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après une violente agression au couteau, FO Justice dénonce des alertes ignorées
Un détenu a été poignardé le 1er mai au sein de l’établissement pénitentiaire de Lannemezan. Le syndicat FO Justice affirme que plusieurs signalements faisaient état d’un risque imminent de passage à l’acte. Les agents dénoncent un manque d’anticipation et des conditions de travail dégradées.
Le vendredi 1er mai, une violente agression s’est produite au sein de la détention de la prison de Lannemezan. Selon les éléments communiqués par FO Justice Lannemezan, un détenu a été attaqué par plusieurs individus avant d’être poignardé dans le dos par un autre détenu. Au cours de l’incident, un surveillant présent à l’étage a été empêché d’intervenir immédiatement, bloqué par un détenu présenté comme complice des agresseurs. Le surveillant est néanmoins parvenu à se dégager avant d’intervenir pour mettre fin à l’agression. Le syndicat estime que cette intervention a « très probablement sauvé la vie du détenu », tout en soulignant que l’agent est intervenu « au péril de la sienne ».
Deux armes artisanales découvertes
À la suite des faits, des fouilles ont été menées au sein de l’établissement. D’après FO Justice, un second couteau artisanal a été découvert dans la cellule d’un détenu. L’arme utilisée lors de l’agression a, quant à elle, été retrouvée le lendemain dans le « gourbi ». Ces découvertes relancent les inquiétudes autour de la circulation d’armes artisanales en détention et des tensions persistantes au sein du bâtiment concerné.
« Ils savaient… ils n’ont rien fait »
Dans un communiqué particulièrement virulent, FO Justice Lannemezan affirme que plusieurs observations et signalements avaient été remontés depuis plusieurs semaines par les personnels pénitentiaires. Selon le syndicat, certains de ces rapports faisaient état d’un « passage à l’acte imminent ». L’un des signalements évoquait même la possibilité que des détenus tentent « d’arracher les clés à un surveillant pour en découdre avec un détenu. » FO Justice reproche à la direction de ne pas avoir suffisamment pris en compte ces alertes. « À quoi bon faire des observations ? À quoi bon faire des briefings ? », interroge le syndicat, qui dénonce l’absence de mesures préventives avant l’agression.
Une situation inchangée après l’agression
Le syndicat affirme également que, plusieurs jours après les faits, la situation au sein de la détention n’a pas évolué de manière significative. Selon FO Justice, le détenu qui a été blessé est toujours maintenu au rez-de-chaussée du même bâtiment, tandis que les autres détenus impliqués sont toujours présents dans les lieux, à l’exception du principal agresseur, placé au quartier disciplinaire (QD). Le syndicat réclame désormais le placement du détenu blessé au quartier d’isolement (QI), suivi de son transfert, afin d’éviter une nouvelle agression.
Des agents « à bout »
Au-delà de l’agression elle-même, FO Justice Lannemezan met en avant l’épuisement des personnels pénitentiaires. Le syndicat évoque des agents effectuant « plus de 50 heures supplémentaires par mois », travaillant de nuit en sous-effectif, avec « 10 ou 11 agents au lieu de 12 ». Il dénonce également l’accumulation des tâches et des rythmes de travail jugés intenables. « Aujourd’hui, les agents sont à bout », écrit FO Justice, qui estime que les personnels « tiennent la détention à bout de bras depuis des mois ». Le communiqué rappelle également plusieurs engagements qui, selon le syndicat, n’auraient pas été suivis d’effet.
FO Justice salue « le professionnalisme » des surveillants
Malgré ses critiques, le syndicat tient à mettre en avant l’action des personnels mobilisés lors de l’incident. FO Justice Lannemezan rend hommage « au courage et au sang-froid » du surveillant intervenu en première ligne, mais aussi à « la réactivité immédiate des agents » ainsi qu’à l’ensemble des personnels ayant permis de maîtriser la situation. Le syndicat souligne également « la réactivité de la chaîne judiciaire », indiquant que les auteurs présumés ont été placés en garde à vue puis présentés en comparution immédiate.
Des revendications et une menace de mobilisation
À l’issue de cette affaire, FO Justice Lannemezan formule plusieurs demandes : le placement sans délai du détenu agressé… au quartier d’isolement avant son transfert ; le transfert du détenu à l’origine de l’agression… à l’issue de sa peine au quartier disciplinaire ; des sanctions disciplinaires « exemplaires » contre les auteurs des faits ; le déclassement du travail des détenus impliqués ; une rencontre rapide avec la direction afin d’évoquer les événements et les mesures à prendre. Enfin, le syndicat avertit qu’une mobilisation pourrait être organisée si aucune réponse n’est apportée. « Si nous devons nous retrouver devant les portes, nous le ferons », prévient FO Justice Lannemezan, qui assure ne pas vouloir « attendre une nouvelle agression pour agir ».