mai est le seul jour férié obligatoirement chômé et payé pour les salariés, sauf dans certains secteurs jugés essentiels (santé, restauration, transports). Si une certaine tolérance existait dans des secteurs comme la boulangerie ou la fleuristerie, un rappel plus strict de la règle s’est imposé depuis 2024, interdisant à ces commerçants d’employer leurs salariés ce jour-là.

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Un sujet qui divise

À la boulangerie franchisée Sophie Lebreuilly de Tarbes, on est un peu à contre-courant de plusieurs représentants de la profession qui militent pour assouplir la loi. Et le débat s’est invité au sein du couple de gérants. « Moi, j’étais d’accord pour ouvrir le 1er-Mai », confie la gérante. « Mais pour mon mari, cela n’était pas concevable. Pour lui, c’est un jour de repos qui doit profiter à tous. Nous avons finalement décidé de rester fermés car il est vrai que ce n’est pas parce que nous sommes fermés ce jour-là que nous serons en difficulté par la suite. »

En revanche, mari et femme pointent des incohérences entre professions. « Si nous avions ouvert, nous n’aurions pas été autorisés à faire venir nos salariés, contrairement à certains secteurs comme la restauration rapide, par exemple. Si la loi doit être strictement appliquée, alors elle doit être la même pour tous », estiment-ils.

Et le sujet n’a pas fini de diviser. Si le gouvernement a abandonné toute modification du texte pour 2026, de nouvelles discussions pourraient intervenir en 2027.



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