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Meurtre d’un homme retrouvé calciné dans les Hautes-Pyrénées : trois accusés de la même famille jugés pour un même crime
Gérard Enterlin (53 ans), sa compagne Céline Blanchet (37 ans) et le frère de cette dernière Grégory Blanchet, comparaissent à partir d’aujourd’hui devant la cour d’assises des Hautes-Pyrénées pour « meurtre sur personne vulnérable ». Lors d’une soirée « entre amis », ils sont accusés d’avoir frappé de plusieurs coups de couteau Max-Paul Broutin, originaire du Béarn, avant de brûler son corps dans un champ de Juillan.
Le crime est aussi incompréhensible qu’atroce. Trois personnes d’une même famille sont jugées par la cour d’assises des Hautes-Pyrénées pour « meurtre sur personne vulnérable » à partir de ce 12 mars, et jusqu’à vendredi.
Gérard Enterlin (53 ans), sa compagne Céline Blanchet (37 ans) et le frère de cette dernière, Grégory Blanchet (41 ans), sont accusés d’avoir poignardé Max-Paul Broutin, un Béarnais de 40 ans souffrant d’un léger handicap mental, avant de brûler son corps à Juillan le 21 novembre 2021.
Ce jour-là, des automobilistes qui circulaient sur la 2×2 voies qui relie les villes de Tarbes et Lourdes ont signalé un incendie dans une zone boisée. À leur arrivée sur les lieux, les pompiers ont découvert une voiture en feu, et constaté avec effroi qu’un corps se trouvait dans le coffre du véhicule totalement calciné.
Une soirée entre amis qui vire au cauchemar
Une enquête complexe mais rondement menée par la gendarmerie a rapidement établi que l’affaire était d’ordre criminelle. Trois suspects ont pu être identifiés et interpellés les jours qui ont suivi la macabre découverte. Car la victime dînait la veille au soir chez Céline Blanchet, une connaissance de plusieurs années qui résidait rue de la fontaine à Azereix, en compagnie du conjoint de la femme et de son frère.
La soirée, qui se voulait conviviale, s’est poursuivie par une partie de cartes qui a dégénéré. L’ambiance aurait subitement basculé dans l’horreur pour un motif futile : une blague de la victime qui n’aurait visiblement pas fait rire Gérard Enterlin. Max-Paul Broutin aurait été pris à partie par ses hôtes qui se sont acharnés sur lui, dans une sorte « d’effet de meute » : chacun des protagonistes aurait porté plusieurs coups de couteau à la victime alors que les enfants du couple et du frère étaient présents à la soirée.
Maquiller les preuves
Si l’autopsie du corps de la victime, dévoré par les flammes, a d’abord permis de confirmer son identité, elle a également mis en évidence une dizaine de blessures causées par arme blanche. Après ce déchaînement de violence, le trio s’est employé à faire disparaître toute trace du crime. Le corps de Max-Paul Broutin a été chargé dans son véhicule, une Opel Zafira qu’il empruntait à ses parents, avant d’être incendié dans une clairière isolée à Juillan. La maison a été nettoyée de fond en comble. Mais les suspects ont laissé de nombreux indices derrière eux tant aux abords de la voiture brûlée que sur la scène de crime.
Après leurs interpellations en décembre 2021, ils ont livré des explications divergentes aux enquêteurs dans les premières heures de leurs gardes à vue. S’ils ont tous reconnu une altercation, chacun a dans un premier temps minimisé sa responsabilité dans la mort de la victime. Céline Blanchet et son frère Grégory ont fini par avouer qu’ils avaient porté des coups de couteau à Max-Paul Broutin sous l’impulsion de Gérard Enterlin, connu notamment pour avoir été condamné à 20 ans de réclusion criminelle en 2020. Plus aguerri à l’exercice, ce dernier s’est emmuré dans le silence après son arrestation.
Pour la famille de Max-Paul Broutin, décrit comme un homme au grand cœur et sans histoire, les circonstances de sa mort brutale doivent être éclaircies : « Nous voulons comprendre ce qu’il s’est passé pour enfin faire notre deuil », confiait un proche au moment des faits.
Ce procès aura pour enjeu de faire la lumière sur le rôle que chacun a endossé lors de cette soirée sanglante.