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Pyrénées – Grève des ambulanciers le 8 avril : le préfet réquisitionne plusieurs entreprises pour éviter une rupture des secours


Face au risque de désorganisation de la garde ambulancière le mercredi 8 avril 2026, le préfet des Hautes-Pyrénées a pris plusieurs arrêtés de réquisition. Plusieurs entreprises de transport sanitaire sont mobilisées d’office afin d’assurer la continuité des secours, notamment dans des secteurs jugés sensibles.

Le préfet des Hautes-Pyrénées a signé, le 2 avril 2026 à Tarbes, plusisurs arrêtés visant à garantir la continuité de la garde ambulancière départementale. Cette décision intervient dans un contexte de mobilisation annoncée par la Fédération Nationale de la Mobilité Sanitaire (FNMS). Dans un courrier daté du 1er avril 2026, son représentant départemental a informé l’Agence régionale de santé d’Occitanie que plusieurs entreprises de transport sanitaire cesseraient d’assurer leur participation à la garde ambulancière entre 8 heures et 18 heures, le 8 avril.

Un mouvement de grève à l’origine de la décision

Le lendemain, l’association départementale Secours Ambulances Services 65 a confirmé ce mouvement. Elle a également signalé que, malgré la sollicitation de l’ensemble des entreprises, certains créneaux restaient non pourvus dans plusieurs secteurs.

Un risque jugé “grave” pour la santé publique

Dans son arrêté, le préfet souligne que l’absence d’ambulances sur certains créneaux constitue un risque majeur pour la prise en charge des urgences. La réglementation impose en effet une présence permanente d’entreprises de transport sanitaire pour répondre aux sollicitations du Service d’aide médicale urgente (SAMU). Ces structures jouent un rôle central dans l’acheminement rapide des patients vers les établissements de soins. Le document insiste particulièrement sur la situation du secteur de Lannemezan, où aucun opérateur n’était initialement positionné entre 8 heures et 13 heures le 8 avril. La même problématique est mise en avant sur Lourdes et Tarbes. Une telle absence est considérée comme susceptible d’entraîner une “perte de chance” pour les patients nécessitant une intervention urgente. Par ailleurs, le recours massif aux véhicules de secours des sapeurs-pompiers est jugé inadapté, car il pourrait affecter la capacité opérationnelle du service départemental d’incendie et de secours.

Des entreprises réquisitionnées sur plusieurs secteurs

Pour pallier ces manques, plusieurs entreprises ont été officiellement réquisitionnées afin d’assurer la continuité du service.

Dans le secteur de Lannemezan :

Ambulances du Magnoac interviendront de 8h à 13h ;

Ambulances Jacomet prendront le relais de 13h à 20h.

Dans le secteur de Lourdes :

Ambulances et Taxis du Lavedan assureront la garde de 8h à 18h.

Dans le secteur de Tarbes :

Ambulances Filhol C-H. et Ambulances Victor-Betbeder seront mobilisées de 8h à 18h.

Ces entreprises devront assurer leurs missions avec leurs propres moyens humains et matériels, conformément aux règles en vigueur définies par l’Agence régionale de santé.

Une obligation légale strictement encadrée

L’arrêté préfectoral s’appuie sur les dispositions du code général des collectivités territoriales, qui permettent au préfet de réquisitionner des moyens privés en cas d’atteinte à l’ordre public, à la sécurité ou à la salubrité. Les entreprises concernées sont dans l’obligation de se conformer à cette décision. En cas de refus, elles s’exposent à des sanctions pénales pouvant aller jusqu’à six mois d’emprisonnement et 10 000 euros d’amende. Elles seront toutefois rémunérées selon les modalités prévues par le code de la sécurité sociale pour leur participation à la garde départementale.

Une mesure exceptionnelle face à l’urgence

Le préfet justifie cette décision par l’urgence de la situation et l’impossibilité d’assurer autrement la continuité des soins. L’objectif affiché est de garantir, malgré le mouvement social, une réponse rapide aux demandes de transports sanitaires urgents sur l’ensemble du territoire. L’arrêté a été transmis aux acteurs concernés, dont le SAMU, les services d’incendie et de secours ainsi que la caisse primaire d’assurance maladie. Il est également publié au recueil des actes administratifs de la préfecture.



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