Actualités Hautes-Pyrénées
Juillan. JB, avec les Airs et intermittent multi-facette
Le CRJ est allé à la rencontre d’un membre de Boulevard des Airs, installé à Juillan, papa de deux jeunes petits Juillanais, et que l’on a l’habitude de croiser en toute simplicité lors des diverses manifestations du village. Un homme ordinaire à la vie extra-ordinaire. Quoiqu’alsacien de naissance, c’est dans les Hautes-Pyrénées que Jean-Baptiste Labé a grandi et trouvé ses racines. Conscients des bienfaits de l’apprentissage de la musique tant pour la rigueur que l’harmonie qu’elle apporte au développement de l’enfant, ses parents l’ont inscrit au conservatoire de Tarbes où il a suivi un cursus de violoniste jusqu’à ses 12 ans, lui qui rêvait d’être trompettiste ! Le rythme imposé par le conservatoire ne lui permettant pas d’assouvir sa passion pour le sport (foot, tennis, basket et ski), il a alors choisi d’intégrer l’association musicale de Bordères-sur-l’Echez où il a continué le violon jusqu’à sa majorité, tout en commençant dès 12/13 ans l’apprentissage du trombone pour pouvoir jouer dans l’orchestre où il en manquait.
« J’ai appris très vite car j’étais motivé, je côtoyais des jeunes qui jouaient hyper bien. A 14/15 ans, on a monté à plusieurs une banda à Bordères, la Banda Samba. On se déplaçait dans toute la France, on a gagné le concours de nuit de Condom 2 fois. Je l’ai dirigée pendant 10 ans, jusqu’à ce que BDA devienne une priorité. Avec mon groupe de copains de la Banda Samba, on s’est lancé dans le chant polyphonique en 2005 et, avec l’aide de Bastien Miqueu, on a monté le groupe « Sense Nom », dans lequel je chante toujours quand l’emploi du temps de BDA le permet. »
La rencontre
C’est aussi en septembre 2005 que Jean-Baptiste rencontre Florent Dasque aux fêtes de Sarrouilles. BDA, créé en 2004, recherchait alors des cuivres. JB, toujours avide de nouvelles expériences musicales, se lance dans l’aventure, avec un trompettiste de Bordères, répétant le dimanche, travaillant 7j/7.
« C’était compliqué pour moi car je menais de front la direction de la Banda Samba et les concerts avec BDA. Il est arrivé un moment où il a fallu faire des choix : BDA devenait prioritaire, au détriment de nos études et loisirs. Mes parents n’étaient pas forcément ravis de me voir louper des partiels pour des concerts ! »
JB le musicien a en effet fait et réussi ses études en génie civil à la suite desquelles il a travaillé en tant que chef de chantier sur la construction de l’autoroute entre Pau et Bordeaux. Il a dû arrêter en 2009 car BDA se produisait à l’Olympia.
« Le premier gros single de BDA, ‘‘Cielo ciego’’est rentré en radio en 2010, on a signé notre premier gros contrat chez Sony, chez qui nous sommes toujours (fidélité à souligner !), et en 2011 notre premier concert payant. Depuis 2011, nous sommes tous intermittents du spectacle et producteurs. Et là, on vient de passer sur un contrat de distribution où on assure tout ce qui est clip, enregistrements, photos, publicité, promotion et déplacements. On est complètement autonomes. »
Jean-Baptiste, qui a aussi un temps travaillé en cabinet d’architecture (il a toujours rêvé d’être architecte ! ), continue à ses heures perdues de dessiner les plans des maisons de ses amis ou de sa famille. Mais que ne sait-il donc pas faire ? Il a retapé sa maison pendant la pause de 4 ans du groupe, vraiment nécessaire après avoir tourné 15 ans en France et à l’étranger. Pendant cette pause, ils ont monté un label avec production d’artistes.
Une expérience pas facile.
Il dit faire moins de musique maintenant car accaparé par la gestion de BDA. « Dans le fonctionnement de BDA, on est tous multitâches, mais avec des spécificités. Par exemple Jean-Noël et Jérémie s’occupent de la partie musicale mais aussi des réseaux sociaux, photos etc. Moi je suis plus dans la ‘‘paperasse’’ , tout ce qui est contrat, organisation, budgets, échanges relation maison de disque/tourneur. Florent, la figure de proue du groupe, fait le lien entre tous, entre la musique et sa mise en avant, il assure le relationnel avec tous nos partenaires. Il est sur le devant de la scène avec Eyal ; à eux deux, ils s’occupent de la relation presse.
On se partage les tâches mais on a tous un œil sur le travail de l’autre. On gère en fait une société. J’écris aussi un peu des textes de chansons pour le groupe. Le studio, c’est pas ma vocation. Mais les concerts oui, c’est de l’adrénaline pur !
Je fais partie d’un groupe vedette mais je n’ai jamais cherché à être sur le devant de la scène. On est un groupe de copains soudés, on a ‘‘grandi’’ ensemble, on s’est construit ensemble, dans une confiance réciproque absolue. On se dit les choses, on est dans une totale transparence. BDA échappe à toute classification, car chacun de nous contribue à l’identité de BDA, il n’y a pas de personnalité dominante. On peut marcher tranquille dans la rue et continuer à mener notre vie sans risque d’être débordé. Les gens respectent notre vie privée. »
JB ajoute que l’amitié qui les unit est une telle force qu’ils n’ont jamais le trac sur scène. L’aventure peut s’arrêter du jour au lendemain pour le groupe, ce ne sera pas un drame, car l’amitié, elle, ne s’arrêtera pas, et ils ont tous d’autres projets en dehors de la musique.
« On ne vit pas que pour le groupe, même si on se donne à 300 %. »
Un personnage entier
JB est à l’image de l’esprit du groupe. Il est d’un abord facile, simple, la discrétion dans l’observation, ou l’inverse… Sa capacité de travail est au-delà de la normale et son sens de l’organisation digne d’un architecte, et pour cause… Il reconnaît cependant qu’il est râleur, mais un râleur positif, car il a toujours envie d’améliorer les choses. Il est touche à tout, aurait pu exercer plein de métiers, il se serait d’ailleurs bien vu agriculteur et éleveur de bétail. Mais son goût pour les voyages rend cette éventualité impossible ! Il a cependant rarement loupé la transhumance à Argelès-Bagnères, c’est sacré, comme tout simplement son amour pour la montagne, nos montagnes, où il aime se réfugier pour s’évader.
Un autre soutien de taille, tout au long de sa vie : celui de sa famille, parents et fratrie. Un point commun avec tous les membres de BDA, qui contribue à la solidité de leur équilibre.
Finie la pause, la tournée a repris en juin 2025 et l’été s’est très bien passé. Le public était au rendez-vous, chaleureux et enthousiaste.
La sortie du nouveau CD est prévue le 17 octobre.
« Je rentre à la maison » va donc résonner dans les rues de Tarbes, leur port d’attache, leur maison à tous, dont l’immense jardin non clôturé s’étend jusqu’aux sommets de nos belles Pyrénées.