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« Je pensais que rien ne pourrait arriver de pire que le Covid » : à Tarbes après 22 ans d’activité, la boutique Evol baisse le rideau
La boutique spécialisée dans les articles de skate fermera définitivement ses portes le 31 juillet après vingt-deux ans d’activité, à Tarbes. Yoan Sancho, le dernier gérant, baisse le rideau face aux difficultés. Le commerce souffrait notamment d’une baisse de la fréquentation depuis plusieurs mois. Voici tout ce qu’il faut savoir sur cette fermeture de commerce.
La belle histoire est terminée. La boutique Evol fermera définitivement ses portes le 31 juillet, après une liquidation. Yoan Sancho a mis du cœur à l’ouvrage pendant sept ans. Mais voilà. « J’ai poussé au bout du bout, au maximum mais vraiment, ce n’était plus possible. Je suis arrivé à un point où je ne pouvais plus verser le loyer et le salaire », explique le gérant. Il a repris la boutique spécialisée dans la culture du skate après avoir été apprenti. Le commerce était alors situé rue Pierre-Cohou.
« En réalité, en bon skateur, je fréquentais la boutique depuis mes 12 ans. J’étais d’ailleurs sponsorisé par le magasin. Après mon apprentissage, Jérôme Lalanne, le dernier patron, m’a fait confiance. Je n’aurais fait du commerce dans rien d’autre : la glisse, c’est ma passion », se souvient le responsable. Étonnamment, l’année du Covid a été satisfaisante. « La sortie du Covid a été plutôt bonne en matière de chiffre d’affaires. Je pensais alors que rien ne pourrait m’arriver de pire », raconte encore le gérant.
Mais le pire est bien arrivé. « Et puis, les années ont passé, la fréquentation a décliné de plus en plus. C’était tendu et, depuis décembre dernier, je n’ai pas réussi à remonter la barre », fait-il savoir. Plusieurs explications : une fréquentation en baisse dans le centre-ville, un pouvoir d’achat en berne et la concurrence des centres commerciaux et des ventes en ligne. La quadrature du cercle.

Il a tout tenté : un déménagement, de la seconde main, moins de stock…
Pourtant, Yoan Sancho a bien tenté de résister. « J’ai déménagé il y a deux ans rue Brauhauban où le loyer était deux fois moins cher. J’ai proposé de la seconde main, mais le flux était bien trop faible. Depuis trois ans, je n’ai plus de salarié. J’ai également réduit l’offre. Mais ces solutions n’étaient pas pérennes, ces décisions m’ont permis de tenir un peu plus à chaque fois, c’est tout », concède le patron.
En janvier dernier, une nouvelle décision était devenue irrémédiable. Il fallait fermer, Yoan Sancho n’avait plus le choix. « Je n’ai aucun regret. Pendant les premières années, j’ai eu une bonne satisfaction personnelle, j’ai réussi à m’en sortir. Puis, ça s’est effrité et je me suis retrouvé seul. Après ces années incertaines, je ne suis pas malheureux d’arrêter, c’était devenu trop lourd d’attendre les clients », confie-t-il. Le Tarbais compte revenir à son premier métier : celui de couvreur.
« Mais en salarié, pour la tranquillité d’esprit », précise-t-il. La maison des skateurs se referme après vingt-deux années d’existence. « C’est une belle histoire qui se finit », conclut le gardien du temple, soulagé. Les articles sont bradés jusqu’à -60 % jusqu’à la liquidation totale fin juillet.