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Lannemezan – Sortir – Une exposition consacrée à Théophile Gautier à la médiathèque jusqu’au 29 octobre


L’exposition sur Théophile Gautier réalisée par Jean-Pierre Boudet se poursuit à Lannemezan.

La médiathèque de Lannemezan accueille tout au long du mois d’octobre une exposition consacrée à l’écrivain, journaliste et voyageur Théophile Gautier. Né à Tarbes le 30 août 1811, il a marqué la littérature française par une œuvre foisonnante, allant de la poésie au roman, en passant par le journalisme et le récit de voyage. Jean-Pierre Boudet, à l’initiative de cette exposition, invite le public à redécouvrir cette figure incontournable du XIXᵉ siècle.

Dates et horaires d’ouverture

L’exposition est visible depuis le mercredi 1er octobre et jusqu’au mercredi 29 octobre 2025, dans la salle d’exposition de la médiathèque, située 273 rue Thiers à Lannemezan.

Mercredi : 9h-12h30 et 13h30-18h

Vendredi : 13h30-18h

Samedi : 9h-12h30

Sur rendez-vous : mardi, jeudi et vendredi matin

Un parcours enrichi pour les scolaires

L’exposition est également l’occasion d’impliquer le jeune public. Des questionnaires de visite et des travaux pratiques (TP) sont proposés aux scolaires. Un concours permet de remporter des livres et des bandes dessinées, afin d’encourager la lecture et la découverte de Gautier.

Théophile Gautier est né à Tarbes le 30 août 1811. Il effectua ses études à Paris. C’est au lycée Charlemagne, qu’il fait la connaissance de Gérard de Nerval qui va le présenter dans le milieu littéraire.

Au cours de sa carrière, Gautier écrira plus de 2000 articles, poèmes, nouvelles et romans dont le célèbre Capitaine Fracasse. 

En 1831, le Tarbais présente sa première nouvelle fantastique à 20 ans, dans la revue Le Cabinet de Lecture : La Cafetière : « L’année dernière, je fus invité, ainsi que deux de mes camarades, à passer quelques jours en Normandie. Le temps, qui à notre départ promettait d’être superbe, s’avisa de changer tout à coup, et il tomba tant de pluie, que les chemins creux où nous marchions étaient comme le lit d’un torrent. 

Nous n’arrivâmes au lieu de notre destination qu’une heure après le coucher du soleil. Nous étions harassés ; aussi, notre hôte, voyant les efforts que nous faisions pour comprimer nos bâillements et tenir les yeux ouverts, aussitôt que nous eûmes soupé, nous fit conduire chacun dans notre chambre…

Mais il me fut impossible  de rester couché : le lit s’agitait sous moi comme une vague, mes paupières se retiraient violemment en arrière. Force me fut de me retourner et de voir. Le feu qui flambait, jetait des reflets rougeâtres dans l’appartement, de sorte qu’on pouvait sans peine distinguer les personnages de la tapisserie et les figures des portraits enfumés des tableaux pendus à la muraille. C’était les aïeux de notre hôte : des chevaliers bardés de fer, des conseillers en perruque, et de belles dames au visage fardé et aux cheveux poudrés de blanc…

Tout à coup, le feu prit un étrange degré d’activité : une lueur blafarde illumina la chambre, et je vis clairement que ce que j’avais pris pour de vaines peintures était la réalité : les prunelles de ces êtres encadrés remuaient, scintillaient d’une façon singulière ; leurs lèvres s’ouvraient et se refermaient comme celles des gens qui parlent, mais je n’entendais que le tic-tac de la pendule et le sifflement de la bise d’automne.

Une terreur insurmontable s’empara de moi, mes cheveux se hérissèrent sur ma tête, mes dents s’entrechoquèrent à se briser, une sueur froide inonda tout mon corps. La pendule sonna onze heures. Oh ! Non, je n’ose pas dire ce qui arriva, personne ne me croirait, et l’on me prendrait pour un fou… ».

Nous allons vous présenter, au cours de ces articles, plusieurs œuvres de Gautier, célèbres  ou non, et qui méritent d’être relues. Une exposition Théophile Gautier journaliste et voyageur se tiendra à la médiathèque de Lannemezan du 1er octobre au 29 octobre 2025, enrichie d’un concours scolaire permettant de gagner  des livres et des bandes dessinées. Alors, vivre la lecture !

