Actualités Hautes-Pyrénées
le collectif Cambidos Debout réclame un moratoire sur les projets routiers
Alors que le préfet des Hautes-Pyrénées a prolongé le délai d’instruction de la demande d’autorisation environnementale pour le projet de déviation d’Adé, le collectif Cambidos Debout renouvelle son opposition. Dans un communiqué, il met en avant les épisodes de canicule, les tensions sur la ressource en eau et les enjeux de biodiversité pour demander l’abandon du projet et un moratoire sur les nouvelles infrastructures routières.
Le collectif Cambidos Debout réagit à l’arrêté préfectoral du 29 juin 2026 portant prorogation du délai d’instruction de la demande d’autorisation environnementale concernant le projet de déviation de la RN21 au droit d’Adé, au titre des articles L.181-1 et suivants du Code de l’environnement. Selon cet arrêté, la décision préfectorale relative notamment à la dérogation permettant la destruction d’espèces protégées et de leurs habitats est désormais attendue pour le 7 octobre 2026. Cette échéance tient compte de la réunion du Conseil départemental de l’environnement et des risques sanitaires et technologiques (CODERST), programmée le 8 septembre prochain. Le collectif indique avoir pris connaissance de cette évolution en consultant le recueil des actes administratifs de la préfecture.
Le contexte climatique au cœur des critiques
Dans son communiqué, Cambidos Debout établit un lien entre les épisodes de fortes chaleurs observés ces derniers jours et le projet routier. Le collectif estime que les périodes de canicule, les températures élevées relevées sur les chaussées, ainsi que les difficultés d’accès à la fraîcheur mettent en évidence, selon lui, l’importance de préserver les espaces végétalisés et les sols naturels. Il considère que l’artificialisation des sols, le bitume et les nouvelles infrastructures routières vont à l’encontre des objectifs d’adaptation au changement climatique et de préservation de la biodiversité.
Une inquiétude concernant la ressource en eau
Le communiqué évoque également les arrêtés de restriction ou d’interdiction des prélèvements d’eau pris sur certains bassins versants, notamment ceux de l’Échez amont et de l’Adour non réalimenté, dont dépend la commune d’Adé. Le collectif souligne que ces épisodes pourraient devenir plus fréquents à l’avenir et s’interroge sur leurs conséquences pour le chantier. Il rappelle notamment qu’au cours de la procédure, le maître d’ouvrage avait estimé un besoin d’environ 100 m³ d’eau par jour pour arroser certaines phases de travaux liées au traitement d’un secteur rocheux contenant de l’amiante naturelle. Pour Cambidos Debout, cette consommation doit être replacée dans le contexte actuel de tension sur la ressource en eau.
Des réserves environnementales rappelées
Le collectif fait également référence à l’enquête publique sur le Schéma de cohérence territoriale (SCoT) Tarbes-Lourdes. Il indique que l’association Nature en Occitanie, en qualité de personne publique associée, y a formulé des réserves concernant le projet routier, en raison de ses impacts potentiels sur les zones humides, leurs fonctions écologiques, leur rôle dans le stockage de l’eau et du carbone ainsi que leur contribution à la biodiversité. Cambidos Debout regrette que cette prise de position n’ait, selon lui, pas été sollicitée dans le cadre de la procédure relative à la déviation.
Un calendrier repoussé et un coût en hausse
Le collectif rappelle suivre ce dossier depuis 2024. Il relève que les documents de la DREAL Occitanie évoquaient initialement un début des travaux en 2025. Selon lui, le calendrier serait désormais repoussé à la mi-2027, après les procédures de marchés publics. Cambidos Debout souligne également l’évolution du coût estimé du projet, passé de 76 millions d’euros en 2022 à 80 millions d’euros en 2026. Le collectif estime que ce montant pourrait encore augmenter en cas de nouveaux retards.
Des demandes d’accès aux documents administratifs
Le communiqué indique par ailleurs que le collectif a sollicité les communes d’Adé, Lourdes et Ossun afin d’obtenir les délibérations permettant, selon lui, aux municipalités de conventionner certaines terres communales sous forme d’obligations réelles environnementales (ORE). À défaut de réponse, Cambidos Debout annonce envisager de saisir la Commission d’accès aux documents administratifs (CADA). Le collectif s’interroge également sur certains éléments figurant dans le rapport du commissaire enquêteur, notamment concernant les alternatives au projet routier et l’analyse présentée dans ses conclusions.
Le collectif réaffirme son opposition
En conclusion de son communiqué, Cambidos Debout réaffirme son opposition à la déviation de la RN21 au droit d’Adé. Estimant que les enjeux liés au changement climatique, à la biodiversité et à la gestion de l’eau rendent ce type d’infrastructure inadapté, le collectif demande un moratoire sur les projets de nouvelles routes à deux fois deux voies. Il annonce poursuivre sa mobilisation dans les prochains mois et appelle les personnes souhaitant s’engager sur ce dossier à rejoindre ses actions.