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de-Bigorre – Fermetures de classes en Haute-Bigorre : le PCF alerte sur un recul de l’école publique
La fermeture d’une classe à l’école Jules Ferry de Bagnères-de-Bigorre à la rentrée 2026 suscite l’inquiétude de la section du Parti communiste français de Bagnères et du Haut Adour. Dans un communiqué publié le 1er juin, les communistes dénoncent une série de suppressions de classes sur le territoire de la Communauté de communes de la Haute-Bigorre (CCHB) et appellent élus et habitants à se mobiliser en faveur de l’école publique.
La section locale du Parti communiste de Bagnères-de-Bigorre affirme que la fermeture d’une classe à l’école Jules Ferry, annoncée lors du Conseil départemental de l’Éducation nationale (CDEN) du 10 avril dernier, n’a suscité que peu de réactions dans les instances locales.
Dix fermetures de classes en dix ans selon le PCF
Le communiqué souligne qu’aucun élu du conseil municipal ou du conseil communautaire n’aurait publiquement abordé le sujet. Les auteurs rappellent également une succession de fermetures de classes intervenues depuis 2015 dans plusieurs écoles du territoire : Palomières, Pic du Midi, Campan, Achard-Carnot, Lesponne, Orignac-Hitte, Pouzac, Gerde et à deux reprises Jules Ferry. Selon leurs calculs, dix classes ont ainsi été supprimées dans la CCHB au cours des dix dernières années.
La démographie, un argument contesté
Pour justifier ces restructurations, les services de l’Éducation nationale mettent régulièrement en avant la baisse du nombre d’élèves. Un argument que conteste la section communiste. Le PCF estime que l’évolution démographique ne suffit pas à expliquer les suppressions de postes observées depuis plusieurs décennies. Le communiqué cite notamment le cas des Hautes-Pyrénées, où 145 postes d’enseignants auraient été supprimés entre 2000 et 2026, dont 72 entre 2000 et 2010, alors même que les effectifs scolaires auraient progressé de 452 élèves sur cette période. Les communistes considèrent ainsi que les fermetures de classes relèvent avant tout de choix politiques concernant les moyens accordés à l’école publique.
Des effectifs réduits comme opportunité
La section PCF défend une autre lecture de la situation démographique actuelle. Selon elle, la baisse du nombre d’élèves pourrait permettre de réduire les effectifs par classe et de rapprocher la France des moyennes observées dans d’autres pays de l’OCDE. Le communiqué évoque également plusieurs priorités : l’amélioration de la rémunération des personnels de l’Éducation nationale, le renforcement des postes de remplacement, le redéploiement des Réseaux d’aides spécialisées aux élèves en difficulté (RASED) et une meilleure reconnaissance des accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH).
Un enjeu pour l’attractivité du territoire
Au-delà de la question scolaire, les communistes mettent en avant les conséquences que pourraient avoir de nouvelles fermetures sur un territoire qu’ils décrivent comme rural et de montagne. Selon eux, la disparition progressive de classes ou d’écoles pourrait fragiliser la vitalité sociale et économique locale et encourager certaines familles à se tourner vers l’enseignement privé. Ils appellent donc les élus et la population à défendre le maintien des services publics éducatifs dans les communes de la Haute-Bigorre.
Les inquiétudes autour d’un éventuel transfert de compétence
Le communiqué évoque également la possibilité d’un transfert de la compétence scolaire des communes vers la Communauté de communes de la Haute-Bigorre. La section PCF estime qu’un tel changement de gouvernance pourrait concentrer les décisions entre les mains du président de l’intercommunalité et du directeur académique des services de l’Éducation nationale (DASEN). Les auteurs craignent que cette organisation facilite la mise en œuvre de nouvelles restructurations scolaires. Pour appuyer leur analyse, ils citent l’exemple de la Communauté de communes Adour Madiran, où un transfert de compétence aurait été suivi de fermetures d’écoles et de classes.
Un appel à défendre l’école publique
En conclusion, la section du Parti communiste français de Bagnères et du Haut Adour appelle à une mobilisation contre ce qu’elle considère comme un recul du service public d’éducation. Les communistes plaident pour une politique éducative offrant davantage de moyens à l’école publique et estiment que celle-ci demeure un outil essentiel d’émancipation pour les jeunes ainsi qu’un élément structurant de la vie des villes et villages du territoire.