L’Illustration, 2 juillet 1870 – La nature chez elle – Théophile Gautier.

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Juin (suite et fin) : « Quelles peuvent être les idées des végétaux ? C’est une question que se pose le songeur dans ses promenades au fond des bois. Sous leur apparence immobile, les arbres et les plantes sont doués d’une existence qui ressemble à celle des êtres animés. Ils naissent, ils croissent, ils respirent, ils ont leurs amours, ils se multiplient, ils sont malades, ils vieillissent, ils meurent. Vous le voyez, ils parcourent tout un cycle de la vie.

Pourquoi les plantes n’auraient-elles pas une sorte de pensée, vague, indistincte, obscure, nous le voulons bien, mais suffisante à occuper leurs longs loisirs ? A cent ans, un chêne est tout jeune ; sa vie se prolonge pendant des siècles. Les années glissent comme des gouttes d’eau sur leurs feuilles robustes, et le temps, rongeur des choses, ne semble pas compter pour eux. Une vie si prodigieusement longue, sans pensée, cela n’est guère croyable.

Les arbres n’ont-ils aucune rêverie ? Ne retiennent-ils pas ce que la nuit confie au silence ? N’ont-ils nul sentiment de ce qui les entoure ? Ne comprennent-ils pas la foudre qui les frappe, la hache qui ouvre dans leurs troncs des entailles vermeilles comme des blessures ? Il est difficile de les supposer insensibles à ce point.

L’Antiquité, plus près de la nature que nous autres modernes, malgré toute notre science, attribuait aux arbres une vie mystérieuse ; elle leur accordait la pensée et la voix, et recueillait les oracles des chênes.

Quand on erre à travers une forêt, on comprend qu’un mystère vous enveloppe. Il semble qu’on est importun, qu’on dérange la solitude et qu’à votre approche quelqu’un s’est brusquement retiré. Les arbres, les plantes et les fleurs ont l’air de changer de conversation. Tout à coup, un petit oiseau s’envole et va signaler aux vieux chênes l’apparition de l’ennemi, c’est-à-dire de l’homme. La forêt se tient alors sur la réserve et ne dit plus que des choses insignifiantes.

Au bout de quelques temps, quand on a reconnu en vous un rêveur inoffensif, incapable de ces meurtres inutiles que les chasseurs commettent sans remords, tout ce monde craintif se rassure. Les arbres causent avec le vent ; les oiseaux sautillent à travers les branches, continuant leurs conversations ; les moucherons reprennent leurs valses dans les rais de lumière, et la nature vaque à ses petites affaires comme si vous n’étiez pas là.

Asseyez-vous sous le couvert d’un hêtre, et regardez ce charmant fouillis de végétation dont le soleil fait ressortir les mille détails… Entre les fougères et les houx se pressent les herbes, les graminées et les fleurettes. A leurs pieds, les mousses entassent leur feutre vert ou mordoré. De toutes ces plantes chauffées par le soleil, des parfums se dégagent et se répandent dans l’air… 

A qui vient de la ville tumultueuse, le silence semble d’abord profond. Peu à peu, l’oreille s’y habitue et discerne mille petits bruits qui lui échappaient… Oh ! qu’il fait bon rester là de longues heures, oubliant tous les ennuis factices de la civilisation… Attendons que l’homme se ravise, ce qui n’est guère probable, vu qu’il s’éloigne chaque jour de la Nature, dont le sens paraît s’oblitérer chez lui… »

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Lundi 13 octobre, la classe de 4e du collège Gaston Phébus de Mesdames Soulet et Saint-Pierre a visité l’exposition Théophile Gautier journaliste et voyageur qui se tient à la médiathèque de Lannemezan, rue Thiers. Les élèves ont pu prélever des informations sur les différents panneaux et remplir un questionnaire de visite ainsi que des travaux pratiques mêlant textes et dessins à remettre en ordre. Ce travail leur permettra de rédiger un reportage et de gagner des livres.

Jean-Pierre Boudet www.histopresse.com

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