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« On a de la chance qu’elles soient encore en vie » : le procureur demande pardon aux victimes pour les failles judiciaires, l’ex-militaire de Tarbes condamné
Les deux femmes se tiennent la main dans la chambre correctionnelle de Tarbes. Devant elles, cet ex-militaire du 35e régiment d’artillerie parachutiste auquel elles reprochent des faits de violences conjugales. Après des aveux difficiles, l’homme de 33 ans est finalement condamné à dix-huit mois de prison.
Pensait-il pouvoir y échapper ? L’ancien militaire du 35e régiment d’artillerie parachutiste de Tarbes s’est présenté sûr de lui devant la chambre correctionnelle, avec pour objectif d’obtenir le renvoi de son procès.
Pour sa défense, le prévenu invoque l’absence de conseil. Une excuse balayée par les avocates des parties civiles, qui rappellent son absence injustifiée lors du premier report en décembre. La présidente se montre tout aussi sceptique, soulignant qu’il a reçu sa seconde convocation le 23 février mais a attendu les deux dernières semaines pour chercher un avocat.
La demande écartée, cet homme de 33 ans, né au Gabon et vivant à Nancy depuis peu, doit répondre des accusations de ses deux ex-compagnes et de son fils aîné. Droit comme un piquet, il présente sa version des faits survenus en janvier 2023.
Des versions d’abord contestées
Ce jour-là, son ex-compagne l’accuse de lui avoir porté un coup en déposant leur fils né en 2014. Le prévenu esquive : affirmant avoir senti une odeur de cannabis, il prétend avoir voulu repartir avec l’enfant et s’être contenté de bloquer la porte.
Cette version se heurte pourtant aux témoignages des voisins, accourus aux cris de la mère. Si le trentenaire essaie de balayer les accusations, le reste du dossier s’avère bien plus difficile à contester. Les débats plongent alors dans son passé, de sa relation avec sa première compagne entre 2012 et 2018 jusqu’à la seconde, de 2018 à 2023.
L’atmosphère se tend lorsque la présidente égrène le calvaire des deux femmes. Insultes, gifles, coups de pied… Le rapport mentionne même une chute violente de la seconde victime en 2022, alors enceinte de deux mois, qui tentait de fuir les coups. Sur le banc des parties civiles, les deux femmes sont prises de tremblements. À la barre, l’ancien militaire baisse les yeux pour la première fois.
« J’ai peur pour maman »
C’est finalement la lecture du témoignage de son fils aîné qui fait vaciller le prévenu. « Papa s’est déjà montré violent avec maman… J’ai peur pour elle », lit la présidente, tandis que l’homme s’accroche au pupitre pour garder sa contenance.
L’avocate de la partie civile détaille ensuite les angoisses du garçon lors des visites, terrorisé par les manies d’ordre de cet ex-militaire. Elle évoque notamment cette scène où l’enfant s’est minutieusement nettoyé les semelles avant de franchir le seuil, par peur d’énerver son père.
Le trentenaire, qui s’exprimait si naturellement jusque-là, peine désormais à formuler ses réponses, allant jusqu’à refuser de commenter son enfance difficile ou son burn-out après une mission au Sénégal en 2022. Arrivé à l’audience sans aucun justificatif médical pour prouver son suivi psychologique militaire, l’homme de 33 ans capitule, incapable d’expliquer des agissements qu’il reconnaît désormais.
« On a de la chance qu’elles soient encore en vie »
Avant d’annoncer ses réquisitions, le procureur s’adresse directement aux victimes pour leur présenter des excuses au nom du ministère public. « On a de la chance qu’elles soient encore en vie », lâche-t-il, faisant allusion aux mains courantes restées sans suite et qui ont entraîné la prescription des faits commis entre 2012 et 2017.
Invité à s’exprimer en dernier, le prévenu souffle : « Je n’ai pas les mots, je suis conscient du mal que j’ai fait… Je suis coupable. » Dans un ultime élan, il réaffirme l’amour qu’il porte à ses deux enfants. Les mots de trop pour sa première ex-compagne, qui quitte immédiatement la salle.
L’ex-militaire écope finalement de dix-huit mois de prison assortis d’un sursis probatoire de deux ans, avec exécution provisoire, ainsi que du retrait de l’autorité parentale. C’est les épaules basses que l’homme s’éloigne dans les couloirs du tribunal.