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3,2 millions d’euros mobilisés pour contenir la crise dans les Hautes-Pyrénées


Quatre mois après la découverte d’un unique foyer de dermatose nodulaire contagieuse (DNC) dans les Hautes-Pyrénées, les autorités dressent le bilan des moyens engagés. Entre gestion sanitaire, soutien à la filière bovine et nettoyage du domaine public, l’État a mobilisé près de 3,2 millions d’euros pour contenir l’épizootie et en limiter les conséquences.

Découvert il y a quatre mois, l’unique foyer de dermatose nodulaire contagieuse dans le département avait conduit à l’abattage de 19 bovins. Depuis, les dernières opérations de nettoyage ont été menées à leur terme. Pilotées par les gestionnaires de voirie, elles ont permis de retirer les ultimes dépôts de déchets, majoritairement d’origine agricole. Sur certains secteurs, des organisations professionnelles agricoles ont participé ponctuellement à ces opérations. Cet engagement n’efface toutefois pas la question du coût du traitement des déchets abandonnés ni la responsabilité de leurs auteurs. Des discussions sont actuellement en cours entre l’État et les gestionnaires de voirie afin de définir les modalités d’indemnisation, notamment pour les prestations liées au traitement des déchets.

3,2 millions d’euros mobilisés par l’État

Depuis le début de la crise, la gestion de la DNC a reposé sur une mobilisation collective associant services de l’État, collectivités territoriales et acteurs du monde agricole. Au plus fort de l’épisode, en décembre 2025, les efforts ont également porté sur le maintien de la circulation, avec un objectif de rétablissement des accès autoroutiers et d’une certaine fluidité dans les vallées durant les congés de fin d’année. Au total, près de 3,2 millions d’euros ont été engagés par l’État dans le département. Cette enveloppe ne comprend ni l’achat des vaccins au niveau national, ni l’indemnisation des missions confiées aux groupements de défense sanitaire.

Dans le détail, les dépenses se répartissent ainsi : 23 000 € pour les analyses de suspicions de foyers ; 1,727 million d’euros au titre du fonds d’urgence DNC et des indemnisations diverses ; 1,238 million d’euros pour les opérations de vaccination ; 131 000 € pour l’acquisition de doses vaccinales ; 130 000 € pour l’enlèvement des déchets sur le domaine public de l’État, notamment sur la RN21 et à la cité administrative Reffye à Tarbes. Cette réponse rapide et coordonnée a permis de protéger l’essentiel du cheptel bovin du département, soit plus de 89 900 animaux, et de préserver la filière. Les opérations de vaccination des veaux doivent se poursuivre et resteront prises en charge par l’État.

Une situation sanitaire stabilisée dans le Sud-Ouest

Sur le plan sanitaire, la situation est aujourd’hui considérée comme stabilisée. Aucun nouveau foyer n’a été recensé en France depuis le 2 janvier 2026, ni en Espagne depuis le 28 janvier 2026, dans la province de Huesca. Ce dernier cas avait entraîné la mise en place d’une zone réglementée incluant 26 communes des Hautes-Pyrénées, désormais classées en zone de surveillance depuis le 28 janvier 2026. Le reste du département relève d’une zone vaccinale de type II, où la vaccination est obligatoire en raison de la présence passée de foyers. À l’échelle du Sud-Ouest, les territoires sans foyer détecté sont placés en zone vaccinale de type I, avec vaccination préventive obligatoire.

Des règles de circulation des animaux encadrées

Les mouvements d’animaux vaccinés sont désormais autorisés sous certaines conditions. Les bovins vaccinés depuis plus de 28 jours, ou bénéficiant de l’immunité maternelle, peuvent circuler librement au sein d’une même zone. L’introduction d’animaux issus de zones indemnes vers des zones vaccinales est permise, à condition de procéder à leur vaccination à l’arrivée. En revanche, les échanges entre zones de statuts différents restent soumis à autorisation, incluant une visite vétérinaire et la délivrance d’un laissez-passer sanitaire. Depuis le 10 avril 2026, l’ensemble des communes concernées sont éligibles à l’exportation vers l’Espagne et l’Italie, à l’exception des 26 communes toujours en zone de surveillance.

Maintenir la vigilance face au risque de résurgence

Si les indicateurs sont au vert, les autorités appellent à la prudence. La vigilance reste de mise afin de consolider les résultats obtenus et d’éviter toute reprise de la maladie. L’épisode de dermatose nodulaire contagieuse dans les Hautes-Pyrénées illustre à la fois la capacité de réaction des pouvoirs publics et la nécessité d’une coordination étroite entre tous les acteurs pour faire face aux crises sanitaires touchant le monde agricole.



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