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une mobilisation suspendue après deux semaines de revendications même à Bagnères-de-Bigorre


Deux semaines de mobilisation ont permis aux facteurs des Hautes-Pyrénées d’obtenir plusieurs avancées sur leurs conditions de travail. Si le mouvement est désormais suspendu, les agents affirment rester vigilants quant à l’application des engagements pris et à l’avenir des missions de service public de La Poste.

Du 26 mai au 2 juin, les facteurs des Hautes-Pyrénées se sont mobilisés afin de faire entendre leurs revendications. Au cœur de leurs préoccupations figuraient l’amélioration des conditions de travail, une meilleure prise en compte de la charge de travail quotidienne, le renforcement des effectifs ainsi qu’une reconnaissance salariale jugée plus conforme aux compétences et aux responsabilités exercées. Selon les représentants du mouvement, cette mobilisation concernait l’ensemble du département. Les agents ont souhaité mettre en avant leur rôle auprès de la population, qu’ils considèrent comme essentiel au maintien du lien social et au bon fonctionnement des activités postales et commerciales.

Des avancées obtenues après les négociations

À l’issue de plusieurs jours de discussions avec la direction, les facteurs indiquent avoir obtenu satisfaction sur plusieurs points le 2 juin. Ils estiment toutefois que les négociations se sont déroulées de manière progressive et difficile. Malgré ces avancées, les agents mobilisés considèrent que la situation demeure fragile. Ils pointent notamment les évolutions stratégiques de La Poste, qu’ils jugent de plus en plus éloignées de ses missions historiques de service public. La suspension du mouvement ne signifie donc pas, selon eux, la fin des inquiétudes concernant l’avenir de leur profession et l’organisation du service postal dans le département.

Une mobilisation prolongée à Bagnères-de-Bigorre

Si le mouvement départemental a pris fin début juin, les facteurs du bureau de Bagnères-de-Bigorre ont poursuivi leur mobilisation. Ceux-ci se disent directement concernés par un projet de suppression de quatre emplois. Durant plusieurs jours, ils ont mené différentes actions sur les allées des Coustous ainsi que sur plusieurs marchés du territoire. Selon le communiqué, plusieurs centaines d’usagers sont venus leur témoigner leur soutien. Les agents ont également rencontré les députés du département afin de les alerter sur les conséquences que pourraient avoir certaines évolutions de l’organisation postale sur les missions de service public. Ces échanges ont été menés en présence de représentants syndicaux de la CGT et de SUD.

Un protocole signé avec la direction locale

Le 8 juin, un accord a finalement été signé entre les représentants des facteurs de Bagnères-de-Bigorre et la direction locale de La Poste. D’après les éléments communiqués, ce protocole prévoit plusieurs garanties concernant l’emploi et l’organisation du travail. Les signataires évoquent notamment la création d’un emploi supplémentaire, le comblement de deux postes vacants ainsi que des mesures relatives à l’organisation du travail pour le trimestre à venir. Les facteurs estiment que ces dispositions permettront de garantir des conditions de travail qu’ils jugent acceptables à court terme.

Les missions de service public au cœur des préoccupations

Au-delà des revendications portant sur les effectifs et les conditions de travail, les agents mobilisés ont souhaité attirer l’attention sur ce qu’ils considèrent comme un enjeu plus large : la préservation des missions de service public assurées par La Poste. Ils rappellent que l’entreprise exerce quatre missions principales : l’aménagement du territoire, l’accessibilité bancaire, le service universel postal ainsi que le transport et la distribution de la presse. Concernant l’aménagement du territoire, les facteurs soulignent la réduction du nombre de bureaux de poste dans les Hautes-Pyrénées au cours des quinze dernières années. Ils estiment que leur remplacement par des points de contact ne permet pas de garantir une égalité d’accès aux opérations postales. Ils évoquent également les conséquences de cette évolution sur l’accessibilité bancaire, mission historiquement portée par le réseau postal. 

Les inquiétudes autour de la distribution du courrier et de la presse

Les agents mobilisés se montrent également préoccupés par l’avenir du service universel postal, qui prévoit une levée et une distribution du courrier six jours sur sept sur l’ensemble du territoire national. Selon eux, la suppression éventuelle des tournées du samedi constituerait une remise en cause de cette mission et s’inscrirait dans une logique de réduction des effectifs. Les facteurs expriment enfin leurs inquiétudes concernant le transport et la distribution de la presse. Ils rappellent le rôle de cette mission dans la diffusion de l’information, la pluralité des opinions et la vie démocratique, particulièrement dans les territoires ruraux. Ils estiment que cette activité pourrait être fragilisée par une priorité accordée à des activités jugées plus rentables.

Une vigilance maintenue malgré la suspension du mouvement

Pour les facteurs mobilisés, ces deux semaines d’action ont permis de mettre en lumière les difficultés rencontrées sur le terrain ainsi que les enjeux liés aux conditions de travail des agents et à la qualité du service rendu à la population. Dans leur communiqué, ils remercient l’ensemble des usagers ainsi que les élus qui leur ont apporté leur soutien durant la mobilisation. Si le mouvement est aujourd’hui suspendu, les agents précisent qu’ils resteront attentifs à l’application effective des accords conclus. Ils affirment également qu’ils demeureront mobilisés face à toute évolution susceptible, selon eux, de porter atteinte à leur métier ou aux missions de service public qu’ils estiment défendre.



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