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Après des échanges tendus entre agriculteurs, une intersyndicale voit le jour pour obtenir l’abandon de l’abattage total et proposer un protocole alternatif


Comme dans de nombreux départements, les agriculteurs sont à bout. La tension est très forte après l’apparition d’un premier foyer de Dermatose nodulaire bovine à Luby-Betmont.

Après un déplacement tendu à la Chambre d’agriculture à Tarbes ce vendredi 12 décembre, les éleveurs des Hautes-Pyrénées ont présenté, avec l’ensemble des syndicats, une demande officielle de suspension de l’abattage total dans le cadre de la lutte contre la Dermatose nodulaire bovine (DNC). Une intersyndicale s’est constituée et un protocole expérimental a été remis au préfet afin qu’il soit transmis au ministère. En effet, en fin d’après-midi, une rencontre a eu lieu avec le préfet des Hautes-Pyrénées, Jean Salomon. Mais cette rencontre n’a pas permis d’avancée majeure.

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Un début de journée marqué par la tension

La mobilisation avait commencé dès le matin à Luby-Betmont. En début d’après-midi, vers 14 h 30, les agriculteurs se sont rassemblés devant la Chambre d’agriculture des Hautes-Pyrénées, où les attendait son président, Christian Fourcade.

Les échanges ont été extrêmement tendus pendant plusieurs minutes entre certains éleveurs, le président et des élus de la chambre d’agriculture, comme en témoigne notre vidéo.

Finalement, deux représentants par syndicat ont été autorisés à entrer dans les locaux de la chambre d’agriculture pour une réunion d’environ 1 h 30. À l’issue de cet échange, une intersyndicale s’est formée pour mener la suite du mouvement.

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La profession agricole vent debout contre l’abattage total

Les représentants de la profession, Chambre d’Agriculture 65, FDSEA 65, Jeunes Agriculteurs 65, Coordination Rurale 65, Confédération Paysanne 65 et Union des Paysans Libres 65, ont diffusé un message commun dénonçant « l’inefficacité » du protocole sanitaire actuellement mis en place par l’État contre la DNC.

Un modèle de lutte jugé dépassé

Selon eux, le foyer récemment identifié dans les Hautes-Pyrénées met en lumière les limites de la stratégie actuelle. 

Les organisations rappellent plusieurs éléments spécifiques à l’exploitation touchée : un foyer situé à plus de 100 km des cas connus dans les Pyrénées-Orientales et l’Ariège ; aucune introduction d’animaux issus de zones réglementées ; un élevage sédentaire, sans transhumance ; une contamination survenue en période de faible activité vectorielle ; une exploitation éloignée des grands axes ; des mouvements récents réalisés en conformité avec les règles de biosécurité ; l’absence de contact direct avec les élevages voisins.

Ces constats interrogent, selon les syndicats, l’origine réelle de la contamination et justifient une révision urgente des méthodes actuelles.

Une proposition de protocole scientifique alternatif

La profession agricole demande la suspension immédiate de l’abattage total. Elle propose, en complément des mesures de l’arrêté préfectoral, la mise en place d’un protocole expérimental englobant : l’abattage des seuls animaux PCR positifs ; une surveillance PCR hebdomadaire durant 4 à 6 semaines dans l’unité épidémiologique concernée ; un suivi vétérinaire renforcé dans le reste du cheptel ; une intensification de la lutte contre les vecteurs, notamment dans les transports ; une recherche approfondie sur l’origine de la contamination ; une vaccination massive et rapide bien au-delà des zones réglementées ; la création d’une zone de protection renforcée de 5 km autour du foyer, avec surveillance bihebdomadaire.

Les organisations demandent que l’État finance intégralement ce protocole et qu’il puisse être généralisé en cas de nouveaux foyers.

Une rencontre avec le préfet sans avancée décisive

À l’issue de la réunion à la Chambre d’agriculture, les agriculteurs se sont rendus à la préfecture des Hautes-Pyrénées pour un bref entretien avec le préfet Jean Salomon.

Selon Christian Fourcade, le préfet « reste sur ses positions ». Il a indiqué qu’il ferait remonter la motion demandant un abattage sélectif, mais qu’il continuerait à appliquer les consignes nationales tant que le ministère ne modifierait pas sa doctrine.

Le président a rappelé que, comme dans les autres départements, le préfet appliquerait le protocole en vigueur, y compris en recourant aux forces de l’ordre en cas d’opposition, comme cela s’est déjà produit en Ariège.

Une profession éprouvée et inquiète pour l’avenir

Les agriculteurs présents ont exprimé une très grande inquiétude. Après la sécheresse estivale, qui a fortement réduit les réserves de fourrage, la situation sanitaire représente pour beaucoup une « double peine ».