Le communiqué de presse
Qui se soucie encore de l’avenir de nos écoles ?
La fermeture d’une classe à Jules Ferry à la rentrée scolaire 2026 annoncée lors du CDEN du 10 avril n’a pas l’air d’émouvoir grand monde. Aucun élu, que ce soit au conseil municipal ou au conseil communautaire, n’a abordé la question ni pour avoir des informations sur le sujet ni pour s’alarmer des fermetures successives qui touchent le territoire de la Haute-Bigorre : Palomières (2015), Pic du Midi (2016), Campan et Achard/Carnot (2018), Pic du Midi (2022) Lesponne et Orignac/Hitte (2023), Jules Ferry et Pouzac (2024), Gerde (2025) et Jules Ferry (2026). En 10 ans, ce sont 10 classes qui ont fermé sur la CCHB.
La baisse démographie brandie comme un argument massue pour éteindre toute discussion par le ministère de l’Éducation nationale et le gouvernement a bon dos. Ce serait éventuellement entendable si durant la période de boom démographique le nombre de postes avait suivi l’augmentation du nombre d’élèves, or la réalité est tout autre. Dans les Hautes-Pyrénées par exemple, 145 postes d’enseignants ont été supprimés entre 2000 et 2026 dont 72 sur la période 2000-2010 alors que les effectifs avaient augmenté de 452 élèves sur cette période. L’argument démographique ne sert donc qu’à dissimuler l’offensive idéologique à l’oeuvre depuis des années qui vise à réduire méthodiquement les moyens alloués à l’école publique au détriment des conditions d’enseignement de nos enfants et de leurs enseignants. La France est aujourd’hui parmi les pays européens de l’OCDE celui dont les nombres d’élèves par classe sont les plus hauts : 22 en primaire (contre 19 en moyenne pour las autres pays) et 26 en collège (contre 21 en moyenne dans les autres pays).
Les fermetures de classes et les suppressions de postes découlent donc avant tout d’un choix politique. La baisse démographique actuelle pourrait être une véritable opportunité pour rattraper les standards européens par la réduction du nombre d’élèves par classe, l’augmentation des salaires des personnels de l’éducation, l’ouverture de postes de remplaçants à la hauteur des besoins et qui font cruellement défaut aujourd’hui ainsi que le redéploiement des RASED (réseaux d’aides spécialisées aux élèves en difficulté) et une revalorisation des métiers de l’AESH (accompagnants d’élèves en situation de handicap) aujourd’hui sous-payés et sans statut alors qu’ils remplissent des missions essentielles pour ne laisser aucun enfant sur le bord de la route.
Les communistes de Bagnères et du Haut Adour ne s’accommodent donc pas de la fermeture de la classe à Jules Ferry cette année et des « restructurations » qui ont touché et pourraient encore toucher notre territoire. La CCHB, territoire rural et de montagne, ne peut plus se permettre de fermer encore des classes et des écoles, au risque de perdre toute vitalité sociale et économique mais aussi de voir des familles se tourner vers des écoles privées qui ont le vent en poupe en période de recul du service public et de désertification républicaine. Nous appelons les élus et la population à ne pas se résigner et se mobiliser pour redonner à l’école publique les moyens d’accomplir ses missions pour accompagner chaque enfant dans sa scolarité et son épanouissement, que ce soit en ville ou dans les villages.
Nous souhaitons également alerter sur le danger que représenterait le transfert de la compétence école des communes à la CCHB – demande insistante du Ministère de l’Education et promue par certains maires – qui permettrait à un interlocuteur unique (le président de la CCHB) de décider avec le DASEN (Directeur académique des services de l’Éducation nationale) des restructurations à proposer sur le territoire ce qui entraînerait inévitablement des fermetures d’écoles et de classes, à l’image de ce qui s’est produit dans la CC Adour Madiran à partir du transfert.
Ne laissons pas sacrifier l’éducation de nos enfants sur l’autel de l’austérité et oeuvrons à faire grandir l’exigence d’une alternative politique, en rupture avec les politiques libérales actuelles, pour que l’école reste le lieu de l’émancipation de toute la jeunesse et le coeur battant de nos villes et villages.
La section PCF de Bagnères & Haut Adour