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« Ça constitue leur identité ». Ils chantent sur scène en occitan et en arabe : une vingtaine de collégiens incarnent l’interculturalité
La culture occitane s’invite sur scène avec le Mes de la lenga. Des collégiens de Paul Eluard ont chanté en occitan et en arabe sur la scène de Laubadère, mêlant traditions et modernité dans un concert vibrant d’interculturalité.
« On défend une culture locale, mais ouverte sur toutes les cultures, sans frontière. C’est cette interculturalité qui nous anime et nous a conduits la semaine dernière vers de l’électrotrad avec Agathe Thiné au Plan B. Et ce soir à cette convergence artistique où des collégiens chantent sur la scène de leur quartier, en occitan et en arabe. » Un bouillon de cultures en somme, prôné par Evelyne Hiere-Susbielles de Bigorre en Trad, à l’occasion du Mes de la lenga, avec le concours du Dahu Collectif.
C’est dans ce cadre que des élèves de 5e option occitan du collège Paul Eluard se sont produits ce vendredi soir à la maison de quartier de Laubadère, aux côtés du groupe Noubalotcha. « Ils interviennent sur deux chants, mêlant paroles en occitan et en arabe, avec ce groupe qui croise les cultures autour de l’oud, un instrument traditionnel sur lequel les élèves ont travaillé aussi, précisent leurs professeurs, Marianne Sentana (occitan) et Géraldine Audouin (musique). Notre établissement est l’un de ceux où le plus d’élèves suivent l’option occitan, près de 300 au total. Ces cours, paradoxalement, c’est là où ils peuvent évoquer leur culture, leurs racines, où ils les questionnent. Ça leur permet de mieux s’accepter et d’oser participer. Ça contribue à la constitution de leur identité. »
Aussi, à mesure qu’approche le concert, l’impatience monte chez les jeunes, qui ont répété plus tôt dans la journée avec les artistes pendant deux heures. « Ce Mes de la lenga a pour but de faire vivre la langue et la culture occitane, vivantes et ouvertes à tout et à tous, précise les Hiere-Susbielles, mère et fille. C’est un univers actuel, pas replié sur lui-même. » Comme en témoigne en témoigne le dynamisme et la fierté de cette vingtaine de jeunes, soutenus par leurs proches. « Ce concert fait appel à ce qu’ils sont. Ils vivent sur ce territoire en étudiant et chantant une langue traditionnelle et leurs racines. Ils portent leur culture et leur identité et se rendent compte que c’est possible tout ça, à travers trois langues : le français, l’occitan et l’arabe. C’est riche pour eux, comme pour nous, en mariant nos disciplines », avouent les enseignantes. Riche pour tous tant cette initiative a été couronnée de succès ce vendredi soir.