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Affaire Lyhanna : « Nous n’avons pas de point de blocage », assure la procureure de Tarbes au sujet des plaintes pour agressions sexuelles sur mineur


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À la demande de Gérald Darmanin, et à la suite de l’affaire Lyhanna, le parquet de Tarbes passe en revue les plaintes impliquant des mineurs qui seraient en attente. La procureure assure que tous les dossiers urgents ont été étudiés. Mais plusieurs affaires sont dans l’expectative des services d’enquête. Comment le parquet priorise-t-il les plaintes dans un délai aussi rapide ? Explications. 

C’est un travail colossal et chronométré. Suite au retentissement de l’affaire Lyhanna, cette fillette de 11 ans dont le corps a été retrouvé dans le Gers, le ministre de la Justice a demandé aux tribunaux de recenser les plaintes concernant des violences sexuelles sur des mineurs. Jérôme Barella, le suspect dans le cadre de ce dossier, était visé par plusieurs plaintes, notamment pour viol.

Gérald Darmanin souhaite un recensement par département avant le 15 juin et un traitement prioritaire de ces 70 000 plaintes au niveau national, avant le 14 juillet. Un comptage minutieux auquel s’est adonné le parquet de Tarbes depuis le début de la semaine. « Aujourd’hui, le parquet de Tarbes n’enregistre aucun dossier concernant des violences sexuelles sur mineurs qui n’a pas été traité par un service. En revanche, nous avons effectivement un certain nombre de procédures en attente d’une ouverture d’enquête. Un volume dont je ne connais pas encore l’ampleur, mais nous y travaillons », assure Sylvie Martins-Guedes, la procureure de Tarbes.

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Pour résumer : les dossiers urgents impliquant des mineurs victimes de violences sexuelles ont tous été étudiés. Mais plusieurs affaires sont en attente du traitement ou d’un retour d’un service d’enquête et en attente de la décision des magistrats. « Les procédures arrivent au bureau d’ordre du parquet, c’est la porte d’entrée. Ici, on lui attribue un numéro sur notre logiciel Cassiopée », précise la cheffe du parquet. « À Tarbes, nous n’avons pas identifié de point de blocage, pas de stock de courriers problématiques qui n’aurait pas été traité », fait-elle encore savoir.

Sylvie Martins-Guedes est procureure de Tarbes depuis septembre 2025.
Sylvie Martins-Guedes est procureure de Tarbes depuis septembre 2025.
Manon Adoue

5 magistrats à Tarbes, moins que la moyenne nationale

Reste que les magistrats doivent prioriser les affaires urgentes. Comment opèrent-ils quand les piles de dossiers s’accumulent sur leurs bureaux ? « J’ai l’exemple d’une mère qui vient déposer plainte pour violences sexuelles sur sa fille de 5 ans. L’agresseur présumé vit au domicile de l’enfant. D’un autre côté, une femme de 35 ans se manifeste, suite à une thérapie, pour dénoncer un viol qui aurait été commis par son beau-père quand elle était enfant. Nos services vont donner la priorité à la victime de 5 ans, ce dossier est plus urgent, car l’agresseur potentiel vit au domicile, il y a un risque de repasser à l’acte, les faits sont récents et l’homme peut avoir connaissance de la plainte », explique la procureure. Ce travail d’analyse et de distinction, les 5 magistrats du parquet de Tarbes le mènent déjà au quotidien.

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« La demande de Gérald Darmanin ne révolutionne pas notre façon de travailler, mais le temps imparti qui a été fixé nous impacte. Nous avons une conscience professionnelle et nous nous mettons en ordre de bataille », assure encore la patronne du parquet. Pour autant, les moyens manquent. « Nous comptons 2 magistrats de moins par rapport à la moyenne nationale. Toute la chaîne judiciaire est impactée et ici, elle n’est pas dimensionnée pour absorber sur un temps aussi contraint tout ce travail. Les délais d’audiencement sont déjà problématiques », souligne-t-elle encore.

19 gardes à vue sur une journée

Le parquet ne peut pas compter sur un médecin légiste à temps complet. Tous les jeudis, un médecin légiste retraité et un de ses confrères qui se déplace depuis les Landes assurent les consultations dans le bureau de l’aide aux victimes, dans le palais de justice. Peu suffisant. « Pas satisfaisant », déplore la procureure. Le reste du temps, les victimes sont priées de se déplacer jusqu’à l’institut médico-légal de Toulouse.

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L’activité du tribunal, elle, ne cesse de s’accroître. « Ce mardi, nous avions par exemple 19 gardes à vue pour des affaires de violences intrafamiliales, mais aussi pour des cambriolages, du trafic de stupéfiants, du travail dissimulé… Nos magistrats ont pris pour habitude de prendre leurs dossiers à la maison le week-end pour rédiger des jugements, sinon on ne peut pas faire face au flux », pointe encore du doigt la cheffe de file des magistrats. Et ce n’est pas dans les semaines qui viennent que les dossiers vont rester sur les bureaux le vendredi soir.



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