Les mouvements d’animaux étant limités, les éleveurs craignent de devoir conserver plus longtemps des bêtes qu’ils ne pourront vendre qu’à bas prix, avec un impact direct sur leurs trésoreries.

Christian Fourcade estime qu’un « plan social monumental » pour les éleveurs sera nécessaire. Il espère une réaction rapide des autorités.

Les 90 000 doses nécessaires pour vacciner tout les bovins du départements vont arriver en Bigorre. La vaccination devrait débuter dès la semaine prochaine.

Blocage des entrées et sorties d’autoroutes à partir de demain

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A partir de demain 8h blocage de toutes les entrées et sorties d’autoroutes du département pendant 4 jours. « Il faut maintenir la pression jusqu’au réponses ! Tracteurs et bennes pleines bienvenus : montrons la réalité de notre quotidien, de notre travail, et de ce qui est en jeu. C’est maintenant qu’il faut être présents. C’est ensemble que nous ferons bouger les lignes. On compte sur vous. Ne laissez pas les autres décider à votre place. »

DNC : la profession agricole demande la fin de l’abattage total et propose une alternative scientifique

« Ce jour, la Chambre d’Agriculture a réuni l’ensemble de la profession agricole afin d’exprimer son soutien total aux éleveurs et de réaffirmer sa ferme opposition à la procédure  d’abattage total mis en oeuvre dans le cadre de la lutte contre la DNC. Face à l’inefficacité constatée des mesures actuelles, une proposition de protocole expérimental a été transmise à Mme Annie Genevard Ministre de l’Agriculture de l’Agro-Alimentaire et de la Souveraineté Alimentaire.

1. CONSTAT : UN PROTOCOLE ACTUEL DE LUTTE QUI MONTRE SES LIMITES

Le foyer récemment détecté démontre une nouvelle fois que le dispositif sanitaire actuellement déployé par l’État n’est pas suffisamment efficace : malgré les mesures en vigueur, un nouveau cas (à ce jour) vient d’apparaître dans les Hautes-Pyrénées.

2. CONTEXTE SPÉCIFIQUE DE L’EXPLOITATION CONCERNÉE

Les éléments factuels observés sur l’exploitation touchée renforcent la nécessité de revoir la stratégie

– Foyer situé à plus de 100 km des cas connus dans les Pyrénées-Orientales et de l’Ariège

– Aucune introduction ni mouvement d’animaux provenant de zones proches de foyers ou de zones réglementées.

– Elevage sédentaire et non transhumant

– Contamination durant une période de faible activité vectorielle.

• Exploitation éloignée des grands axes routiers.

• Sorties et mouvements récents d’animaux réalisés dans de bonnes conditions de biosécurité.

• Absence de contact direct avec les animaux des élevages voisins

Ces éléments interrogent sur l’origine réelle de la contamination et imposent une réévaluation urgente des méthodes de lutte mises en oeuvre.

3. DEMANDES DE LA PROFESSION : ABANDON DE L’ABATTAGE TOTAL ET ENGAGER UN PROTOCOLE EXPÉRIMENTAL

La profession agricole demande la suspension immédiate de l’abattage total et la mise en place d’un protocole expérimental, complémentaire aux mesures prévues par l’arrêté préfectoral en vigueur.

Ce protocole comprend :

– Abattage systématique des animaux PCR positifs issus d’une suspicion.

– Surveillance PCR hebdomadaire des animaux appartenant à la même unité épidémiologique, pendant 4 à 6 semaines.

– Surveillance vétérinaire renforcée pour les autres unités épidémiologiques du cheptel.

– Lutte intensifiée contre les vecteurs sur les véhicules de transport.

– Recherche approfondie de l’origine de la contamination : analyses, traçabilité, appuis scientifiques.

– Vaccination massive, rapide et efficace au-delà des zones règlementées, tel que déjà défendue par la profession agricole depuis les premiers cas apparus en Savoie auprès du MAASA.

– Mise en place d’une zone de protection renforcée de 5 km autour du foyer, avec surveillance vétérinaire bihebdomadaire pendant 4 semaines.

La profession agricole demande que ce protocole expérimental soit entièrement pris en charge par l’État.

En cas d’apparition de nouveaux foyers, elle souhaite également que ce protocole puisse être généralisé, afin de garantir une gestion plus efficace, proportionnée et scientifiquement adaptée de la situation sanitaire. »

La Chambre Agriculture des Hautes-Pyrénées

La FDSEA 65

Les Jeunes Agriculteurs 65

La Coordination Rurale 65

La Confédération Paysanne 65

L’Union des Paysans Libres 65

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